Présence des militaires dans les rues de Liège

 

Monsieur le Bourgmestre,

 

 

La présence des militaires dans nos rues s’éternise et engendre des ressentis très diversifiés : là où elle produit chez certains un sentiment de sécurité, elle provoque chez d’autres l’installation d’un climat de stress, voire de peur permanente.

 

Si la situation se banalise pour certains, elle interroge par contre de plus en plus d’autres concitoyens. Outre cette banalisation interpellante de la militarisation de notre environnement quotidien, de nombreuses questions se posent quant à la légalité de cette présence (au regard de la loi de 1998, en particulier son article 48), mais aussi concernant son efficacité et son coût.

 

Selon le responsable de la CGSP Défense, Patrick Descy, la présence des militaires dans nos rues est « purement symbolique, et la loi ne leur permet aucune possibilité d’intervenir ».

Un spécialiste en questions de défense, le professeur Joseph Henrotin, déclare dans Le Soir du 10 mai que la présence de l’armée dans les rues est « de l’affichage politique pour répondre aux incertitudes de la population. On est dans une logique inefficace à court terme, or en vérité nous sommes dans une menace d’une temporalité  de 20 à 30 ans ».

 

Le même J. Henrotin explique que tant l’armement (lourd, voir encombrant), mais aussi  la formation des militaires ne sont pas du tout adaptés à une intervention efficace dans des lieux très fréquentés (galeries commerciales, gares..)

 

 

Monsieur le Bourgmestre,

 

  • Comment comptez-vous assurer dans la durée la sécurité des Liégeois ?
  • Disposez-vous d’un bilan objectivable de l’action de l’armée dans notre espace public ?
  • Si la présence des militaires dans nos rues ne coûte pas directement  aux Communes, elle a néanmoins un coût financier élevé pour l’Etat (environ 1 million d’euros par mois!!), donc le contribuable, donc aussi les Liégeois. L’efficacité du dispositif en place vous semble-t-il justifier durablement ce coût ?
  • Pouvez-vous par ailleurs chiffrer les coûts « collatéraux » qui restent à charge de la Ville : logistique, coordination et encadrement du déploiement…)
  • D’autres « coûts » (effets psychologiques négatifs, témoignages inquiétants concernant la multiplication de contrôles sur base du faciès, effets sur le tourisme…) méritent une évaluation. Une telle évaluation est-elle en cours et pouvez-vous nous en faire état ?
  • Enfin, comment évaluez-vous les effets idéologiques de la banalisation progressive de la militarisation de l’espace public dans l’esprit de l’opinion publique ? 

    Je vous remercie de vos réponses !

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