Ateliers d’Art Contemporain

Monsieur le Bourgmestre,

Monsieur l’Echevin de la Culture,

La liquidation des Ateliers d’Art Contemporain n’est pas un événement anecdotique pour Liège. C’est la fin d’une mini-école d’art, c’est la mise à mort d’un outil culturel important – je pense particulièrement à sa fonction renommée de CEC. On se demande parfois ce qu’on fait comme boulot après une école d’art. A Liège, 150 artistes free-lance, parmi lesquels de nombreux jeunes créateurs, partagent leur art, le vivent avec des milliers de stagiaires, enfants, adolescents mais aussi adultes l’année scolaire comme en été aux AAC.

Vous me répondrez que les AAC ne sont pas une asbl para-communale et qu’une instruction judiciaire est en cours. Je n’entends ni polémiquer sur les statuts de l’asbl, ni faire un débat sans intérêt pour l’échelon communal. Cependant la Ville est concernée à plus d’un titre.

Premièrement, et non des moindres, la Ville a une responsabilité dans la situation actuelle : une erreur de versement du subside 2014 de 75 000 euros sur le compté bloqué par Delta Lloyd. Ce subside devait servir à payer les salaires de janvier et les préavis. L’erreur est humaine, mais ici, c’est le plan social qu’on n’aura pas. Comment cette erreur est-elle possible ?

En outre, les AAC disposent de 71 points APE. Le transfert de ces points est possible, notamment avec des asbl communales (pas pour se les approprier et en faire autre chose). Les travailleurs sont demandeurs d’une perpétuation de leur travail. Comment vous positionnez-vous par rapport à cette demande ? Quelles asbl sont envisagées ? Pour faire quoi ? Quelles garanties de travail culturel ? Et quel sort pour les travailleurs licenciés brutalement et dépositaires d’une expertise ?

Enfin, je pense aussi plus globalement à la politique culturelle liégeoise. Nous versions ce subside aux AAC car nous étions convaincus que les buts sociaux de l’asbl étaient importants. Ce CEC, c’est à la fois un outil de qualité et une partie de l’identité liégeoise, regroupant des permanents, des stagiaires et du public prêts à continuer si les AAC ne sont pas sabordés. Sachant que les stages, donc l’activité du CEC, étaient rentables, qu’ils étaient déjà subsidiés par du public, sachant qu’il y a un intérêt social, économique et culturel à garder l’expertise comme à mutualiser l’organisation des stages plutôt quà les éparpiller, quel rôle la Ville souhaite-t-elle (ou non) endosser dans la réponse du manque à combler en terme d’activités culturelles que crée la fin des AAC ?

 

Caroline Saal, conseillère communale

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