Extension du Projet Individualisé d’Intégration Sociale

Monsieur le Bourgmestre,

Le 1er novembre est entré en vigueur l’extension du PIIS (Projet individualisé d’intégration sociale) à tout nouveau bénéficiaire d’un revenu d’intégration, sans limite d’âge ni de groupe cible. Le ministre Borsus insisté particulièrement sur la mise en place d’un service communautaire, destiné à intégrer, prétend-il, les allocataires sociaux et surtout les responsabiliser.

 

Pour Ecolo, ce service communautaire est une aberration. Cette mesure risque de se transformer en argument d’exclusion de certains publics, particulièrement les plus vulnérables. Le SPP Intégration Sociale avait commandé une étude sur les pratiques actuelles des centres en matière de PIIS et sur l’impact d’une éventuelle généralisation de ce dispositif à tous les bénéficiaires du RIS. Ses auteurs Abraham Franssen  (Université Saint-Louis) et Kristel Driessens  (Karel de Grote Hogeschool) ont estimé que cette généralisation était risquée. Ils recommandaient également de decoupler une extension éventuelle du PIIS de l’octroi ou du maintien du revenu d’intégration et de la possibilité de sanctions financières qui seraient « éthiquement peu défendables et contre-productives ».

 

Par ailleurs, dans une ville comme Liège,  avec un taux de chômeurs élevé, qui oserait décider de favoriser du travail non rémunéré? Se rend-on compte du cercle vicié uw de l’élargissement de ce type de mesure? Pense-t-on qu’on va aider l’ensemble des Liegeois en favorisant un prétendu service à la communauté, qui a surtout l’avantage d’être gratuit alors que tout travail mérite salaire?

 

Monsieur Borsus déclaré cependant: « Une marge d’appréciation limitée sera laissée aux CPAS qui peuvent constater, par décision motivée, l’impossibilité ou le caractère inopportun de conclure un PIIS pour des raisons specifiques ». Le président du CPAS de Forest a déjà fait savoir qu’il n’appliquerait  pas l’extension du PIIS: il dénonce le manque de prise en compte de l’expertise en travail social et la non-prise en compte des besoins élémentaires des plus pauvres. La présidente du CPAS ne s’est pas encore prononcée en Conseil de l’Action Sociale. Monsieur le Bourgmestre, Madame la Présidente, Ecolo vous le dit clairement: n’appliquez pas cette mesure!

 

Ma question est la suivante: le CPAS de Liège compte-t-il appliquer cette nouvelle mesure? De quelle manière ? Le coût de cette mesure a-t-il été estimé ?

 

Je vous remercie pour vos réponses.

 

Caroline Saal, conseillère communale.

Avec le soutien d’André Verjans et de Christine Telekom,  conseillers de l’Action Sociale.

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