Introduire la pleine conscience dans les salles de cours de l’enseignement liégeois secondaire?

Bruno Pérard, directeur d’un collège, dans le Pas-de-Calais  constate « Les élèves sont de plus en plus agités en classe, ont de plus en plus de difficultés à maintenir leur attention, et sont de moins en moins motivés.

Par ailleurs, de nombreuses infractions  au règlement scolaire  sont générées par le stress, le coté turbulent ou difficile de certains élèves.

Pour faire face à ce problème grandissant, dans certaines écoles françaises, américaines et même de la Communauté française, des écoles ont  réfléchi à de nouvelles pratiques pédagogiques et mis en place des séances de méditation

Certaines  ont également mis  en place avec succès des lieux de méditation comme solution alternative à une punition traditionnelle  d’heure de colle par exemple. 

Concrètement,  Il s’agit durant un temps très bref en début de cours, d’effectuer quelques exercices simples. Se concentrer sur sa respiration, se mettre à l’écoute des sons, des sensations de son corps, et observer ses pensées. Si l’on pratique régulièrement, on note des effets positifs sur chaque élève, de manière individuelle, mais aussi sur les enseignants, ce qui entraîne, de fait, des effets collectifs sur l’ambiance générale de la classe.

À Liege,  depuis 2 ans,  l’inspection du fondamental propose plusieurs modules de  formation aux instituteurs axée sur la pleine conscience adaptée aux enfants (formation obligatoire et CECP). 

Plusieurs écoles du fondamental travaillent cette thématique : Waroux, Belleflamme , Sart Tilman, Agimont  et Laveu. Xhovémont a quant à elle, a un projet appelé «  l’école qui bouge » axé sur le mouvement et le retour au calme.

Au niveau secondaire, il n’y a ni projet, ni d’espace dédié. En outre, L’échevin privilégie les professeurs de morale comme interlocuteur pour cette pratique.

S’il faut souligner la dynamique insufflée au niveau fondamental, je pense qu’on devrait tenter une expérience dans le secondaire.  En effet, les chiffres relatifs au redoublement sont élevés : « Parmi les élèves inscrits en troisième générale en 2012-2013, 17 % échouent et doivent recommencer leur année, soit 5 606 élèves ».  « En troisième année de la forme technique ou artistique de qualification (3TQ), le taux de redoublement généré s’élève à 21 %. »[1]

Par ailleurs, les pratiques de prévention de la violence qui conduisent  aux exclusions temporaires ne prévoient pas de méthode du type  pleine conscience[2]. Elles font appel à des intervenants extérieurs nécessaires bien entendu mais ils sont appelés pour gérer une situation, pas pour la prévenir…

Afin de soutenir les enseignants et les projets pédagogiques, j’ai proposé au conseil communal de décembre 2016 de lancer  un appel à intérêt dans les écoles  en proposant de financer l’aménagement de quelques espaces dédiés à la méditation et de  financer quelques formations à destination de profs volontaires d’intégrer la pratique dans leur pédagogie en 2017, de manière à prévoir un budget pour l’année 2018.

L’échevin de l’enseignement a répondu favorablement à mon interpellation. Je  suivrai avec attention ce dossier et veillerai à ce que cette initiative voit le jour.

 

Bénédicte Heindrichs, conseillère communale



[1] P34, Indicateurs 2015. Communauté française http://www.enseignement.be/index.php?page=26998

 

[2] P 5, http://www.enseignement.be/hosting/circulaires/upload/docs/2073_20070524160011.pdf

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