Occupation des entrées d’immeubles par les SDF

Caroline Saalconseillère communale

Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins,

Nous avons eu l’occasion ces derniers mois de débattre à plusieurs reprises des solutions à apporter aux situations de grande pauvreté dans notre ville. Ecolo a participé de manière constructive et propositionnelle sur toute une série de problématiques liées à la vie dans la rue (interpellations sur le plan hivernal, installation des casiers solidaires, débat lors du conseil commun Ville-CPAS).

Et c’est avec la même volonté de trouver des solutions locales dans le respect de chaque citoyen liégeois que je vous interpelle aujourd’hui.

Ces derniers mois, certains d’entre nous ont été contactés par des Liégeois qui voient leur hall d’immeuble, leur entrée occupés, la nuit principalement, par des personnes sans domicile fixe. Certains habitants sont surtout demandeurs de la bonne réaction à avoir pour le bien des personnes qui dorment en bas de chez eux ; d’autres sont clairement excédés par différentes conséquences directes ou indirectes de cette présence : parfois, les personnes quittent le hall en laissant des affaires, ont uriné, etc. En outre, certaines personnes ont peur ou sont mal à l’aise par rapport à cette présence.

Le milieu de rue est un milieu rude. Dormir en rue, en ville, c’est dormir en grande insécurité (peur de se faire voler ses affaires, d’être agressé), dans de très mauvaises conditions physiques et sanitaires. Les SDF qui dorment en rue vont chercher, assez logiquement, les endroits qui, par leur retrait, leur éclairage, la protection vis-à-vis des intempéries, ou leur température, présentent de meilleures conditions au sommeil, toute proportion gardée, que la rue elle-même.

Nous avons déjà eu l’occasion de parler des solutions d’hébergement, du travail effectué par les services d’urgence sociale, par le relais social du Pays de Liège. Il s’agit d’un travail complexe, de longue haleine, éprouvant, avec des moyens limités, et Ecolo salue le courage des travailleurs.

Aujourd’hui, parlons de l’autre côté de la barrière : nous sommes dans une ville confrontée à l’exclusion sociale, rien n’indique que ça va se résoudre dans les prochaines années et les gens doivent vivre ensemble.

Dès lors, à la fois pour rendre les Liégeois acteurs du vivre ensemble, et pour éviter des esclandres ou pire, Ecolo aimerait la création d’un numéro vert qui permettrait aux habitants de signaler une situation problématique. L’objectif de ce numéro serait triple : donner des informations aux services sociaux, permettre une conciliation, une discussion entre les habitants et les occupants, voire, en cas de dégradation, un service de nettoyage pris en charge par la Ville. Cette manière de travailler demande des moyens, demande du temps par rapport à l’appel à la police qui règle parfois le problème de manière expéditive. Elle nous semble plus pacifique, plus adaptée aux besoins aussi bien des habitants qui sont parfois démunis par rapport à l’attitude à adopter, que des personnes à la rue.

Dès lors, mes questions sont les suivantes :

  • Avez-vous engagé des pistes de réflexion sur cette problématique de l’occupation des entrées d’immeuble ? Si oui, quelles sont-elles ?
  • Quelle est votre position sur la création de ce numéro vert ?

Merci pour votre réponse que j’attends avec le plus vif intérêt.

Réponse de Caroline Saal au bourgmestre et à la présidente du CPAS : 


Merci pour votre réponse. Je voudrais évidemment rappeler que le logement est l’objectif premier. Des résultats fort encourageants du housing first mais aussi d’autres programmes qui conditionnent peu l’accès au logement sont à suivre et ces projets sont à amplifier : eux seuls permettent des solutions sur le long terme.

Néanmoins, nous partageons la possibilité d’une réponse rapide à des situations concrètes, au jour le jour. Vos réponses sur un nouveau cadastre des besoins en travail social et votre volonté de renforcer le maillage des politiques sociales sont des signaux positifs. Je connais bien entendu le numéro de l’urgence sociale mais je connais les limites du service et je pense aussi qu’il n’est pas connu de tous les Liégeois.
Je propose donc de communiquer avec plus d’ampleur ce numéro, par exemple à l’approche de l’hiver.

Il nous semble plus pertinent que les citoyens puissent directement faire appel à des travailleurs de rue plutôt qu’à la police. Non seulement la démarche de contacter les services sociaux montre une autre perception des personnes à la rue, et c’est un vrai enjeu dans nos sociétés de redonner une place aux personnes marginalisées. Appeler les services sociaux plutôt que la police, c’est déjà une étape. en outre, la dynamique d’intervention est différente et plus pacifique des deux côtés.

Quand je propose un soutien au nettoyage, bien entendu, ce ne sont pas les travailleurs sociaux qui feraient le nettoyage. Je pense à une bonne collaboration avec les services de la ville concernés ; c’est notamment important parce que, quand il y a des déchets biomédicaux liés à des usages de drogue par injection, il ne faut pas les ramasser ou les jeter n’importe comment, dans la première poubelle venue.

Le seul bémol que je vois à cette proposition, c’est le manque de moyens. J’espère que la prise en compte du cadastre dont vous faites part sera l’occasion de dégager plus de moyens et pas de faire plus avec moins. Le débat commun de la Ville et du CPAS de décembre était une occasion d’en débattre, je regrette qu’on n’ait pas eu réponse à nos questions mais nous soutenons toute initiative visant à aider les travailleurs sociaux et à lutter contre la précarité à Liège.

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