Intercommunales : Le manque de transparence de L’IGIL

Des questions ont été posées à l’Administrateur délégué en commission, mais certaines réponses ne sont pas suffisamment précises. Des incertitudes restent au plan financier à court et à moyen terme et en matière de bonne gestion des instances, ce qui ne favorise pas une réelle transparence dans son fonctionnement et une capacité au CA à jouer son rôle notamment pour la stratégie et l’exercice de son pouvoir de contrôle.

On se félicite de la bonne gestion financière et globale au jour le jour, mais qu’en est-il au plan stratégique notamment en termes de pilotage l’IGIL ? Mon propos n’est pas de jeter l’eau avec l’eau du bain, mais il y a 3 risques à prendre en compte.

Il n’y pas de transparence du fonctionnement et de la manière de documenter les décisions. Pas de PV reçu à ce jour sur les deux dernières années, sachant que l’essentiel du contenu de certains échanges voire des éléments de stratégie sont donnés de manière orale et ne se retrouvent pas dans des documents envoyés au préalable avec aucune trace dans des PV inexistants. Les convocations ne sont pas faites dans les délais et si on ne participe pas on perd l’information essentielle. Le procédé de convocation est toujours dicté par l’urgence sachant que pour le futur Hotel, 5 modifications de la convention ont été nécessaires, la dernière portant sur la répartition du risque  entre la structure créé pour l’occasion par le groupe VDV et la maison mère. Ce n’est pas anecdotique mais symptomatique d’un fonctionnement peu transparent qui dénote d’un manque de profondeur dans l’examen des dossiers et de la sécurité juridique de conventions d’importance. Ce sont des faits illustratifs d’un fonctionnement qui gagne à créer de la clarté, où l’argument de la confidentialité ne peut pour le moins pas jouer à l’égard du CA lui-même.

Quelle sécurité financière ? Les recettes récurrentes via les cotisations et extraordinaires via le financement FEDER pour la nouvelle Halle ne sont pas garanties, alors qu’elles vont déterminer des éléments renforçant notre capacité de redéploiement stratégique de l’activité. Quand on parle de bonne gestion et stratégie, nul ne remet en question que la transformation en IGIL a sauvé une activité déclinante en son temps, et que l’IGIL se porte bien en soi, mais il s’agit du futur, la réduction de cotisation de son principal contributeur ne vas pas faciliter les choses. La question de la réduction de la cotisation n’est pas définie dans le temps, une option a été évoquée par l’AD de la transformer en aide à l’investissement de la Ville soit une opération budgétaire qui permettrait de passer à l’extraordinaire. Mais combien de fois et pour quelle durée ? Ceci lorsqu’il faudrait sans doute investir pour élaborer une offre qui se distingue dans le paysage des Palais des Congrès les plus proches.

La nouvelle halle : il a été évoqué le problème qu’une partie au moins de la subvention soit qualifiée d’aides d’Etat dans le dossier FEDER, pour motif qu’il n’y aurait qu’un seul opérateur pour l’organisation des évènements soit Liège expo, donc pas de concurrence possible. Vu que ce dossier fait partie du portefeuille de la Ville de Liège, quelles seraient les conséquences sur le budget de 32 millions d’€ qui est déjà en réduction sur la demande initiale.

Gestion stratégique : Qui pilote l’IGIL ? Comment sa stratégie est-elle définie et avec qui ? Quelles conditions mettre en place pour une stratégie moins auto-centrée (dont on ne dénie pas l’intelligence, mais quand elle est collective elle ne prend que le risque de s’enrichir), donc elle se doit d’être plus concertée sur son développement futur, juste en faisant fonctionner normalement les instances, sachant que ces deux outils sont des vitrines dont le rôle peut être un levier de notre image de marque internationale et un élément fort de notre stratégie de redéploiement urbain.

Toujours avec l’absence de PV et de document stratégique on découvre en commission la volonté de création d’une salle de type WEX. C’est un bon exemple de discussion stratégique qui doit avoir lieu de manière précise par rapport à l’offre proche dans ce domaine et d’une manière plus générale par rapport à l’offre d’autres sites de type halles des foires y compris chez nos voisins proches, le tout est  à intégrer dans une démarche d’agglomération. Je ne reviens pas sur l’intégration de l’arrivée du tram dans les aménagements futurs des parkings et des accès à ce quartier, éléments de synergies avec d’autres projets de la ville dans un calendrier qui sera synchrone.

Pourquoi poser la question sous l’angle de la sécurité d’un mandat devenu (trop) central ? Soit la sécurité d’un mandat clé celui d’AD en regard de 2 enjeux majeurs : hôtel VDV et la nouvelle halle dont la maîtrise des dossiers est essentiellement dans les mains de l’AD. En posant la question à l’AD lui-même il nous a appris que son mandat d’administrateur lui vient de Meusinvest, sans préciser à quel statut il est lié. Quelles sont les modalités de renouvellement de ce mandat d’administrateur, quelles garanties qu’il soit maintenu compte tenu des changements de statut annoncés, en particulier jusqu’au terme de deux dossiers d’importance cités précédemment. Quand à celui d’AD, le mode de désignation est a priori le fait du CA, en principe puisqu’il semble d’après ses dires qu’il lui a été attribué, sans échéance ?

Ces risques méritent des réponses plus claires. Merci pour la précision de vos réponses.

Daniel Wathelet

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