Nous, les Verts, avons la conviction que notre ville est une partie de la réponse pour améliorer la vie quotidienne. Partout dans le monde, des villes se sont lancées sur le chemin de la transition! Les clefs du changement sont entre nos mains. Ouvrons les portes. Avec vous !

Updated by @ecololocalelg

Actualités

21déc

Budget Police : 3 pistes de réflexions pour une police efficace, là où on a vraiment besoin d’elle

Le maintien durable en alerte Ocam 3 a engendré une très importante surcharge de travail pour notre police. Plus de 6 % des effectifs (1060 ETP) sont quotidiennement « consommés » par ce travail. Le nombre d’heures supplémentaires accumulées est tel que les policiers non seulement sont au bord de l’épuisement mais, de manière compréhensible, n’en veulent tout simplement plus.

Comment faire en 2017 pour éviter le burn out de nos policiers, mais aussi pour faciliter le retour au travail de celles et ceux qui en sont victimes ?

Afin de ne pas pérenniser cette situation intenable à moyen terme, plusieurs pistes sont envisagées ou envisageables : ainsi la nouvelle convention entre les Communes associées au PAB (Peloton Anti-Banditisme) prévoit une contribution des autres Communes par mise à disposition de policiers plutôt que par un remboursement financier. Quand cette Convention entrera-t-elle en vigueur et aurons-nous l’occasion de prendre davantage connaissance de ses modalités concrètes ?  

On peut également s’interroger concernant le nombre impressionnant d’heures nécessaires à l’encadrement de certains événements : Plus de 300 policiers pour assurer l’ordre lors de la venue de l’Ajax d’Amsterdam !! Le coût de l’ensemble des prestations de la police au Standard dépasse largement le million d’euros ! Le Standard n’est pas que le club d’une Commune, d’une Ville : nous pensons qu’il est temps de faire appel ici aussi à la solidarité supra-communale voir à une forme de contribution financière du club!!

 

Des réponses sociales, plutôt que ‘policières’, aux nuisances liées à des problèmes sociaux

Les statistiques de la police nous apprennent que depuis 5 ans  les interventions de la police ont augmenté de 72% par rapport à la mendicité, et de 42 % par rapport à la toxicomanie.  Pareil en ce qui concerne  l’augmentation importante des vols « alimentaires »  à l’étalage ou dans les voitures.

Tous ces chiffres témoignent d’une détresse sociale croissante qui se concentre dans ses formes les plus extrêmes et les plus visibles dans les grandes villes. Cette réalité  appelle elle aussi  à une contribution accrue des autres Communes à l’indispensable renforcement des outils de lutte contre cette pauvreté croissante.

Nous sommes convaincus que ces situations (toxicomanie, mendicité, prostitution de rue,…) appellent des réponses sociales plutôt que policières. Ainsi plaidons-nous pour un débat concernant la révision de notre règlement communal en matière de mendicité, l’actuel règlement n’étant pas applicable ! 

D’autres initiatives que nous défendons depuis pas mal de temps sont désormais enfin en discussion : la création d’un CASS (Centre d’Accueil socio-sanitaire offrant accueil, soins et accompagnement social aux SDF), mais aussi d’une  salle de consommation pour les personnes toxicomanes, ou encore la mise en place d’une « Zone de tolérance » pour la prostitution de rue.  Ces nouveaux outils pourront doter les travailleurs sociaux des lieux nécessaires à leur action, et décharger par la même occasion la police d’une partie de peur travail.

 

Faire enfin de la sécurité routière une vraie priorité

La sécurité routière apparaît comme la priorité zonale numéro 1. Il en va de même du côté de l’opinion publique liégeoise.

Or les statistiques nous montrent que le nombre de blessés de la route a augmenté de 7,2 % cette année (en particulier du côté des piétons et des cyclistes)! En même temps ces statistiques indiquent une diminution de 41% de PV radar…difficile à comprendre !

Comment dès lors combattre efficacement les excès de vitesse ? Un seul exemple : j’ai l’occasion d’observer quotidiennement des voitures qui descendent à une allure folle la rue Ste Marguerite, pourtant fréquentée par de très nombreux enfants et jeunes vu les nombreuses écoles du quartier. Une campagne exemplaire et intensive -d’abord préventive ensuite répressive- dans cette rue ne serait-elle pas de nature à calmer quelque peu ces excès.

Concernant la sécurité des cyclistes, pointons le cas de la rue de la Régence dans laquelle la voie « réservée » aux cyclistes est systématiquement occupée par de nombreux véhicules, contraignant ainsi les nombreux cyclistes à des dépassements dangereux

 

Eviter l’escalade des dépenses en caméras et en armement

En ce qui concerne les caméras, le budget ordinaire augmente de 67.000 euros (soit de 25 %!), et celui de l’extraordinaire de 242700 euros pour l’achat de 8 nouvelles caméra et 3  caméras mobiles !

 Nous avons là une nouvelle confirmation du développement exponentiel de ces dépenses que nous considérons depuis quelques années comme excessives. Nous croyons davantage dans la présence sur le terrain d’une police de proximité que dans la multiplication de caméras.

En ce qui concerne l’armement des policiers, nous adhérons évidemment à l’idée que nos policiers doivent être bien protégés, mais nous nous interrogeons si l’escalade de la violence ne risque pas à la longue d’être alimentée par une approche excessivement basée sur le seul usage de la force. Y a-t-il des formations à des techniques et attitudes de défense non-violentes à l’attention de nos policiers ??

Quant à l’armement et plus largement l’équipement des policiers nous demandons un moratoire, le temps de faire un inventaire général des besoins  (l’équipement de base de tous les policiers est-il réalisé?), le temps aussi de réexaminer certains marchés (augmentation de 150 % des cartouches!), et d’éviter les logiques de dépenses exponentielles (exemple : 5 nouveaux véhicules plus grands pour permettre l’accès de policiers équipés de nouvelles tenues de combat plus encombrantes 

La dotation fédérale sera finalement augmentée de 2 %, alors que le budget qui nous est soumis n’en prévoyait que 0,99 %. Le CMB se retrouvera dès lors avec une recette supplémentaire de 500.000 euros ! Bonne nouvelle !

Pourquoi ne pas poursuivre, grâce à cette manne à venir, la collaboration avec l’ULG dont la recherche désormais terminée sur l’accueil dans nos commissariats semble avoir débouché sur quelques mesures concrètes et positives. Ne serait-il pas intéressant de commander une autre étude, par exemple, au sujet de l’offre et des besoins en formation continuée, ainsi que de supervisions individuelles ou collectives de notre police. Nous pensons également à une recherche approfondie pour objectiver les attentes des Liégeois par rapport à leur police de proximité ??

 

En résumé : nous voulons une police bien protégée et bien formée. Une police qui ne s’épuise pas dans des prestations qui pourraient être assurées autrement par d’autres acteurs professionnels. Une police, enfin, dont le travail réponde au mieux aux attentes de nos concitoyens !

 

Guy Krettels, conseiller communal

21déc

Contrat Pub dans l’espace public

Monsieur le Bourgmestre,

 

Nous voterons contre ce point, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, je regrette l’absence de débat, d’échange et de réflexion sur ce sujet de société fondamental qu’est la place de la publicité dans l’espace public. Ce point est traité comme une simple variable d’ajustement budgétaire sans que ses conséquences ne soient prises en considération. Rappelons quand même qu’il s’agit d’accorder pour 15 ans, soit jusqu’en 2032, un quasi-monopole de l’expression visuelle dans l’espace public à l’une ou l’autre multinationale pour qu’elle diffuse à sa guise les messages publicitaires des annonceurs commerciaux.

Précisons tout de suite qu’on n’a jamais vu sur ce genre de panneau une pub pour le jambon de chez André, la bière Curtius, les marchands de la batte, les boulets de chez Lequet ou les Durum de chez Murad. Ce genre de publicité ne soutient pas le commerce local liégeois mais au contraire: il lui fait concurrence.

Par ailleurs, n’est-ce pas paradoxal de dépenser des milliers d’euros pour embellir la ville, la rendre plus attractive pour les touristes et adapter nos trottoirs aux PMR et, dans le même temps, d’accepter d’être payés pour l’enlaidissement de nos rues et l’encombrement de nos trottoirs ?

Alors, on entend souvent que la publicité est une bonne affaire pour les Villes, qu’elle leur procure de l’argent facile et du mobilier gratuit. Mais est-ce vraiment gratuit ? Je vous invite à consulter le site internet de JC Decaux Belgique et de Clear Channel Belgium. A l’approche de la Saint-Nicolas, Clear Channel rappelait aux annonceurs qu’il dispose d’un réseau de 400 panneaux situés à proximité des écoles. On sait combien le cerveau en développement des enfants et adolescents les rend vulnérables à la publicité que ce soit pour de la malbouffe ou pour des gadgets parfois bien au-dessus des moyens de leurs parents.

Outre l’impact écologique de cette incitation à la consommation, l’objectification du corps de la femme véhiculée dans de nombreuses publicités contribue à rendre l’espace public hostile aux filles et aux femmes.

Mais encore, comme le dit JC Decaux.be, « ce qui fait la force de la publicité sur le mobilier urbain, c’est qu’on ne peut pas changer de chaine, tourner la page, ni appuyer sur un bouton pour la fermer ». Ils s’en vantent eux mêmes : la pub s’impose aux citoyens, qu’ils le veuillent ou non, à travers une communication à sens unique. Au vu de l’ensemble de ces considérations, et encore d’autres que je vous ai épargnées, le contrat publicitaire ne doit pas être renouvelé.

 

Mais dans l’hypothèse où le collège persisterait dans cette voie, je me permets d’émettre des réticences quant au contenu du cahier des charges proposé.

Dans la mesure ou toutes les compensations matérielles demandées dans le cahier des charges font baisser le montant de la compensation financière, il incombe de se demander pour chacune des compensations si une entreprise publicitaire est la mieux placée pour effectuer ces ouvrages, que ce soit du point de vue des coûts ou de la qualité.

Précisément en ce qui concerne l’affichage dynamique des parkings. Parmi les conditions d’accès au marché, on demande aux soumissionnaires de démontrer leur expérience dans le placement de sucettes et abris-bus mais rien n’est demandé pour l’affichage dynamique. Il y a lieu de s’inquiéter quand on voit que le système d’affichage du temps d’attente des bus aux arrêts demandé à Decaux dans le contrat de 2001 ne fonctionne plus depuis des années ! On se demande déjà bien pourquoi la ville devrait prendre en charge cet outil en lieu et place des tenanciers de parking qui ne sont pourtant pas connus pour être dans le besoin !

Mais si la ville s’entête, alors pourquoi au moins ne pas procéder à des marchés distincts? Ce qui permettrait à de plus petites entreprises, locales si possible, d’accéder aux marchés?

Par ailleurs, on est en train de boucler un budget en comptant sur une avance liée à un contrat qui n’est pas encore signé, ce qui n’est pas anodin vu le contexte litigieux des marchés de concession publicitaire. Signalons quand même que l’avenant qui prolonge d’un an le contrat Decaux est actuellement attaqué au conseil d’Etat par Clear Channel…

Dans le même ordre d’idée, le fait d’exiger que la majorité des compensations financières soient payées dès 2017 et dans les 4 années qui suivent n’est quand même pas un exemple de politique durable quand on s’engage pour 15 ans.

En tout cas, ce qui est bien, c’est que nos enfants, lorsqu’ils se cogneront sur un vieux panneau en 2032, pourront être fiers que nous soyons parvenus à boucler notre budget 2017 sans devoir renoncer à la tradition sacrée du parking gratuit pendant les fêtes ! Au-delà de l’absence totale de réflexion sur la place de la publicité commerciale dans l’espace public, nous déplorons cette stratégie juridiquement hasardeuse et politiquement court-termiste. « Après nous les mouches ! » semble être la ligne politique de la majorité.

 

Sarah Schlitz, conseillère  communale

 
   
20déc

Des leurres à l’illusion permanente

Les vieux tours de passe-passe 2016

Avant de nous intéresser au budget 2017, penchons-nous sur le budget 2016, sur ce qui a été annoncé il y a une année ici même par le collège et qui n’a pas été réalisé.  

Tout d’abord, le solde des reports des exercices antérieurs est un mammouth.   Alors quand on nous annonce qu’en 2017, on va optimiser les subsides à hauteur de 64,5 millions. Permettez-moi de douter.Au CMB 2016 on accuse déjà un solde de -884.000 €, sur un budget 520, 5 millions, avec un report exercice antérieurs de 26,2 millions pour les dépenses et  de 2,7 millions pour les recettes.    Le budget 2017 est de 512,4, soit une réduction nette de moyens pour le service public  de 8 millions entre les 2 exercices.

Ensuite, les recettes du budget 2016 reposent en partie  sur des leurres qui sont soit des écritures comptables, soit des rattrapages d’enrôlement  ou encore  un prélèvement à l’extraordinaire pour combler l’ordinaire.

Enfin, outre les leurres, il y a eu en 2016  la technique de l’optimisme coupable : les recettes surévaluées pour les entrées dans les piscines et les musées mais aussi en matière de taxe avec la   volonté inoxydable mais vaine de trouver le bon moyen de taxer les immeubles inoccupés ou la taxe sur les toutes boites    ou encore la taxe pylones gsm qui est un running gag : chaque année 300 000 au budget et rien aux comptes  Las, au CMB,  les chiffres ont ramené le collège sur terre.

Ces 3 éléments  constituent des faiblesses qui entament les fondations du budget initial 2017.

 

La reproduction de mauvais tours en 2017

Nous nous sommes penchés sur le budget 2017 et qu’elle ne fut pas notre surprise de revoir les mêmes mauvais tours à l’affiche du spectacle  budgétaire ….

  • Le mode d’élaboration budgétaire : des prévisions budgétaires trop courtes et aucune vue sur les recettes réelles. Au rayon nouveautés :
    • La taxe airbnb :   le return  de la taxe est estimé à  200.000 sur 2 ans alors qu il y a environ 70-80 logements sur Liège.  A 193€ la taxe  par logement. on est loin du compte. Faudrait  500 chambres pour arriver à collecter la taxe annuellement.
    • Le contrat pub  qui prévoit des recettes pour 2018  sur un contrat non encore conclu. Sans compter le tournant politique que constitue le choix de financer les pol publiques par le privé sur lequel Sarah Schlitz reviendra.
  • L’ambition pour de nouveaux projets : on rate  des choix politiques nécessaires pour rendre la ville résiliente alors que la participation d’une délégation du conseil au  colloque à Paris était un bon signal. Vu les pauvres montants et vu le report des exercices antérieurs, finalement on reporte plus que l’on ne crée vraiment. On ne perçoit pas de manière tangible à part le projet de rénovation de la cité administrative  le tournant vers une ville durable.  L’exemple unique de la cité administrative zero emission est l’arbre qui cache mal  la forêt.

 

Les risques du budget 2017

Sur le plan des recettes ordinaires, compter à la fois sur une population plus riche et un meilleur  enrôlement des taxes tant au niveau du spf  que du niveau local est  un terrain glissant et qui ne colle pas avec la réalité constatée. 

En ce qui concerne l’IPP, le risque de tomber est double : la ville n’a pas la maitrise de cet enrôlement en retard mais en plus, il y a un effet rattrapage  2016 qui joue et qui lisse la recette.   Pa rapport à 2016, l’estimation 2017 est de 4 millions supérieur  alors que le taux de perception est actuellement de 95 pourcent. Si on suit votre raisonnement, il faudra passer à 104 % de perception.

Pour le PRI,  le taux  de perception est à ce stade de 24 % : le risque est majeur de devoir faire face à un manque de liquidités  courant 2017  si on n’obtient pas les moyens prévus.  On parle d’une somme de 46 millions, 10% du budget alors que c’est la principal source de liquidités.  C’est 28% de la recette fiscale !

Au niveau local de la perception des taxes au niveau local, il est difficile de croire à une meilleure perception si aucun moyen humain ou technique n’y est affecté. C’était déjà l’ambition les années précédentes sans guère de résultat.  

En ce qui concerne  les transferts entre extra et ordinaire pour équilibrer  les comptes, la ponction de 23 millions  sur nos réserves nous laisse sans capacité d’endettement pour l’avenir.  Or, l’embellie budgétaire n’est pas annoncée. 

En ce qui concerne les recettes extraordinaires, cette manie de vendre notre patrimoine immobilier, c’est de la poudre aux yeux. Le liquider pour avoir du cash sans stratégie ni priorité (3,5 millions). Ecolo dénonce cette pratique qui portera préjudice aux générations futures.  La ville n’aura plus aucun volant dans les 10 prochaines années  pour faire face au boom démographique. 

Le recours à l’emprunt est un tour de passe – passe qui reporte sur les générations futures  la charge …  le plus emblématique est la  cotisation en responsabilité : le collège rejoue la partition 2016  en 2017 : gel de la ligne budgétaire et recours à l’emprunt régional. Sauf que l’accord du Gouvernement sur l’emprunt 2016 vient seulement de tomber, après un an de discussion. Quid pour 2017 ?   La ville l’obtiendra –t-il vraiment rapidement  alors que pèse sur elle l’obligation de produire un plan de gestion pour le premier trimestre?  

Le budget ordinaire est présenté à l’équilibre pour 2017, mais ne l’est en fait pas pour 2016 et doit être équilibré avec des recettes ‘extraordinaires’.  Mon collègue  Quentin Lebussy  reviendra en détail sur les taxes demain.

 

Les 3 faiblesses majeures qui traversent  le budget 2017 

a.     L’endettement public

Le déséquilibre entre les recettes et les dépenses   Les recettes diminuent (-6M; -4.5%) plus que les dépenses (-3M; -3%).  Et ce déficit se maintient jusque 2022 pour un total de 30 millions de déficit à trouver.  La seule solution que vous avez trouvé, c’est un crédit spécial qui , sur la période 2018-2022, coutera 42 millions.

Le poids de la dette : Le  rééchelonnement de celle-ci  ne l’a pas allégée contrairement à l’annonce faite par l’échevin.  D’ailleurs, on emprunte à nouveau   26 millions comme chaque année pour couvrir la cotisation en responsabilisation.  Il y a comme un air d’ « après nous les mouches ».

b.      Le retrait du service public

Liege est une ville de 200 ooo habitants  avec un rôle métropolitain qui couvre 650 000 habitants et les projets extraordinaires pour 2017 sont la rénovation d’une administration publique, une crèche, une école, un musée.

Liege est une ville de 200 ooo habitants  avec un rôle métropolitain qui couvre 650 000 habitants et elle va envoyer à plusieurs intercommunales un courrier pour leur demander de discuter avant d’envoyer la facture parce qu’elle ne sera pas en mesure d’assurer le paiement de sa cotisation.

Liege est une ville de 200 ooo habitants  avec un rôle métropolitain qui couvre 650 000 habitants et chaque année à tour de rôles on choisit de mettre les petits moyens qui ne sont pas mangés par le fonctionnement une fois dans les égouts, une fois dans les économies d’énergie, une fois dans les voiries sans jamais répondre au tiers des besoins dans ces secteurs. Monsieur Firket a parlé  d ‘une ambition d’une ambition intacte. On cherche désespérément une concrétisation.

Liege est une ville de 200 ooo habitants  avec un rôle metropolitain qui couvre 650 000 habitants et depuis 3 ans, elle comprime au maximum ses transferts vers nos services publics essentiels : le cpas, les pompiers, l’enseignement et maintenant  la police.  Mon collègue Guy Krettels y reviendra demain.

Notre rôle métropolitain se réduit à une peau de chagrin…  Le collège évoque la supracommunalité mais pour qu’il y ait supracommunalité, il faut une communauté  et elle n’existe pas … c’est à ça que vont servir les 270 000 euros prévus au budget pour le projet de ville ?

c.      L’absence de mesures structurelles  et d’un plan d’action

Le collège apporte des réponses circonstancielles à des problèmes structurels, l’usage sempiternel des mêmes variables d’ajustement : le gonflement fictif des recettes, la diminution  systématique des dépenses de fonctionnement et d’investissement  et le recours à l’emprunt pour des dépenses improductives au premier rang desquelles la cotisation en responsabilisation.

Quant à l’attitude du collège, elle est difficilement compréhensible : il se pose en  victime !

  • de l’accord de 2008 et de feu Daerden qui a introduit la notion de «  cotisation en responsabilité «  alors même que la ville était interdite de nomination…
  • de l’absence de supracommunalité à Liege ce qui a pour conséquence que littéralement les liegeois , citoyens au revenu PIB le plus faible de l’agglo paient pour les autres communes .

Cet accord, c’est pourtant bien le collège qui l’a négocié avec le même gouvernement, le même ministre ? C’est bien le même collège qui considère que la conférence des bourgmestres tient lieu d’organe de supracommunalité efficace depuis 10 ans et qui n’a pas pu atterrir sur le moindre accord supracommunal tant sur les infrastructures que le partage des contributions équitable des contributions communales ?

Conclusion

 En conclusion, à la lecture  de ce budget, une phrase de Morgan Freeman me revient : « un bon tour de magie est toujours spectaculaire ».  Et le budget 2017 n’a rien de spectaculaire.  Au contraire, le dérapage continue et occulte la réalité. Demain mes collègues détailleront ce qui constitue pour les écologistes des choix politiques ratés, qui passent à côté des investissements  impérieux en matière de résilience qui devra permettre à la ville et à nos concitoyens de se protéger des problèmes à venir.   Aujourd’hui, nous sommes inquiets pour la ville et ses habitants.  Inquiets que la ville ne soit bientôt plus en  capacité de répondre à ses missions de base de service public.

Il y a urgence désormais.  Si le collège veut regagner en crédibilité, il doit cesser les expédients.  Et parler vrai.

Pour ce qui concerne la supracommunalité, il faut enfin coincer  le pied dans la porte  à la Région  où vous avez des relais, à la province  où vous avez des relais, à la conférence des bourgmestres où vous avez des relais.  Il est temps de dépasser le constat impuissant et de montrer quelle est votre capacité réelle de négociation pour organiser et financer une supracommunalité urbaine.

Bénédicte Heindrichs, cheffe de groupe

19déc

Le budget du CPAS ou le syndrome du Titanic

Monsieur le Bourgmestre se félicite d’une majoration de la dotation de la Ville pour le CPAS de 300 000 euros. Le MR se vante que les aides fédérales permettraient de maintenir le budget à flot. Nous, écologistes, ce que nous voyons derrière les rideaux, c’est un scénario proche de celui du Titanic : certains croient qu’avec une ou deux pelletées de subsides, ça va aller, et oublient les obstacles qui se dressent sur notre chemin ; le paquebot fonce vers le naufrage, des travailleurs, que les écologistes tiennent à remercier pour leur travail quotidien dans des conditions difficiles, essaient de gérer le paquebot et sonnent la cloche à intervalles réguliers (rappelons le courrier de l’antenne jeunes), mais on fonce, on n’a pas assez de canots pour tout le monde, et on le sait.

 

1, 15 % d’augmentation de la dotation de la Ville (300 000 euros). Des aides fédérales supplémentaires. Il est vrai que si nous nous arrêtons à ces deux données sans regarder le panorama, dans des temps budgétaires douloureux, il est facile de faire passer le message « on a fait ce qu’on a pu », « nous n’avons pas bradé le CPAS », « l’enveloppe est maintenue ».

Mais la réalité réduit ces 1, 15% à bien peu de choses. Le CPAS aujourd’hui,

  • ce sont plusieurs  centaines de Revenus d’intégration en plus par an (700 RI supplémentaires entre été 2015 et été 2016 ; + 18, 7 % depuis 2014) ;
  • chez les moins de 25 ans, la note de politique générale estime l’augmentation de dossiers à + 4% (pas 1, 15%, mais + 4%)
  • Dans ce budget comme dans la note de politique générale, la croissance de la problématique « énergie » est oubliée. André Verjans, conseiller à l’action sociale pour Ecolo qui préside la Commission locale de l’énergie, constate que les dossiers compliqués se multiplient. Les commissions ont doublé sur quelques années; avec des situations où les interventions des différents fonds sont plus que nécessaire pour permettre à beaucoup de famille de survivre dans la dignité (chèques mazout, secours hivernaux…). Ces fonds ne sont pas augmentés, et nous n’avons aucune nouvelle du rapport annuel sur la situation entre le CPAS et le bourgmestre.
  • 1, 15%  quand les besoins en logement restent non couverts. Le bourgmestre lui-même nous dit que tous les logements de transit sont pris et que des nuitées sont déjà payées par la ville dans des hôtels pour des familles en ce début d’hiver. L’outil du logement de transit est saturé, et l’alternative n’arrivera pas avec 1, 15%.

La note politique explique en outre qu’actuellement, un assistant social est en charge de 101 dossiers. Imaginons un temps de travail de 38h/semaine : un AS peut passer 1h30/dossier/mois, et ce, à condition que ça se fasse sans pause cigarette, sans retard, sans formation, sans supervision… Or Madame la Présidente l’a dit : c’est un travail qui demande du temps, qui prend du temps.

 

Aujourd’hui, la première cause de vol à l’étalage, à Liège, c’est l’alimentation. Longtemps, les cosmétiques ont trôné en haut de la liste des larcins. Ils sont aujourd’hui remplacés par du pain. Autre phénomène nouveau : briser la vitre d’une voiture pour quelques pièces de monnaie. La police l’a reconnu dans la presse : le vandalisme à Liège se renforce à cause de l’appauvrissement d’une partie importante de notre population.

 

À Liège, la misère est visible. Prostitution à Cathédrale Nord, personnes qui dorment dans des halls d’immeubles, usage de drogues dans les parkings par des personnes à la rue. Mais elle est aussi cachée. Je pense aux personnes exclues du chômage dont on ignore ce qu’elles sont devenues. Je pense à ceux qu’on appelle les nouveaux pauvres : ces mères célibataires, ces étudiants, ces indépendants, ces pensionnés qui ne bouclent pas les fins de mois. On l’aura compris : le budget du CPAS est insuffisant face aux besoins réels des Liégeois et nous le savons tous.

 

Ecolo craint les retombées, non seulement pour les usagers mais aussi pour les travailleurs. Aux usagers, on va demander toujours plus de responsabilisation alors que certains droits fondamentaux sont de moins en moins accessibles (soins de santé physique et mentale, alphabétisation, logement…). Ecolo a demandé en novembre que Liège n’applique pas le service communautaire, possible depuis l’extension du PIIS (projet individualisé d’intégration sociale). La Ville annonce à grande pompe que ça a été voté à l’unanimité. Le MR conteste. Et surtout, la mesure n’est valable que pour 2017. Et après ? Ne serait-ce qu’un demi-courage ?

 

Enfin, la Présidente n’est pas claire sur certaines lignes politiques. Comment compte-t-elle appliquer le paiement du revenu d’intégration des SDF par cartes bancaires ? Comment va-t-elle organiser la concertation sur le déménagement de la cellule SDF et de l’urgence sociale ? Comment va-t-elle institutionnaliser le projet pilote MAPIL (lutte contre la pauvreté infantile) sans donner davantage de moyens aux travailleurs ? Quelles réponses ont été apportées aux antennes du CPAS qui ont dénoncé publiquement la pénibilité de leur situation ? Ecolo insiste sur le recours à l’expertise en travail social. C’est la qualité qui permet d’aider réellement les personnes usagères du CPAS.

 

En conclusion, Ecolo soutiendra la création du centre d’accueil socio-sanitaire pour les personnes à la rue. Ecolo soutiendra la prolongation des projets de lutte contre la pauvreté infantile. Ecolo continuera à se battre contre la précarité énergétique. Mais Ecolo ne peut valider ni ce budget ni cette note politique : ils sont trop peu anticipatifs et en inadéquation avec les besoins réels du CPAS.

 

Pour Ecolo,

 

Caroline Saal, conseillère communale (0485/95.51.03)

André Verjans, chef de groupe à l’Action sociale

Christine Relekom, conseillère à l’Action sociale

19déc

La Ville de Liège mise tout sur la pub pour sauver son budget 2017

Décembre est de loin le mois le plus difficile pour notre échevin des finances Michel Firket. Cette année, il manquait 3 millions d’euros pour boucler le budget 2017. Les travaux budgétaires ont même été reportés d’une semaine tellement les négociations étaient ardues. Et puis « Eureka ! », une solution a été trouvée du côté du contrat publicitaire à renouveler. Mais il y a lieu de se demander si cette solution « toute simple » est bien réaliste et judicieuse…

Le 24 octobre dernier, le conseil communal de la ville de Liège a voté la signature d’un avenant au contrat publicitaire qui la lie depuis 2001 avec JC Decaux. Or, cet avenant fait actuellement l’objet d’un recours devant le Conseil d’État, introduit par la société Clear Channel, concurrente de JC Decaux.

Sans se prononcer sur l’issue d’une procédure en cours, il faut néanmoins reconnaitre qu’un risque existe désormais que l’avenant soit annulé et, dès lors, que la compensation financière (1.036.699€) liée à la prolongation d’un an, ne puisse pas être perçue.

Pourtant, la Ville a non seulement conservé ce montant à son budget, mais elle l’a gonflé considérablement ! Ainsi, ce ne sont pas 1.036.699€ que l’on retrouve inscrits à cette ligne budgétaire mais 2.536.699€, soit 1.500.000€ supplémentaires ! Ce « bonus » est une estimation de l’avance que la Ville espère obtenir au moment de l’éventuelle signature du prochain contrat, en novembre 2017.

La stratégie de la Ville est en effet de conclure un contrat de 15 ans et d’en percevoir 50% de la compensation financière durant les 5 premières années, dont une partie de manière anticipative.

Au-delà de l’absence totale de réflexion sur la place de la publicité commerciale dans l’espace public, nous déplorons cette stratégie juridiquement hasardeuse et politiquement court-termiste. « Après nous les mouches ! » semble être la ligne politique de M. Firket.

Sarah Schlitz (0472/42.87.83), pour le groupe Ecolo

07déc

« L’utopie, c’est de croire que les choses peuvent continuer comme avant »

Les écologistes sont orphelins d’une de leur principale figure. En nous quittant aujourd’hui, Jacky Morael laisse un immense vide à la fois humain et politique. Né à Herstal en 1959, journaliste, présent au sein d’Ecolo dès 1982, Jacky aura marqué la vie du parti mais aussi celle du pays et de Liège, sa ville.

Jacky c’était le charisme. Celui qui a donné une image à Ecolo. Un regard bleu d’acier, une analyse fine, une force de négociation qui a mené le parti à la victoire en 1999, et à la coalition arc-en-ciel. Impeccable dans ses costumes trois-pièces, un tantinet trop grands au début, il a révolutionné la manière dont les écologistes se projetaient, et étaient perçus. Jacky aura transformé Ecolo, faisant passer le parti d’un mouvement à une véritable structure, dotée d’une organisation lui permettant d’affronter l’arène politique, et de se montrer prêt à participer au pouvoir.

Jacky, c’était Liège, sa ville de cœur. C’était la gouaille, l’humour, la formule cinglante. La bonne fourchette, autour des recettes italiennes qu’il partageait chez lui. C’était des soirées mémorables, de retour d’un Conseil de fédération, à déconstruire le monde et à le reconstruire. C’était une fidélité en amitié et une envie qui ne l’aura pas quitté de connecter les anciens et les modernes.

Jacky, c’était l’écologie politique. Celle qui, en trente ans de carrière, a amené des dizaines voire des centaines de jeunes, des années nonante à aujourd’hui, à s’engager, à militer, à défendre leurs idées et à battre la campagne, pour un autre modèle de société. Ardent défenseur d’une écologie « qui ne se résume pas à défendre les petits oiseaux », Jacky aura constamment défendu la nécessité, pour les écologistes, de s’ouvrir et de parler à tous.

« L’écologie est un plaisir et doit le rester. Je me suis toujours beaucoup amusé » déclarait-il encore en 2014. Cet enseignement aura marqué beaucoup de ceux qui auront eu l’occasion de le croiser.

Nous te devons tellement. Nous ne te remercierons jamais assez pour tout cela.

Au revoir Jacky.

Et merci.

Les écologistes liégeois, passés, présents et à venir.

21nov

Question Ecrite relative aux éventuelles démolitions liées au passage du Tour de France 2017

Monsieur le Bourgmestre,

La presse de ces jours-ci se fait écho d’une information qui nous semble trop absconse que pour être crédible. Il semblerait en effet que soit à l’étude la démolition/reconstruction de tronçons récemment refaits en bord de Meuse et Avenue Blonden, pour un montant allant de 160.000 à 300.000 euros selon les estimations et l’étendue de travaux prise en considération. De plus, ces travaux auraient pour vocation de ré-élargir la voirie au détriment des espaces dédiés aux modes doux. Ceci est tout à fait inacceptable !

Nous espérons, avant tout, qu’il s’agisse d’un effroyable malentendu. (Lire la suite…)

23juin

En s’acharnant sur CHB, le MR torpille la Ville de Liège

Le Conseil communal de Liège débattra ce lundi d’un projet de résolution déposé par le groupe MR en faveur de la construction de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (CHB), à l’Est de Liège.

Aux yeux d’ECOLO et de VEGA, cet acharnement est nuisible à la Ville de Liège, à de nombreux égards.

Le MR développe une approche monomaniaque de la mobilité. À lire la prose du MR, on en viendrait presque à croire que CHB est la solution miracle susceptible de résoudre l’ensemble des problèmes de mobilité que connaît l’agglomération de Liège. Rien n’est plus faux. Comme le montre l’étude d’incidences sur l’environnement, CHB s’apparente au contraire à une dépense inutile, qui va globalement accroître la pression automobile sur la ville, sans apporter d’amélioration notable à la fluidité du trafic urbain.

Le MR cherche à manipuler les riverains de la Dérivation. Le message est matraqué depuis des années : «CHB va soulager les riverains de la Dérivation». Ce message n’en est pas moins faux ; factuellement faux, selon toutes les études disponibles. L’axe de la Dérivation — de même d’ailleurs que le tunnel de Cointe — sont en effet des infrastructures qui servent principalement à la pénétration urbaine (les comptages récemment réalisés dans le cadre du nouveau Plan communal de mobilité l’ont une nouvelle fois démontré). Par conséquent, la seule manière de réduire la pression automobile — effectivement insupportable — que l’on observe sur cet axe se trouve dans le développement du transport public : tram, REL, bus structurant,…

Le MR risque de rendre impossible le financement des alternatives en matière de mobilité. L’agglomération liégeoise a d’ores et déjà pris un retard important, à l’échelle européenne, dans le développement de son réseau de transport public. Choisir d’investir un demi-milliard d’argent public (et plus) dans un nouveau tronçon autoroutier, dans un contexte tendu au plan des finances publiques, ne peut que limiter et différer l’investissement, pourtant indispensable, dans les alternatives et notamment dans le développement du tram, dans la création d’un réseau de bus structurant, dans la mise en place d’itinéraires vélos de qualité, etc. C’est un tournant historique que Liège manquerait en posant un choix aussi passéiste.

Le MR fragilise le pouvoir fiscal de la Ville de Liège. Bien plus qu’un projet de mobilité, CHB est un projet territorial, qui faciliterait l’urbanisation du grand Est de l’agglomération. On voit d’ailleurs de nombreux projets de lotissements, de centres commerciaux (Soumagne, nouveau casino de Chaudfontaine,…), voire de zonings d’activité (Trooz) qui sont ouvertement liés à la réalisation de CHB. Construire CHB, c’est mécaniquement relancer la péri-urbanisation et donc appauvrir la ville de Liège, fragiliser ses services publics. Le MR ne peut pas l’ignorer. Devons-nous donc conclure que le groupe MR au Conseil communal de Liège cherche délibérément à appauvrir sa ville ?

Le MR utilise des sources dépassées. Les documents qu’utilise le MR à l’appui de son propos sont obsolètes. Le « chaînon manquant » réclamé par l’Europe, entre les autoroutes E40 et R25, en particulier, est en service depuis le début du siècle, avec le tunnel de Cointe. À l’inverse, le MR semble ignorer les études réalisées à propos du projet de liaison, qui contredisent de manière assez systématique son propos.

Les groupes ECOLO et VEGA ne peuvent accepter de voir l’avenir de la région liégeoise hypothéqué par tant d’aveuglement. Les faits s’accumulent pour le démontrer : CHB est un projet qui nuirait à la Ville de Liège et à ses habitants, s’il devait être réalisé. Au contraire, avec le budget envisagé pour ce projet, il est possible de mettre en place des solutions alternatives durables et créatrices d’emplois.

C’est la raison pour laquelle nos groupes défendront, en commun, une contre-motion lors du Conseil communal de ce lundi, sous la forme d’un amendement intégral à la motion du MR.

Pour les groupes ECOLO et VEGA,

Bénédicte Heindrichs et François Schreuer
Chefs de groupes

26avr

Contrat pub renouvelé : Une occasion manquée de libérer l’espace public

Nous délibérons ce soir sur une convention portant sur la mise à disposition par une société privée d’abris de bus et d’un système de jalonnement des parkings.

Cette convention est le renouvellement d’un contrat largement décrié à l’époque, passé il y a 15 ans avec la société Decaux.

Reconnaissons avant tout que le Cahier des Charges de la Convention telle qu’aujourd’hui rédigé a largement gagné en qualité sur le plan des droits et devoirs de chacune des parties. Ainsi, la ville se concentre sur le seul mobilier urbain capable de fournir un espace de publicité, à savoir les abris bus. Au moins, les choses sont claires.

Mais pour les écologistes ce nouveau Cahier des Charges reste très problématique, et cela d’abord dans ses principes fondamentaux. Ce texte cache en effet deux options que nous jugeons inacceptables : à savoir le financement privé de la ville d’une part, d’une part et le financement public d’un service privé, d’autre part.

  1. Il met en place en effet de manière insidieuse un système de financement du budget de la ville par la publicité. En effet, le collège attend du prestataire qu’il place et entretienne des abris bus mais en plus, par une compensation financière annuelle, qu’il remplisse les caisses de la ville au travers de l’affichage publicitaire. De ce fait et le fait est grave – on admet que le budget de la ville dépende de la publicité !

  2. Il établit aussi une route des parkings qui serait payée par les revenus de la publicité sur le domaine public. C’est choquant. Pourquoi serait-ce le domaine public qui devrait payer pour un service dont les premiers bénéficiaires, les opérateurs de parking privés, n’allongent pas un euro ?

  3. Le cahier des charges vise plus la manière dont les abris bus rapportent de l’argent que sur leur usage : protéger les citoyens des intempéries qui attendent le transport en commun. Ainsi, pas un mot sur la volonté d’étendre le nombre d’abris de bus. Au contraire, on réduit leur nombre au profit de panneaux publicitaires électroniques.

Ecolo refuse ces principes qui sont cachés dans la rédaction du Cahier des Charges : l’opération doit viser à offrir un meilleur service public demain qu’hier, il doit être neutre pour les finances communales et en aucun cas ne faire dépendre le public du privé ou l’inverse. Le pragmatisme ne doit pas empêcher d’être vigilant sur ces principes fondamentaux qu’Ecolo rappelle avec force.

Mais il n’y a pas que cette question des principes inavoués de ce texte. Le Cahier des charges manque aussi de principes éthiques.

Nous pensons chez Ecolo que la publicité dans l’espace public est devenue bien trop envahissante et véhicule des messages qui vont à l’encontre des valeurs que portent le service public et la collectivité. En particulier, pour les plus jeunes. Il va de la mission de service public communal de préserver ces publics. Ecolo demande qu’une réflexion soit menée sur des zones, par exemple à proximité immédiate des écoles, qui devraient être indemnes de publicité sur ces mobiliers urbains. Ce qui a été imposé avec succès à des chaines de télévision qui ne peuvent diffuser de publicité devant des programmes à destination des enfants, ne serait pas inconvenant ni idéaliste dans un contexte urbain.

Faute dans les principes qui la guident, oubli des principes éthiques – ce Cahier des Charges doit être revu autour de deux idées : la première est que la ville n’a ni à investir pour les opérateurs privés, ni à dépendre du revenu que ceux-ci tirent de la publicité ; la seconde est d’établir des zones sans publicité.

On arguera du fait que la publicité sur les abris bus rapporte beaucoup. Effectivement, si on est d’accord sur les principes qui doivent guider l’action publique, à savoir le retrait progressif de la publicité, Ecolo a déjà proposé que de manière transitoire, au lieu d’une compensation domaniale pour usage exclusif, la taxe sur les panneaux publicitaires soit augmentée. En passant de 72 euros à 144 euros par m2 par an : on couvrira sans problème le montant de la compensation envisagée. Ainsi, les choses seront plus claires et les opérateurs paieront pour ce qu’ils veulent : l’usage d’un espace publicitaire sur la voie publique. Ecolo propose donc très concrètement que le conseil élabore un plan de sortie de dépendance à la publicité via la concession domaniale, et taxe d’avantage la publicité.

Ecolo demande également que le texte soit amendé en imposant des zones sans publicité autour des écoles dans un rayon de 100 mètres ainsi que devant d’autres endroits à déterminer où la population la plus fragile serait trop exposée au matraquage publicitaire. Nous déposons à ce sujet 5 amendements précis.

En conclusion, il est temps que la ville redevienne maître de ses outils de financement et qu’elle garantisse un espace public délesté d’espaces publicitaires qui ne servent ni le paysage, ni les gens. En 15 ans, on peut facilement entrer dans cette nouvelle ère du no pub. Pour autant que l’on s’en donne les moyens politiques. C’est pourquoi nous ne voterons pas en faveur de ce cahier des charges.

Bénédicte Heindrichs

 

 

Amendements que nous avons malgré tout proposés et qui ont été malheureusement rejetés par la majorité :

  • L’extension de zones sans publicité autour des écoles et des hôpitaux dans un rayon de 100 mètres à convertir en nombre d’abris bus,

  • Le calcul fin du nombre de lieux d’affichages qui peuvent être éliminés du seul fait du progrès technologique : aujourd’hui, on peut mettre 3 panneaux de pub déroulant là où avant on devait envoyer une camionnette changer l’affiche toutes les semaines. Cela vaut à notre sens plus que les 10% de réduction de lieux annoncés,

  • Le retrait du cahier des charges des 20 panneaux électroniques qui font défiler des publicités avec le son en prime. C’est une hérésie tant du point de vue financier défendu par la ville puisque là ce ne sont pas 3 mais 10 ou 15 publicités qui pourront défiler sur le même panneau, que du point de vue du développement durable et de la santé des gens. En effet, ces panneaux ont une dépense énergétique importante. Comment justifier ce surplus, qui ne fait pas partie de besoins prioritaires en énergie, pour la Ville alors que, lors de la COP21, Liège s’est engagée à réduire son empreinte écologique ? Par ailleurs, les politiques de santé insistent pour limiter l’exposition aux écrans, en particulier des enfants et des adolescents. Quelle logique y a-t-il à en ajouter dans l’espace public ?

  • Le retrait de l’engagement de la Ville de prendre en charge, en tout ou en partie, la réparation des bris de vitre sur les panneaux publicitaires (art. 2.4.4).

  • Le CSC prévoit l’interdiction de la publicité à caractère raciste ou xhénophobe (art. 2.3.1). Nous insistons sur l’importance de faire respecter cette disposition, et proposons de l’étendre aux discours et images à caractère sexiste, régulièrement présents dans le monde publicitaire.

 

06avr

En quoi le gouvernement wallon se trompe sur le tram :

Par Daniel Wathelet

 

Tram de Liège remisé : Coup d’arrêt à la mobilité durable des liégeois et du redéploiement de l’agglomération liégeoise

Le Gouvernement wallon (le ministre compétent, le cdH Di Antonio, mais également le Ministre Marcourt, le socialiste liégeois du gouvernement) relance un DBFM. Les écologistes se demandent quelle stratégie cache cet écran de fumée, puisque, comme nous allons le voir les chances d’aboutir sont quasi nulles. Ce qui a été modifié suite aux différents avis négatifs était acquis. Relancer la procédure va nous amener dans la même impasse, c’est quasi 3 années de plus, avec des règles qui n’auront pas changé et des finances qui ne seront pas plus florissantes.

La lecture d’Eurostat ne changera pas1

Une note de clarification d’Eurostat sur le traitement des PPP datée du 4/3/16 confirme qu’il n’acceptera pas de nouvelle déconsolidation et qu’en fait le DBFMO (concession) est la seule voie acceptable. Les dispositions actuelles poussent donc vers une privatisation de la ligne de tram. On peut se poser la question de l’intention du gouvernement à ce sujet.

En clair la donne en termes d’imputation budgétaire ne sera pas modifiée.

Sauf que -précision importante qui semble ignorée du GW- l’imputation budgétaire commence dès l’entame (significative) des travaux de construction pour la durée de ceux-ci.

Soit dans le cas qui nous occupe une charge de 380 millions réparties sur 3 ans et ce à partir du printemps 2019 si on reprend la procédure avec nouvel avis de marché.

Il faudrait donc imputer (pas dépenser) dans la dette wallonne environ 130 millions par an durant la mise en œuvre du chantier.

C’est donc bien une question de choix politique. Le Gouvernement wallon pourrait pendant 3 ans « diluer » certaines autres investissements (routiers par exemple) pour faire place, dans la charge de la dette régionale, aux trois échéances « tram », puis reprendre la trajectoire budgétaire initiale. Ecolo rappelle que le produit de la redevance kilométrique « poids lourds » rouvre le jeu à cet égard pour compléter le financement.

Le gouvernement parle de déconsolidation possible de ce projet, alors que tout ce qui pouvait être fait l’a été et que tenter de le faire plus avant c’est la garantie de pas être accepté en tant que PPP.

Et enfin Eurostat ne donnera jamais d’avis avant la signature du contrat final. Le risque devient maximal d’avoir une nouvelle issue négative.

Les conséquences de ce nouveau report

La non-décision du ministre Di Antonio aura des effets en cascade :

  • La réorganisation du réseau TEC autour de la ligne de Tram est reportée sine die, le réseau sur son axe le plus fréquenté va continuer à se congestionner pendant de nombreuses années, les P+R attendus seront reportés, la ville de Liège va continuer à s’embouteiller
  • Mobiliège avait annoncé que l’essentiel des entreprises et travailleurs seraient recrutés dans la région, des centaines d’emplois et d’activités qui ne verront pas le jour à court terme
  • Un signal désastreux, par l’incertitude créée, pour les investisseurs et de grands projets publics fortement liés au tram dont faut-il le rappeler est un levier fort de rénovation urbaine. Qu’adviendra-t-il du Val Benoît, de l’écoquartier de Coronmeuse, de la revitalisation de Droixhe pour ne citer qu’eux ?
  • Une perte sèche de quelques 40 millions d’€ si le projet n’aboutit pas en l’état et des indemnités qui risquent d’augmenter.

C’est un projet vital pour Liège et la décision appartient au politique

Le dossier finalisé par le Ministre Henry lors de la précédente législature était prêt. En janvier 2015 le premier avis négatif d’Eurostat arrive et un an est pris pour prendre la décision de recommencer en s’inscrivant dans une logique d’échec. Le CDH agit avec légèreté dans ce dossier pour lequel il dispose de relais à tous les échelons.

Ecolo doit bien constater que Liège fait figure de parent pauvre de la Wallonie, la majorité à la Ville ne trouvant pas de relais ni à la région, ni auprès des instances européennes (rappelons que la Commissaire CD&V fait partie du même groupe politique européen que le CDH).

La modification des règles d’Eurostat demande une action politique forte et concertée des Etas européens pour soutenir les projets d’infrastructures durables.

Il en va aussi de la crédibilité du « Plan Juncker » de relance par les investissements !

Ecolo Liège constate par ailleurs que le GW ne met pas la priorité aux transports en commun et à une mobilité durable, mais au contraire multiplie les investissements en infrastructures routières. C’est le retour aux seventies à contre-courant de toutes les dynamiques de développement durable urbain digne de ce nom.

 

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