Suppression de la Commission Consultative : quelle politique communale de la santé?

Depuis le début de cette législature, l’Echevin de la Santé a choisi de ne plus réunir la Commission Communale Consultative de la Santé mise en place par son prédécesseur en 2008. L’Echevin avance comme principale raison de cette suppression le nombre sans cesse diminuant de participants (une dizaine de présences sur 59 invités aux dernières réunions en 2012)!

Cet enterrement sans trompette ni tambour nous interpelle fortement: d’abord parce qu’on assiste à l’abandon sans préavis d’un organe participatif, et ensuite parce que cette décision soulève la question fondamentale de ce que ce Collège entend par Politique de la Santé.

En effet, avec une équipe de 6 personnes et un budget de 62.000 Euros, les activités organisées par Mr. l’Echevin (cycle de conférences avec le CHU, quelques dépliants ‘prévention santé’, action « école qui bouge », acquisition et formation à l’utilisation de défibrilateurs,…) semblent être davantage le résultat modeste d’opportunités, de relations et de dadas de l’Echevin que d’une vraie réflexion et ambition politique.

Or, quand on sait que l’environnement social, économique et culturel détermine pour 50% l’état de santé d’une population, il apparaît comme une évidence que la santé ne peut être abordée que comme une problématique transversale qui concerne la plupart des compétences communales: logement, précarité, urbanisme, pollutions, petite enfance, cohésion sociale, sport,…

 

Dès lors, le rôle d’un Echevin de la Santé doit être selon nous:

  • de détecter les situations locales qui représentent d’importants risques de santé et de signaler ces menaces,
  • de suggérer, coordonner et garantir la mise en place de mesures afin de réduire ces facteurs néfastes à la santé
  • de poser des actes à forte dimension symbolique et impulsive (exemples: journée sans viande, ville sans pesticides, quartiers apaisés, …)
  • de penser des dispositifs  nécessaires d’accès aux soins de santé (exemples : salle de consommation pour toxicomanes, services de première ligne de proximité…

Ce rôle de moteur, l’Echevinat ne peut le jouer qu’en s’appuyant sur l’expertise et le poids d’une Commission Consultative Communale « Santé », regroupant l’ensemble des acteurs locaux de la santé, qu’ils soient  publics ou privés. Pour permettre à la CCC de jouer sa fonction de coordination d’une politique de la santé transversale,  la présence de représentants des différents échevinats concernés est également requise.

Plutôt que d’enterrer des outils participatifs malades d’un manque d’influence (le rôle de la CCC Santé se limitait pour l’essentiel à l’organisation de la Semaine de la Santé, elle-même enterrée), il convient selon nous de faire un diagnostic de leur dysfonctionnement et de leur donner les vitamines nécessaires pour retrouver la vitalité dont elles sont potentiellement porteuses !

Monsieur l’Echevin,

Avez-vous fait un diagnostic sérieux des raisons du manque d’attraction de la CCC Santé ?

Vous n’avez pas exclu de relancer sur base d’un inventaire actualisé des acteurs liégeois de la santé  la Commission consultative : Pouvez-vous ce soir confirmer cette éventualité et si oui quelles missions et quel leviers comptez-vous lui donner ?

Au-delà des activités forcément limitées que vous mettez en place avec un budget rikiki, comment envisagez-vous  d’œuvrer en faveur d’une politique transversale de la santé ambitieuse ?

 

Guy Krettels,

Conseiller communal

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