Derrière mille anecdotes – un vrai problème global de disfonctionnement

Monsieur le Bourgmestre,

Organiser la rentrée scolaire n’est bien évidemment pas chose aisée ; il n’est pas anormal devant la complexité de ce qu’il faut gérer au global, de devoir personnellement  attendre avant de voir sa situation clarifiée, les heures attribuées etc…

Cependant, cette année 2016 bat tous les records, bien au-delà de ce qui est supportable… D’habitude, les désignations de professeurs tombent le 5 ou 6 septembre.  Pour rappel, les désignations conditionnent l’école, le nombre d’heure ainsi que le cours attribué à un professeur.    Cette année les désignations dans le secondaire liégeois sont intervenues le 12 septembre ! Certaines écoles attendent toujours des profs le 20 septembre.  3 semaines de perdues – et que d’angoisses aussi pour les enseignants dans l’attente !  L’on m’a fait des dizaines de récits d’écoles de commerce sans professeur de vente, d’enseignants désespérant de jamais savoir où ils doivent se rendre, que je commence à soupçonner derrière ces multiples  incidents un véritable, grave et lourd problème d’organisation. Celle-ci n’est plus supportable, à plusieurs niveaux.

Je voudrais d’abord signaler deux problèmes liés à la qualité de notre enseignement dans ces conditions.

  • Un problème de performance de l’enseignant : Comment, alors que les programmes ont changé, un prof qui apprend le 12 septembre qu’il donne géo au lieu d’histoire est-il en capacité de préparer un cours de qualité ?
  • Un problème de performance de l’élève : A-t-on conscience que certains élèves attendent mi-octobre pour voir la tête d’un prof ?

Derrière ces deux soucis majeurs, se cachent des ensembles de problèmes multiples. Une fois affectés par exemple, de nombreux profs sont contraints d’enseigner dans plusieurs écoles différentes par jour. Une à deux écoles, c’est gérable. Au-delà, bonjour les dégâts :

  • Comment assurer les conseils de classes, les réunions de parents etc… quand les réunions tombent en même temps dans 3 lieux différents ?
  • Comment justifier d’une affectation des ressources humaines rationnelle et respectueuse des travailleurs quand on envoie des profs dans 3 endroits différents sur une journée ?
  • Comment garantir une mobilité apaisée en ville quand  on fait peser sur  l’organisation personnelle et familiale du travailleur, la gestion de la mobilité entre 3 lieux de travail sur une journée avec pour tout avantage un ticket de bus dans une ville immobilisée ?

 

En clair, de la somme d’anecdotes que j’ai déjà pu collecter  les années précédentes, on constate cette année un disfonctionnement global qui met en péril la qualité de l’enseignement secondaire liégeois et le bien-être au travail des enseignants. Des lors, monsieur le Bourgmestre, quelle est la stratégie de l’échevin de l’enseignement à l’égard de l’enseignement secondaire ? Quelle est la stratégie du collège face à l’organisation du travail de ces travailleurs qui dépendent du pouvoir communal ?  

Je vous remercie pour votre réponse

 

Bénédicte Heindrichs, conseillère communale

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