Rapport 2015 du centre Myria sur la traite et le trafic des êtres humains : le phénomène des loverboys

Le Centre fédéral des migrations Myria a sorti récemment son rapport 2015 sur la traite et le trafic des êtres humains. Ce rapport souligne un problème généralement sous-estimé : celui des loverboys. Il s’agit d’hommes qui recrutent par la séduction puis par la dépendance relationnelle de jeunes filles belges sur les réseaux sociaux et dans les endroits fréquentés par les jeunes filles (cafés, institutions pour jeunes, etc.) pour les amener progressivement à l’exploitation sexuelle. Ces recrutements ont souvent lieu à l’étranger, mais également en Belgique et dans ce cas, concerne dans la majorité des cas des jeunes filles belges, et quelques jeunes filles en séjour légal ou illégal.

 

Selon le rapport, ces filles sont mineures ou très jeunes, fort isolées et souffrant d’une piètre estime d’elle-même. Le rapport précise que leurs origines socio-économiques sont très diverses : ces victimes sont des adolescentes en détresse ou de jeunes femmes fragiles. Les auteurs profitent de cette fragilité pour approcher, séduire les victimes, leur offrir des cadeaux, déclarer leur amour, etc. et une fois la relation établie, les isolent de leur famille et de leurs amis, les poussent selon des stratégies multiples, dont la consommation de drogues, à se prostituer ou à accepter toutes sortes de pratiques dégradantes.

 

Liège fait partie des villes qui rencontrent ce problème, comme le mentionne ce rapport. La Ville n’a pas beaucoup de prises, en tant que pouvoir local, sur ce phénomène. Cependant, une recommandation du centre Myria nous semble devoir retenir toute notre attention. Le groupe-cible de ces loverboys n’est pas encore vraiment considéré comme un groupe vulnérable. Ça peut entraîner des situations où les jeunes filles ne savent pas vers qui se tourner, et la police ou les travailleurs sociaux ne les perçoivent pas comme victimes de traites mais comme des jeunes filles à problème.

 

Il me semble qu’un pouvoir local reconnaisse un phénomène sur son territoire, y sensibilise sa population, et mette en place un discours préventif à certains endroits est une première étape importante. Ainsi, l’échevinat de la jeunesse pourrait distribuer une brochure comme celle publiée aux Pays-Bas, Beware of the loverboys, à destination des écoles (professeurs compris), des institutions de jeunesse, de l’Antenne Jeunes du CPAS, et … dans le Carré, où la fin tardive des fêtes étudiantes est un moment critique.

 

Mes questions sont donc les suivantes :

 

  • La Ville a-t-elle pris connaissance de ce rapport, et de ce phénomène ?
  • Existe-t-il déjà des moyens de prévention et de formation des agents de terrain (police, CPAS, enseignants, etc.) sur ces questions ?
  • Pourrait-on envisager de développer un travail préventif autour de ce problème de sécurité ?

Pour plus d’informations, je vous joins le lien vers le rapport mentionné :http://www.myria.be/files/Traite-rapport-2015-LR.pdf

En vous remerciant pour l’attention que vous porterez à cette interpellation

 

Caroline Saal, conseillère communale

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