Nous, les Verts, avons la conviction que notre ville est une partie de la réponse pour améliorer la vie quotidienne. Partout dans le monde, des villes se sont lancées sur le chemin de la transition! Les clefs du changement sont entre nos mains. Ouvrons les portes. Avec vous !

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Actualités

19déc

Le budget du CPAS ou le syndrome du Titanic

Monsieur le Bourgmestre se félicite d’une majoration de la dotation de la Ville pour le CPAS de 300 000 euros. Le MR se vante que les aides fédérales permettraient de maintenir le budget à flot. Nous, écologistes, ce que nous voyons derrière les rideaux, c’est un scénario proche de celui du Titanic : certains croient qu’avec une ou deux pelletées de subsides, ça va aller, et oublient les obstacles qui se dressent sur notre chemin ; le paquebot fonce vers le naufrage, des travailleurs, que les écologistes tiennent à remercier pour leur travail quotidien dans des conditions difficiles, essaient de gérer le paquebot et sonnent la cloche à intervalles réguliers (rappelons le courrier de l’antenne jeunes), mais on fonce, on n’a pas assez de canots pour tout le monde, et on le sait.

 

1, 15 % d’augmentation de la dotation de la Ville (300 000 euros). Des aides fédérales supplémentaires. Il est vrai que si nous nous arrêtons à ces deux données sans regarder le panorama, dans des temps budgétaires douloureux, il est facile de faire passer le message « on a fait ce qu’on a pu », « nous n’avons pas bradé le CPAS », « l’enveloppe est maintenue ».

Mais la réalité réduit ces 1, 15% à bien peu de choses. Le CPAS aujourd’hui,

  • ce sont plusieurs  centaines de Revenus d’intégration en plus par an (700 RI supplémentaires entre été 2015 et été 2016 ; + 18, 7 % depuis 2014) ;
  • chez les moins de 25 ans, la note de politique générale estime l’augmentation de dossiers à + 4% (pas 1, 15%, mais + 4%)
  • Dans ce budget comme dans la note de politique générale, la croissance de la problématique « énergie » est oubliée. André Verjans, conseiller à l’action sociale pour Ecolo qui préside la Commission locale de l’énergie, constate que les dossiers compliqués se multiplient. Les commissions ont doublé sur quelques années; avec des situations où les interventions des différents fonds sont plus que nécessaire pour permettre à beaucoup de famille de survivre dans la dignité (chèques mazout, secours hivernaux…). Ces fonds ne sont pas augmentés, et nous n’avons aucune nouvelle du rapport annuel sur la situation entre le CPAS et le bourgmestre.
  • 1, 15%  quand les besoins en logement restent non couverts. Le bourgmestre lui-même nous dit que tous les logements de transit sont pris et que des nuitées sont déjà payées par la ville dans des hôtels pour des familles en ce début d’hiver. L’outil du logement de transit est saturé, et l’alternative n’arrivera pas avec 1, 15%.

La note politique explique en outre qu’actuellement, un assistant social est en charge de 101 dossiers. Imaginons un temps de travail de 38h/semaine : un AS peut passer 1h30/dossier/mois, et ce, à condition que ça se fasse sans pause cigarette, sans retard, sans formation, sans supervision… Or Madame la Présidente l’a dit : c’est un travail qui demande du temps, qui prend du temps.

 

Aujourd’hui, la première cause de vol à l’étalage, à Liège, c’est l’alimentation. Longtemps, les cosmétiques ont trôné en haut de la liste des larcins. Ils sont aujourd’hui remplacés par du pain. Autre phénomène nouveau : briser la vitre d’une voiture pour quelques pièces de monnaie. La police l’a reconnu dans la presse : le vandalisme à Liège se renforce à cause de l’appauvrissement d’une partie importante de notre population.

 

À Liège, la misère est visible. Prostitution à Cathédrale Nord, personnes qui dorment dans des halls d’immeubles, usage de drogues dans les parkings par des personnes à la rue. Mais elle est aussi cachée. Je pense aux personnes exclues du chômage dont on ignore ce qu’elles sont devenues. Je pense à ceux qu’on appelle les nouveaux pauvres : ces mères célibataires, ces étudiants, ces indépendants, ces pensionnés qui ne bouclent pas les fins de mois. On l’aura compris : le budget du CPAS est insuffisant face aux besoins réels des Liégeois et nous le savons tous.

 

Ecolo craint les retombées, non seulement pour les usagers mais aussi pour les travailleurs. Aux usagers, on va demander toujours plus de responsabilisation alors que certains droits fondamentaux sont de moins en moins accessibles (soins de santé physique et mentale, alphabétisation, logement…). Ecolo a demandé en novembre que Liège n’applique pas le service communautaire, possible depuis l’extension du PIIS (projet individualisé d’intégration sociale). La Ville annonce à grande pompe que ça a été voté à l’unanimité. Le MR conteste. Et surtout, la mesure n’est valable que pour 2017. Et après ? Ne serait-ce qu’un demi-courage ?

 

Enfin, la Présidente n’est pas claire sur certaines lignes politiques. Comment compte-t-elle appliquer le paiement du revenu d’intégration des SDF par cartes bancaires ? Comment va-t-elle organiser la concertation sur le déménagement de la cellule SDF et de l’urgence sociale ? Comment va-t-elle institutionnaliser le projet pilote MAPIL (lutte contre la pauvreté infantile) sans donner davantage de moyens aux travailleurs ? Quelles réponses ont été apportées aux antennes du CPAS qui ont dénoncé publiquement la pénibilité de leur situation ? Ecolo insiste sur le recours à l’expertise en travail social. C’est la qualité qui permet d’aider réellement les personnes usagères du CPAS.

 

En conclusion, Ecolo soutiendra la création du centre d’accueil socio-sanitaire pour les personnes à la rue. Ecolo soutiendra la prolongation des projets de lutte contre la pauvreté infantile. Ecolo continuera à se battre contre la précarité énergétique. Mais Ecolo ne peut valider ni ce budget ni cette note politique : ils sont trop peu anticipatifs et en inadéquation avec les besoins réels du CPAS.

 

Pour Ecolo,

 

Caroline Saal, conseillère communale (0485/95.51.03)

André Verjans, chef de groupe à l’Action sociale

Christine Relekom, conseillère à l’Action sociale

19déc

La Ville de Liège mise tout sur la pub pour sauver son budget 2017

Décembre est de loin le mois le plus difficile pour notre échevin des finances Michel Firket. Cette année, il manquait 3 millions d’euros pour boucler le budget 2017. Les travaux budgétaires ont même été reportés d’une semaine tellement les négociations étaient ardues. Et puis « Eureka ! », une solution a été trouvée du côté du contrat publicitaire à renouveler. Mais il y a lieu de se demander si cette solution « toute simple » est bien réaliste et judicieuse…

Le 24 octobre dernier, le conseil communal de la ville de Liège a voté la signature d’un avenant au contrat publicitaire qui la lie depuis 2001 avec JC Decaux. Or, cet avenant fait actuellement l’objet d’un recours devant le Conseil d’État, introduit par la société Clear Channel, concurrente de JC Decaux.

Sans se prononcer sur l’issue d’une procédure en cours, il faut néanmoins reconnaitre qu’un risque existe désormais que l’avenant soit annulé et, dès lors, que la compensation financière (1.036.699€) liée à la prolongation d’un an, ne puisse pas être perçue.

Pourtant, la Ville a non seulement conservé ce montant à son budget, mais elle l’a gonflé considérablement ! Ainsi, ce ne sont pas 1.036.699€ que l’on retrouve inscrits à cette ligne budgétaire mais 2.536.699€, soit 1.500.000€ supplémentaires ! Ce « bonus » est une estimation de l’avance que la Ville espère obtenir au moment de l’éventuelle signature du prochain contrat, en novembre 2017.

La stratégie de la Ville est en effet de conclure un contrat de 15 ans et d’en percevoir 50% de la compensation financière durant les 5 premières années, dont une partie de manière anticipative.

Au-delà de l’absence totale de réflexion sur la place de la publicité commerciale dans l’espace public, nous déplorons cette stratégie juridiquement hasardeuse et politiquement court-termiste. « Après nous les mouches ! » semble être la ligne politique de M. Firket.

Sarah Schlitz (0472/42.87.83), pour le groupe Ecolo

07déc

« L’utopie, c’est de croire que les choses peuvent continuer comme avant »

Les écologistes sont orphelins d’une de leur principale figure. En nous quittant aujourd’hui, Jacky Morael laisse un immense vide à la fois humain et politique. Né à Herstal en 1959, journaliste, présent au sein d’Ecolo dès 1982, Jacky aura marqué la vie du parti mais aussi celle du pays et de Liège, sa ville.

Jacky c’était le charisme. Celui qui a donné une image à Ecolo. Un regard bleu d’acier, une analyse fine, une force de négociation qui a mené le parti à la victoire en 1999, et à la coalition arc-en-ciel. Impeccable dans ses costumes trois-pièces, un tantinet trop grands au début, il a révolutionné la manière dont les écologistes se projetaient, et étaient perçus. Jacky aura transformé Ecolo, faisant passer le parti d’un mouvement à une véritable structure, dotée d’une organisation lui permettant d’affronter l’arène politique, et de se montrer prêt à participer au pouvoir.

Jacky, c’était Liège, sa ville de cœur. C’était la gouaille, l’humour, la formule cinglante. La bonne fourchette, autour des recettes italiennes qu’il partageait chez lui. C’était des soirées mémorables, de retour d’un Conseil de fédération, à déconstruire le monde et à le reconstruire. C’était une fidélité en amitié et une envie qui ne l’aura pas quitté de connecter les anciens et les modernes.

Jacky, c’était l’écologie politique. Celle qui, en trente ans de carrière, a amené des dizaines voire des centaines de jeunes, des années nonante à aujourd’hui, à s’engager, à militer, à défendre leurs idées et à battre la campagne, pour un autre modèle de société. Ardent défenseur d’une écologie « qui ne se résume pas à défendre les petits oiseaux », Jacky aura constamment défendu la nécessité, pour les écologistes, de s’ouvrir et de parler à tous.

« L’écologie est un plaisir et doit le rester. Je me suis toujours beaucoup amusé » déclarait-il encore en 2014. Cet enseignement aura marqué beaucoup de ceux qui auront eu l’occasion de le croiser.

Nous te devons tellement. Nous ne te remercierons jamais assez pour tout cela.

Au revoir Jacky.

Et merci.

Les écologistes liégeois, passés, présents et à venir.

21nov

Question Ecrite relative aux éventuelles démolitions liées au passage du Tour de France 2017

Monsieur le Bourgmestre,

La presse de ces jours-ci se fait écho d’une information qui nous semble trop absconse que pour être crédible. Il semblerait en effet que soit à l’étude la démolition/reconstruction de tronçons récemment refaits en bord de Meuse et Avenue Blonden, pour un montant allant de 160.000 à 300.000 euros selon les estimations et l’étendue de travaux prise en considération. De plus, ces travaux auraient pour vocation de ré-élargir la voirie au détriment des espaces dédiés aux modes doux. Ceci est tout à fait inacceptable !

Nous espérons, avant tout, qu’il s’agisse d’un effroyable malentendu. (Lire la suite…)

23juin

En s’acharnant sur CHB, le MR torpille la Ville de Liège

Le Conseil communal de Liège débattra ce lundi d’un projet de résolution déposé par le groupe MR en faveur de la construction de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (CHB), à l’Est de Liège.

Aux yeux d’ECOLO et de VEGA, cet acharnement est nuisible à la Ville de Liège, à de nombreux égards.

Le MR développe une approche monomaniaque de la mobilité. À lire la prose du MR, on en viendrait presque à croire que CHB est la solution miracle susceptible de résoudre l’ensemble des problèmes de mobilité que connaît l’agglomération de Liège. Rien n’est plus faux. Comme le montre l’étude d’incidences sur l’environnement, CHB s’apparente au contraire à une dépense inutile, qui va globalement accroître la pression automobile sur la ville, sans apporter d’amélioration notable à la fluidité du trafic urbain.

Le MR cherche à manipuler les riverains de la Dérivation. Le message est matraqué depuis des années : «CHB va soulager les riverains de la Dérivation». Ce message n’en est pas moins faux ; factuellement faux, selon toutes les études disponibles. L’axe de la Dérivation — de même d’ailleurs que le tunnel de Cointe — sont en effet des infrastructures qui servent principalement à la pénétration urbaine (les comptages récemment réalisés dans le cadre du nouveau Plan communal de mobilité l’ont une nouvelle fois démontré). Par conséquent, la seule manière de réduire la pression automobile — effectivement insupportable — que l’on observe sur cet axe se trouve dans le développement du transport public : tram, REL, bus structurant,…

Le MR risque de rendre impossible le financement des alternatives en matière de mobilité. L’agglomération liégeoise a d’ores et déjà pris un retard important, à l’échelle européenne, dans le développement de son réseau de transport public. Choisir d’investir un demi-milliard d’argent public (et plus) dans un nouveau tronçon autoroutier, dans un contexte tendu au plan des finances publiques, ne peut que limiter et différer l’investissement, pourtant indispensable, dans les alternatives et notamment dans le développement du tram, dans la création d’un réseau de bus structurant, dans la mise en place d’itinéraires vélos de qualité, etc. C’est un tournant historique que Liège manquerait en posant un choix aussi passéiste.

Le MR fragilise le pouvoir fiscal de la Ville de Liège. Bien plus qu’un projet de mobilité, CHB est un projet territorial, qui faciliterait l’urbanisation du grand Est de l’agglomération. On voit d’ailleurs de nombreux projets de lotissements, de centres commerciaux (Soumagne, nouveau casino de Chaudfontaine,…), voire de zonings d’activité (Trooz) qui sont ouvertement liés à la réalisation de CHB. Construire CHB, c’est mécaniquement relancer la péri-urbanisation et donc appauvrir la ville de Liège, fragiliser ses services publics. Le MR ne peut pas l’ignorer. Devons-nous donc conclure que le groupe MR au Conseil communal de Liège cherche délibérément à appauvrir sa ville ?

Le MR utilise des sources dépassées. Les documents qu’utilise le MR à l’appui de son propos sont obsolètes. Le « chaînon manquant » réclamé par l’Europe, entre les autoroutes E40 et R25, en particulier, est en service depuis le début du siècle, avec le tunnel de Cointe. À l’inverse, le MR semble ignorer les études réalisées à propos du projet de liaison, qui contredisent de manière assez systématique son propos.

Les groupes ECOLO et VEGA ne peuvent accepter de voir l’avenir de la région liégeoise hypothéqué par tant d’aveuglement. Les faits s’accumulent pour le démontrer : CHB est un projet qui nuirait à la Ville de Liège et à ses habitants, s’il devait être réalisé. Au contraire, avec le budget envisagé pour ce projet, il est possible de mettre en place des solutions alternatives durables et créatrices d’emplois.

C’est la raison pour laquelle nos groupes défendront, en commun, une contre-motion lors du Conseil communal de ce lundi, sous la forme d’un amendement intégral à la motion du MR.

Pour les groupes ECOLO et VEGA,

Bénédicte Heindrichs et François Schreuer
Chefs de groupes

26avr

Contrat pub renouvelé : Une occasion manquée de libérer l’espace public

Nous délibérons ce soir sur une convention portant sur la mise à disposition par une société privée d’abris de bus et d’un système de jalonnement des parkings.

Cette convention est le renouvellement d’un contrat largement décrié à l’époque, passé il y a 15 ans avec la société Decaux.

Reconnaissons avant tout que le Cahier des Charges de la Convention telle qu’aujourd’hui rédigé a largement gagné en qualité sur le plan des droits et devoirs de chacune des parties. Ainsi, la ville se concentre sur le seul mobilier urbain capable de fournir un espace de publicité, à savoir les abris bus. Au moins, les choses sont claires.

Mais pour les écologistes ce nouveau Cahier des Charges reste très problématique, et cela d’abord dans ses principes fondamentaux. Ce texte cache en effet deux options que nous jugeons inacceptables : à savoir le financement privé de la ville d’une part, d’une part et le financement public d’un service privé, d’autre part.

  1. Il met en place en effet de manière insidieuse un système de financement du budget de la ville par la publicité. En effet, le collège attend du prestataire qu’il place et entretienne des abris bus mais en plus, par une compensation financière annuelle, qu’il remplisse les caisses de la ville au travers de l’affichage publicitaire. De ce fait et le fait est grave – on admet que le budget de la ville dépende de la publicité !

  2. Il établit aussi une route des parkings qui serait payée par les revenus de la publicité sur le domaine public. C’est choquant. Pourquoi serait-ce le domaine public qui devrait payer pour un service dont les premiers bénéficiaires, les opérateurs de parking privés, n’allongent pas un euro ?

  3. Le cahier des charges vise plus la manière dont les abris bus rapportent de l’argent que sur leur usage : protéger les citoyens des intempéries qui attendent le transport en commun. Ainsi, pas un mot sur la volonté d’étendre le nombre d’abris de bus. Au contraire, on réduit leur nombre au profit de panneaux publicitaires électroniques.

Ecolo refuse ces principes qui sont cachés dans la rédaction du Cahier des Charges : l’opération doit viser à offrir un meilleur service public demain qu’hier, il doit être neutre pour les finances communales et en aucun cas ne faire dépendre le public du privé ou l’inverse. Le pragmatisme ne doit pas empêcher d’être vigilant sur ces principes fondamentaux qu’Ecolo rappelle avec force.

Mais il n’y a pas que cette question des principes inavoués de ce texte. Le Cahier des charges manque aussi de principes éthiques.

Nous pensons chez Ecolo que la publicité dans l’espace public est devenue bien trop envahissante et véhicule des messages qui vont à l’encontre des valeurs que portent le service public et la collectivité. En particulier, pour les plus jeunes. Il va de la mission de service public communal de préserver ces publics. Ecolo demande qu’une réflexion soit menée sur des zones, par exemple à proximité immédiate des écoles, qui devraient être indemnes de publicité sur ces mobiliers urbains. Ce qui a été imposé avec succès à des chaines de télévision qui ne peuvent diffuser de publicité devant des programmes à destination des enfants, ne serait pas inconvenant ni idéaliste dans un contexte urbain.

Faute dans les principes qui la guident, oubli des principes éthiques – ce Cahier des Charges doit être revu autour de deux idées : la première est que la ville n’a ni à investir pour les opérateurs privés, ni à dépendre du revenu que ceux-ci tirent de la publicité ; la seconde est d’établir des zones sans publicité.

On arguera du fait que la publicité sur les abris bus rapporte beaucoup. Effectivement, si on est d’accord sur les principes qui doivent guider l’action publique, à savoir le retrait progressif de la publicité, Ecolo a déjà proposé que de manière transitoire, au lieu d’une compensation domaniale pour usage exclusif, la taxe sur les panneaux publicitaires soit augmentée. En passant de 72 euros à 144 euros par m2 par an : on couvrira sans problème le montant de la compensation envisagée. Ainsi, les choses seront plus claires et les opérateurs paieront pour ce qu’ils veulent : l’usage d’un espace publicitaire sur la voie publique. Ecolo propose donc très concrètement que le conseil élabore un plan de sortie de dépendance à la publicité via la concession domaniale, et taxe d’avantage la publicité.

Ecolo demande également que le texte soit amendé en imposant des zones sans publicité autour des écoles dans un rayon de 100 mètres ainsi que devant d’autres endroits à déterminer où la population la plus fragile serait trop exposée au matraquage publicitaire. Nous déposons à ce sujet 5 amendements précis.

En conclusion, il est temps que la ville redevienne maître de ses outils de financement et qu’elle garantisse un espace public délesté d’espaces publicitaires qui ne servent ni le paysage, ni les gens. En 15 ans, on peut facilement entrer dans cette nouvelle ère du no pub. Pour autant que l’on s’en donne les moyens politiques. C’est pourquoi nous ne voterons pas en faveur de ce cahier des charges.

Bénédicte Heindrichs

 

 

Amendements que nous avons malgré tout proposés et qui ont été malheureusement rejetés par la majorité :

  • L’extension de zones sans publicité autour des écoles et des hôpitaux dans un rayon de 100 mètres à convertir en nombre d’abris bus,

  • Le calcul fin du nombre de lieux d’affichages qui peuvent être éliminés du seul fait du progrès technologique : aujourd’hui, on peut mettre 3 panneaux de pub déroulant là où avant on devait envoyer une camionnette changer l’affiche toutes les semaines. Cela vaut à notre sens plus que les 10% de réduction de lieux annoncés,

  • Le retrait du cahier des charges des 20 panneaux électroniques qui font défiler des publicités avec le son en prime. C’est une hérésie tant du point de vue financier défendu par la ville puisque là ce ne sont pas 3 mais 10 ou 15 publicités qui pourront défiler sur le même panneau, que du point de vue du développement durable et de la santé des gens. En effet, ces panneaux ont une dépense énergétique importante. Comment justifier ce surplus, qui ne fait pas partie de besoins prioritaires en énergie, pour la Ville alors que, lors de la COP21, Liège s’est engagée à réduire son empreinte écologique ? Par ailleurs, les politiques de santé insistent pour limiter l’exposition aux écrans, en particulier des enfants et des adolescents. Quelle logique y a-t-il à en ajouter dans l’espace public ?

  • Le retrait de l’engagement de la Ville de prendre en charge, en tout ou en partie, la réparation des bris de vitre sur les panneaux publicitaires (art. 2.4.4).

  • Le CSC prévoit l’interdiction de la publicité à caractère raciste ou xhénophobe (art. 2.3.1). Nous insistons sur l’importance de faire respecter cette disposition, et proposons de l’étendre aux discours et images à caractère sexiste, régulièrement présents dans le monde publicitaire.

 

06avr

En quoi le gouvernement wallon se trompe sur le tram :

Par Daniel Wathelet

 

Tram de Liège remisé : Coup d’arrêt à la mobilité durable des liégeois et du redéploiement de l’agglomération liégeoise

Le Gouvernement wallon (le ministre compétent, le cdH Di Antonio, mais également le Ministre Marcourt, le socialiste liégeois du gouvernement) relance un DBFM. Les écologistes se demandent quelle stratégie cache cet écran de fumée, puisque, comme nous allons le voir les chances d’aboutir sont quasi nulles. Ce qui a été modifié suite aux différents avis négatifs était acquis. Relancer la procédure va nous amener dans la même impasse, c’est quasi 3 années de plus, avec des règles qui n’auront pas changé et des finances qui ne seront pas plus florissantes.

La lecture d’Eurostat ne changera pas1

Une note de clarification d’Eurostat sur le traitement des PPP datée du 4/3/16 confirme qu’il n’acceptera pas de nouvelle déconsolidation et qu’en fait le DBFMO (concession) est la seule voie acceptable. Les dispositions actuelles poussent donc vers une privatisation de la ligne de tram. On peut se poser la question de l’intention du gouvernement à ce sujet.

En clair la donne en termes d’imputation budgétaire ne sera pas modifiée.

Sauf que -précision importante qui semble ignorée du GW- l’imputation budgétaire commence dès l’entame (significative) des travaux de construction pour la durée de ceux-ci.

Soit dans le cas qui nous occupe une charge de 380 millions réparties sur 3 ans et ce à partir du printemps 2019 si on reprend la procédure avec nouvel avis de marché.

Il faudrait donc imputer (pas dépenser) dans la dette wallonne environ 130 millions par an durant la mise en œuvre du chantier.

C’est donc bien une question de choix politique. Le Gouvernement wallon pourrait pendant 3 ans « diluer » certaines autres investissements (routiers par exemple) pour faire place, dans la charge de la dette régionale, aux trois échéances « tram », puis reprendre la trajectoire budgétaire initiale. Ecolo rappelle que le produit de la redevance kilométrique « poids lourds » rouvre le jeu à cet égard pour compléter le financement.

Le gouvernement parle de déconsolidation possible de ce projet, alors que tout ce qui pouvait être fait l’a été et que tenter de le faire plus avant c’est la garantie de pas être accepté en tant que PPP.

Et enfin Eurostat ne donnera jamais d’avis avant la signature du contrat final. Le risque devient maximal d’avoir une nouvelle issue négative.

Les conséquences de ce nouveau report

La non-décision du ministre Di Antonio aura des effets en cascade :

  • La réorganisation du réseau TEC autour de la ligne de Tram est reportée sine die, le réseau sur son axe le plus fréquenté va continuer à se congestionner pendant de nombreuses années, les P+R attendus seront reportés, la ville de Liège va continuer à s’embouteiller
  • Mobiliège avait annoncé que l’essentiel des entreprises et travailleurs seraient recrutés dans la région, des centaines d’emplois et d’activités qui ne verront pas le jour à court terme
  • Un signal désastreux, par l’incertitude créée, pour les investisseurs et de grands projets publics fortement liés au tram dont faut-il le rappeler est un levier fort de rénovation urbaine. Qu’adviendra-t-il du Val Benoît, de l’écoquartier de Coronmeuse, de la revitalisation de Droixhe pour ne citer qu’eux ?
  • Une perte sèche de quelques 40 millions d’€ si le projet n’aboutit pas en l’état et des indemnités qui risquent d’augmenter.

C’est un projet vital pour Liège et la décision appartient au politique

Le dossier finalisé par le Ministre Henry lors de la précédente législature était prêt. En janvier 2015 le premier avis négatif d’Eurostat arrive et un an est pris pour prendre la décision de recommencer en s’inscrivant dans une logique d’échec. Le CDH agit avec légèreté dans ce dossier pour lequel il dispose de relais à tous les échelons.

Ecolo doit bien constater que Liège fait figure de parent pauvre de la Wallonie, la majorité à la Ville ne trouvant pas de relais ni à la région, ni auprès des instances européennes (rappelons que la Commissaire CD&V fait partie du même groupe politique européen que le CDH).

La modification des règles d’Eurostat demande une action politique forte et concertée des Etas européens pour soutenir les projets d’infrastructures durables.

Il en va aussi de la crédibilité du « Plan Juncker » de relance par les investissements !

Ecolo Liège constate par ailleurs que le GW ne met pas la priorité aux transports en commun et à une mobilité durable, mais au contraire multiplie les investissements en infrastructures routières. C’est le retour aux seventies à contre-courant de toutes les dynamiques de développement durable urbain digne de ce nom.

 

21mar

Motion nucléaire de la majorité liégeoise PS-cdH : Un soutien à la politique risquée du gouvernement MR-NVA

La majorité liégeoise a déposé un texte de motion relatif à l’énergie nucléaire. Le groupe Ecolo s’étonne de son contenu, qui, lorsqu’on lit entre les lignes, constitue un soutien explicite de la politique du gouvernement fédéral.

 

Le texte s’oppose à toute nouvelle prolongation de centrales. Cela veut donc dire qu’il valide implicitement les prolongations actuelles ! La prolongation de Tihange 1 jusqu’en 2025 décidée par le gouvernement Di Rupo (la centrale aura 50 ans!), et la prolongation de Doel 1 et 2 par le gouvernement Michel.

 

De plus, il propose de vérifier la sûreté de Doel 3 et Tihange 2, dont les cuves sont pleines de microfissures, et en cas d’examens négatifs par des experts internationaux, de les fermer. Mais ces examens ont eu lieu, sous l’égide de l’Agence Fédérale, dont la neutralité n’est pas assurée. Un expert consulté par l’Agence a d’ailleurs émis des réserves, qu’elle n’a pas souhaité prendre en compte. Et Ilse Tweer, une experte internationale consultée par les Verts européens, a déclaré qu’il était dangereux de poursuivre l’exploitation de ces centrales. C’est pourquoi les écologistes belges estiment leur fermeture indispensable, et inacceptable que les autorités jouent avec la sécurité de tout le pays ! Nous proposons également aux citoyens qui le souhaitent de changer de fournisseur pour se tourner vers un fournisseur 100 % vert.

 

Enfin, si le nucléaire représente en théorie 55% de la production électrique du pays, force est de constater que cette énergie est devenue encore bien plus intermittente que l’éolien ou le photovoltaïque, vu les nombreux arrêts inopinés dus à la vétusté des réacteurs belges. Nous appelons la Ville à mettre en place concrètement, à son niveau, des mesures plus ambitieuses de réduction de la consommation, et de soutien au renouvelable, lors de rénovation de bâtiments publics par exemple, ou en désinvestissant les énergies fossiles pour ses placements financiers.

 

22fév

Nucléaire: se résigner ou oser l’alternative

Mesdames, Messieurs,
A la lecture des différents textes soumis à l’approbation du conseil, je suis soulagée pour les concitoyens que les mises en garde formulées en juin par Ecolo soient enfin entendues. Mais l’heure n’est pas à chanter sur l’air de «on vous l’avait bien dit ».

Que l’on soit pro- ou anti-nucléaire, il y a ici une menace forte, évidente, une manque de principe de précaution intolérable de la part du Gouvernement fédéral qui impose l’Union sacrée de ceux qui sont en première ligne en cas de catastrophe , nous liégeois et nos voisins de l’Euregio.

Nous jouons cependant avec le feu. En effet, nous avons de la chance : à 3Miles Island, à Tchernobyl, à Fukushima, personne n’a rien vu venir. Nous, nous sommes avertis.

Mais le  silence incompréhensible des politiques belges qui entoure l’état de notre parc nucléaire  ne fera pas taire les cris d’alarme qui nous viennent de partout. Il est temps de sonner l’alarme, et de réveiller les citoyens qui semblent anesthésiés par la seringue hypodermique  du discours rassurant des  politiques belges – tous trempés dans l’irresponsabilité de ces prolongations de centrales. L’Alarme  citoyenne est là. Nous devons l’entendre !

En un mot comme en cent, notre position est « STOP AUX CENTRALES ».  C’est pourquoi nous appelons  à ne pas prendre acte de votre proposition de refuser de  nouvelles prolongations de centrales, comme formulé dans votre point 1,  mais à s’y opposer et à demander TOUT DE SUITE leur arrêt pour cause de menace majeure sur Liège. En effet, en l’état, votre texte entérine le fait que Tihange fonctionnera jusque 2025 malgré les fissures et que Doel en a repris pour 1O ans.  Ecolo ne peut accepter une motion du Conseil qui ne fait que s’interroger sur  comment on va faire en cas d’accident et à qui distribuer des capsules d’iodes prioritairement.

Le message du Conseil doit être clair : Liege veut l’arrêt de Tihange  et demande celui de Doel, comme toutes les villes set régions qui l’entourent. La dépendance énergétique est un débat qui se pose à un niveau infiniment plus bas en termes de risques  que celui de la sécurité nucléaire.  Par ailleurs, on ne peut rester indifférent au coût de la prolongation de ces vieilles casseroles qui nous retarde – une fois encore- dans la transition énergétique dans laquelle nos voisins de l’euregio  se sont résolument lancés.

Il faut prendre nos responsabilités : que peut faire le Conseil ?  La motion de la majorité  demande au Gouvernement fédéral des mesures qui pour, beaucoup d’entre elles, concernent le Conseil lui-même et la Province. A nous par conséquent de répondre à plusieurs des questions que pose la motion proposée :

- Par exemple sur le plan d’urgence  réclamé au fédéral par le texte : la ville de Huy a adopté son plan d’urgence. Ne devrions-nous pas nous, ville de Liege, nous atteler à établir un plan d’urgence puisque nous sommes de fait tenus de nous rendre vers les centres de comptage et de décontamination situés à 35 km de Tihange.

- En matière de choix énergétique, nous pouvons sans difficulté soutenir le développement du renouvelable, limiter la consommation énergétique au travers du projet de ville, désinvestir les produits financiers qui soutiennent les modes de production dangereux et polluants. Nous disposons des outils qui nous permettent de prendre des mesures adéquates.  On peut prendre notre destin en main.

C’est cela est de notre responsabilité, et cela n’a rien à voir avec un  message à adresser  au Gouvernement fédéral.

Ainsi, on ne peut déposer une motion qui fait semblant de s’inquiéter du problème et en même temps qui semble d’ores et déjà se résigner à l’idée qu’un accident est inévitable.

Nous avons mieux à faire, ensemble : il  nous faut une union sacrée des premiers concernés et  non des pseudo-protestations qui ne seront pas  entendues.  Il nous faut  une demande ferme d’arrêt de ces centrales !

Et cette exigence, j’insiste,  transcende le clivage entre pro et an-nucléaires !  Même en étant pour l’énergie nucléaire, personne  ne peut admettre la mise en danger d’un pays entier par des centrales hors d’âge. NON  par conséquent à un compromis entre indépendance énergétique et sécurité publique ! On ne négocie pas la sécurité de toute une Région.

Pour terminer, ce sont nos Anciens qui doivent nous inspirer. Tite live disait «  il faut oser ou se résigner à tout ».   Il faut oser une motion forte qui crée une fois pour toute l’alternative au nucléaire ou se résigner à tout c’est-à-dire  distributeur de pilules d’iode.

 

Bénédicte Heindrichs

18fév

Taxe urbaine non ménage : la claque après l’avertissement

L’Arrêt de la Cour d’Appel est limpide : le règlement taxe « urbaine non-ménages » de la Ville de Liège est illégal car discriminatoire et ceci « entraîne par ailleurs l’annulation des enrôlements litigieux qui se fondent sur celui-ci », pour citer cet Arrêt en toutes lettres.
Les règlements ultérieurs (revus en 2013 et 2014), s’ils ne sont pas directement frappés de cette nullité, contiennent les mêmes dispositions ici condamnées et les actions judiciaires déjà entamées à leur encontre ne manqueront pas de suivre la jurisprudence établie, en les annulant également.

Il s’agit donc d’un problème juridique, réglementaire et financier majeur pour la Ville de Liège. Une interpellation sur l’attitude future de la Ville (quant aux réclamants et au règlement même) et le volet pécuniaire du préjudice a été déposée pour le conseil communal de ce lundi 22 février par Quentin Le Bussy.

Nous avons interpellé le mois passé l’Echevin Firket pour le mettre en garde contre ce danger. Dans des dossiers connexes mais tous liés à la problématique de la fiscalité communale liégeoise, nous l’avions déjà interpellé par le passé sur les taxes sur les terrasses (2013), sur les mesures transactionelles utilisées pour régler les contentieux (2013 également) et sur les imprimés toutes boites (2014), car les dispositifs proposés semblaient mal conçus. Nous avons systématiquement reçu le même genre de réponse évasives, pour utiliser un euphémisme.

En un mot : cet amateurisme doit cesser. Nous demandons au Collège d’accepter cet Arrêt, qui confirme le jugement d’instance, et d’en assumer les conséquences.

Nous demandons instamment au Collège Communal :
- que les alternatives pour faire contribuer justement les non-résidents soient évaluées pour la confection d’un nouveau règlement-taxe : conteneurs à puce (ils permettent de payer en fonction de ce qu’on a réellement produit comme déchets), taxation en fonction de la taille de l’entreprise, du lieu et du type d’activité.
- que les réclamations adressées au Collège soient traitées et validées sur base de cet Arrêt, pour éviter de nouvelles coûteuses actions en Justice.

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