«Une vraie démocratie exige une vraie solidarité» : on n’y est pas !

L’absence d’informations claires sur la présidence, un signe de désintérêt social ?

Comment faire un vrai débat sur le futur de notre institution et sur ses lignes politiques si on ne sait pas qui sera le commandant du navire ? Ne nous trompons pas : il ne s’agit pas de faire un débat de personne, ni de survaloriser la personnification d’une institution. Ecolo n’a pas de poulain préféré dans les écuries PS – il faut bien avouer que cette lente transition présidentielle ressemble à ça. Les popotes internes du Parti Socialiste, on s’en moque, les bénéficiaires aussi.

Depuis début de la législature, nous savions que Mr Emonts allait partir à mi-mandat. Pourquoi n’avons-nous toujours aucune nouvelle officielle sur sa succession ? Cette absence de préparation – soyons clairs : c’est à ça que ça ressemble – et de débat est un indice de désintérêt de la question sociale qui inquiète Ecolo.

Aujourd’hui, nous sommes en conseil commun, conseilleurs communaux et conseillers de l’Action Sociale, c’est une occasion rêvée d’avoir une discussion sur la politique sociale de Liège, on n’a pas vraiment l’occasion de pousser le débat, on va expédier une formalité administrative.

 

Liège est dans une situation d’urgence sociale, auquel le CPAS doit faire face sur le long terme et pas avec des sparadraps et des rustines

Madame Mahy (présidente ff du CPAS) a cité bon nombre de cas de difficultés sociales et a illustré ça de manière très parlante, montrant par là aussi le rôle crucial du CPAS. C’est quand même 800 dossiers de Revenus d’intégration en plus suite aux exclusions chômage à Liège en l’année 2015, c’est une estimation de 500 nouveaux dossiers en 2016. Sur les exclus du chômage, 10 % ont trouvé un emploi, et 53 % ont disparu de la circulation (à l’échelle nationale).

Le fait que 53% ne se manifestent pas ne signifie pas qu’elles ne rencontrent pas de problèmes de pauvreté, d’accès au soin de santé. Si elles n’ont pas le revenu d’intégration, elles peuvent avoir accès à d’autres aides, même s’il n’est pas sûr qu’elles sont au courant. Ça aura un coût qui apparaît moins directement que les RI.

Mon collègue André Verjans préside la Commission locale de l’Énergie : il ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur la surcharge du personnel et sur l’aggravation future des problèmes d’accès à l’énergie. Pour l’hiver 2015-2016, on observe une augmentation de 40% des demandes de secours hivernal.

Mr le Bourgmestre et Mme Mahy ont évoqué le service Sada : il est amaigri plutôt que renforcé, alors que les dossiers de réfugiés augmentent.

Les CPAS ne vont pas connaître un futur facile, on ne va pas se le cacher : entre la multiplication des missions qu’on leur demande, la multiplication des dossiers et les projets anti-sociaux de la majorité fédérale actuelle. Le pouvoir local n’a pas de responsabilité pour ces exclusions et Ecolo continue à dénoncer ces mesures antisociales, et à défaut de leur abandon a demandé aux autres niveaux de pouvoir un financement complémentaire des CPAS.

Néanmoins au niveau local : Comment se positionne sur le long terme le CPAS et la Ville face à ces changements et à ces défis ?

 

Venons-en au Budget. « Un geste politique fort » dit le bourgmestre. Vraiment ?

Chaque année, Ecolo demande une révision à la hausse de cette enveloppe pour faire face à la surchage de travail social à effectuer, et à la dégradation conséquente de la qualité des services, comme des conditions de travail. Mon collègue Guy Krettels a eu l’occasion d’interpeler le conseil sur la lettre de détresse de l’Antenne jeunes, où celle-ci annonce qu’elle ne sait plus assurer ses missions.

On ne peut pas parler d’augmentation de la dotation Ville-CPAS (24,5M à 25M) quand on compare au nombre de dossiers supplémentaires en 2015. Si c’est un geste politique, il a tendance à accréditer à ce que je disais il y a quelques minutes : la Ville ne se rend pas compte que son curseur est loin en dessous de la réalité.

On ne rattrape pas non plus la diminution de cette dotation entamée précédemment. Madame Mohammed (représentante MR pour le CPAS) l’a dit : la dotation de la ville est une part du budget CPAS en diminution.

Vous nous avez assuré en commission budget d’un suivi régulier et d’analyse au cas par cas des besoins complémentaires en transfert de personnel. L’année passée, vous nous avez promis le détachement de 22 agents de la Ville vers Tempor ; en bout de course, on en a vu 9 ! Mr le bourgmestre nous annonce que pour l’année 2016, il faut encore quantifier. Or si on estimait que pour 1000 dossiers en plus il fallait 22 agents ; pour 500, je déduis qu’il en faut 11. Quels calculs compliqués fait-on ? Ça n’est pas vraiment rassurant : reviendra-t-on fin 2016 en disant qu’on n’a pas trouvé de personnel à nouveau ?

On remarque bien sûr des synergies visant à dégager des moyens financiers mais, comme vous l’expliqueraient mieux que moi, mes collègues Christine Relekom et André Verjans, à côté de la question des finances supplémentaires, il y a celle de l’adaptation à l’évolution des problèmes de pauvreté. Est-ce qu’on cantonne les assistants sociaux à un travail de plus en plus administratif ou est-ce qu’on dégage du temps pour plus de travail social ?

On demande aux travailleurs sociaux de plus en plus de jouer le rôle d’aidant et de contrôleur. Où se situe le respect du secret professionnel ? En démocratie, on ne peut pas être juge et partie. Ça met d’ailleurs à mal la confiance entre le travailleur et le bénéficiaire. Quand en parle-t-on ?

Quelques mots sur le transfert des services du maintien à domicile ISOSL enfin : On transfère l’ensemble du service de maintien à domicile vers ISOSL. La qualité du service s’en ressentira-t-elle ? Nous serons attentifs à ce que ce transfert ne signifie en aucun cas dégradation du service, et éviter une externalisation qui boitille, comme le cas actuel de Rescolie.

Je me dois également d’être le relais des travailleurs. Les conseillers à l’action sociale et les conseillers communaux ont été assurés du droit à l’ancienneté des travailleurs, or apparemment, des retours que nous avons du terrain, il règne une inquiétude au sein du personnel concerné par le transfert. C’est à prendre en main !

J’en conclus. La gestion actuelle n’est pas rassurante, et manque cruellement de vision sociale à long terme.

Est-ce que la Ville doit résoudre tous les problèmes du CPAS ? Non

Est-ce qu’elle doit faire du CPAS une priorité budgétaire ? Puisqu’une vraie démocratie exige une vraie solidarité, Oui

 

Caroline Saal, conseillère communale

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