Colocation à Liège

Monsieur le Bourgmestre,

J’ai été interpellée à plusieurs reprises sur les règles concernant la colocation à Liège, car il semble régner un certain flou entre les personnes qui obtiennent un statut d’isolé ou de cohabitant en colocation. En outre, certains colocataires sont très choqués de se voir pénalisés alors qu’ils ne sont pas en ménage et que donc, ils restent bien dans les faits isolés, hormis pour le paiement du loyer.

Les loyers et les prix de vente élevés des biens dans certaines villes belges entraînent de plus en plus de personnes à trouver des manières alternatives de se loger. La colocation, à savoir louer à plusieurs un même espace où l’on partage des communs comme la cuisine, la salle de bains, est une réponse collective, qui permet à des couples, à des familles mais aussi à des amis ou à des groupes de personnes, d’être solidaires et de partager des besoins.

C’est un phénomène qui se développe, en particulier parmi les jeunes, étudiants ou travailleurs, mais pas seulement ! À Liège, dont on connaît les problèmes de pauvreté, on doit s’en réjouir : le seul fait de ne pas être isolé, de vivre ensemble est un facteur de réintégration sociale. Le réseau d’une personne joue un rôle fondamental de soutien quand elle rencontre des problèmes. Or aujourd’hui, les colocataires sont des personnes pénalisées : la colocation prive d’une série de droits sociaux, dont le statut isolé pour les personnes qui émargent au chômage ou au CPAS, entraînant une réduction des allocations.

Vous allez me répondre que l’individualisation des droits, pour lequel mon parti milite depuis de nombreuses années et qui fait désormais partie des priorités du PS, doit s’obtenir au niveau de l’Etat fédéral. En effet, c’est d’abord la loi qui n’est pas adaptée aux nouvelles formes de logement.

Néanmoins, les autorités locales jouent un rôle, puisque c’est la police qui fait les vérifications de domiciliation et déclare la personne isolée ou non. Les travailleurs sociaux qui visitent les bénéficiaires du CPAS déclarent également le statut de la personne. Or il semble régner le plus grand flou sur l’attribution à Liège du statut isolé : certains colocataires l’obtiennent sous le prétexte que l’habitat est « assez grand » (un étage par personne), d’autres non ; et il arrive de soupçonner de fraude deux frères qui louent deux appartement dans le même immeuble, ils le font évidemment parce qu’ils ont envie de vivre ensemble mais aussi de conserver leurs allocations. Ils respectent les règles mais, du coup, on hésite à leur attribuer le statut. Voici deux exemples parmi d’autres. Alors est-ce décidé selon la bonne humeur de l’agent, son sens de la solidarité, ou selon le fait qu’il s’inquiète des finances de l’Onem ou du CPAS ?

Dès lors,

  • Pouvez-vous me dire quelle est votre position en tant que chef de police sur les consignes de domiciliation donnée aux policiers ?
  • Quels sont les critères clairs d’une colocation à Liège et si elle est toujours considérée

 

Merci d’avance pour vos réponses.

 

Caroline Saal, conseillère communale

Site de la locale ECOLE de Liège. Follow us Facebook Twiter RSS