Convention Ville/Maison des Etudiants Liégeois

M. le Bourgmestre,

 

Ce soir il nous appartient de valider une convention liant la Ville de Liège et l’asbl Maison des Etudiants Liégeois. Permettez-moi de vous dire que j’en suis à la fois heureux et fier.

Heureux car je constate qu’un long combat est en passe de prendre fin et que s’il aboutit c’est parce que chacun des interlocuteurs a su faire preuve d’empathie, identifier le besoins légitimes de l’autre et les faire siens, dans une certaine mesure.

Fier enfin parce que deux cénacles qui me sont chers et où je suis ou ai été partie prenante ont su trouver un terrain d’entente, en surmontant des divergences de style parfois assez rocambolesques.

 

Revenons-en brièvement au bien fondé de cette convention : il y a 40.000 étudiants, bon an mal an, à Liège. Liègeois de toujours ou fraichement arrivés, la très grande majorité resteront leur vie durant, qu’ils restent ou repartent sous d’autres cieux, des liégeois de cœur. A ce titre, la vie étudiante – parenthèse enchantée – leur offre une formation durable, mais aussi des amitiés et des souvenirs pour la vie ; dans 20 ans leurs enfants fréquenteront Liège… Leur offrir la possibilité d’une infrastructure durable est à la fois juste et sain pour un pouvoir public ; il ne s’agit pas de les prendre par la main comme on le ferait avec des enfants, mais de leur tendre et de leur serrer la pogne entre adultes. « Tu as voulu un vélo mon grand ? Tu pédales… ».

Les étudiants liégeois ont prouvé savoir gérer dans des conditions déplorables : à eux de faire mieux encore, et certainement concernant la vie folklorique, avec un site comme point d’accroche, qui réduira leurs tracas.

 

Il y a dix-huit ans je commençais mes études et quelque chose me passait largement au-dessus de la tête : les contraintes locales, les nuisances, la sécurité des évènements. Aujourd’hui mes enfants sont plus proches des études supérieures que je ne le suis des miennes, et comme parent autant que comme élu je suis gré à la Ville de saisir ses responsabilités en la matière. On entend bien ici et là qu’il y a tant d’autres sites disponibles. C’est possible. Mais en plus de 15 ans de recherches celui-ci est le seul qui advint véritablement, et je pense le meilleur possible.
Sart-Tilman, Angleur, Renory, Longdoz, Fayembois, St Léonard, Sclessin, Val Benoît… tous ces sites ont été testés ou envisagés. Aux étudiants se sont joints la Ville, la SPI, ont été examinés les friches industrielles, mais rien y fit et la guindaille se fit sous chapiteau de 2000 à 2015.

A Liège, tous les sites accessibles sont bordés par des voies rapides, ou des voies d’eaux, ou des voies de chemin de fer, ou par d’autres obstacles dangereux, c’est un fait. Je fais partie des quelques « anciens » de confiance qui ont été réveillés au petit matin par de jeunes responsables folkloriques, en pleine détresse et remplis de chagrin, parce qu’un évènement tragique venait de se produire. Je ne souhaite cela à personne, et je pense ce soir aux familles concernées.

 

Comme responsable politique local je suis fier que Liège fasse quelque chose pour ses étudiants, et je pense que cela amènera à la fois plus de sécurité et plus de folklore. La guindaille évolue et elle évoluera encore mieux sans les avanies de l’éternel provisoire.

M. le Bourgmestre lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois c’était en 2002, ici à ma droite dans votre bureau, j’étais alors Président de l’AGEL. Ce jour-là, dans une promesse ferme quoiqu’encore un peu évasive, vous m’avez promis une salle pour les étudiants. J’ai envie de vous dire ce soir « promesse tenue ». Les anciens responsables étudiants aujourd’hui conseillers (nous faisons chorus ce soir, et il manque le Dr Devos) ont mis un point d’honneur, je pense, à œuvrer à ceci dans un esprit non-partisan et collaboratif, preuve s’il en est que la politique peut contribuer aussi à des rapprochements improbables si le jeu en vaut la chandelle. Saluons aussi la décision du collectif occupant des lieux de quitter le site de son plein gré : j’espère pour le futur des contacts entre eux et les étudiants, et pourquoi pas des collaborations ?

 

Si je devais terminer ceci par un souhait, c’est que j’espère de la part de l’Université, déjà depuis longtemps « à la cause » aux côtés des étudiants, mais surtout des hautes écoles de la Province de Liège, de la Ville ou d’autres réseaux dont évidemment Helmo, semblable bienveillance à l’égard du folklore et un soutien pratique concernant cette salle qu’il faudra désormais faire vivre, pour qu’y batte le cœur étudiant de la Cité Ardente. La Ville se mouille, puissent les écoles en faire autant !

 

Quentin le Bussy, pour le groupe Ecolo

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