« Vers une action sociale affaiblie au CPAS…comme à la Ville ! »

Notre lecture du budget du CPAS est bien différente de celle de son Président qui titre sa note politique «  Vers une solidarité accrue entre la Ville et le CPAS de Liège ».

 

Une solidarité qui se concrétise par une diminution de 339 000 euros soit 1,37 % du budget du CPAS ! On croit rêver, mais déjà on nous « rassure » en expliquant que cette diminution est compensée par la mise à disposition de 22 agents communaux, dont une majorité d’assistants sociaux. Ce prélèvement de personnel communal en faveur du CPAS sera évidemment fort bienvenu pour faire face à l’afflux de 1300 -ou beaucoup plus, l’avenir proche nous le dira-de chômeurs en fin de droit.

Pour l’ensemble de son action sociale (hors prise en charge de ces nouveaux exclus du chômage) le CPAS dispose donc de 337000 euros en moins de la part de la Ville. Ou est la solidarité accrue ??

 

Mais interrogeons nous plus en avant ; Ces 22 travailleurs transférés au CPAS y remplissent une mission de quelle durée ? 3 mois ? 6Mois ? Un an ? Plus ? Je n’ai pas pu obtenir de réponse à cette question. Or ces nouveaux bénéficiaires du RIS risquent en partie de rester pas mal de temps à charge du CPAS, et leur nombre augmentera inévitablement via un flux continu de nouveaux arrivants Une durée équivalente au coût payé par le CPAS, çàd 337000 euros ?

Rappelons aussi que les AS permanents du CPAS souffrent déjà d’un nombre excessif de dossiers.

Et qui prend en charge l’équipement nécessaire pour permettre à ces agents temporaires de travailler (locaux, mobilier, chauffage, ordinateurs, téléphonie, formation….) . Le coût de fonctionnement d’un agent se chiffre vite à 1000 euros ou plus par mois !!

Au delà de ces questions préoccupantes, nous ne pouvons que rappeler la responsabilité écrasante des 2 partis qui constituent le Collège dans la mise en place de cette loi scandaleuse, y compris des membres du Collège qui ont refusé soutenir la motion de résistance à ce dispositif présentée et votée ici même au Conseil par Ecolo, Ptb et Vega !

 

Autre question laissé pudiquement dans l’ombre : de quels services sont prélevés ces 22 agents communaux (pour rappel ; majoritairement assistants sociaux ? Ni l’échevin des Finances, ni celui de la Vie sociale n’ont pu me répondre à cette question… ce serait donc le seul GRH qui prend ce genre de décision, sans avoir l’avis de l’échevin compétent ? Toujours est-il que ce qu’il reste de politique sociale à la Ville se voit réduit d’autant de travailleurs et qu’il y a inévitablement une série importante de services en faveur de la cohésion sociale qui ne seront pas rendus durant le temps de cette mission .

Cette non-chalance incroyable envers l’action communale en faveur de la cohésion sociale augure-t-elle d’une volonté d’abandonner à court ou moyen terme tout ce volet de la politique communale ? Sous forme de reprise, mais avec quels moyens ? , par le CPAS ? Quelle est votre vision en la matière ??

 

Affaiblissement de l’action sociale du CPAS, comme de celle de la Ville donc… mais affaiblissement également d’associations sociales qui pourtant aux dires de tout le monde rendent des services « indispensables » à la dignité humaine (expl La Fontaine, et tant d’autres)

 

Bref les travailleurs sociaux et surtout les allocataires sociaux liégeois doivent se préparer à trinquer !

 

Je voudrais-pour ne pas être trop long terminer sur une réelle préoccupation en termes de déontologie et de démocratie :

Mr le Bourgmestre nous a entretenu pas plus tard qu’en octobre des travaux du GT Santé mentale et tranquillité publique auquel le CPAS est étroitement associé. Outre le fait que malgré ma demande répétée nous n’avons pas reçu les fameuses fiches-action visant à mettre en oeuvre un plan d’action par rapport à quelques dizaines de personnes considérées comme « problématiques » et surtout en grande souffrance, je m’inquiète vivement de la mise sur pied d’un « groupe technique » regroupant entre autres des professionnels du Social de la Police et de la Justice « pour évoquer des situations individuelles de personnes occasionnant une souffrance à la collectivité ». Le traitement de situations individuelles de manière systématique sous cette configuration associant travailleurs sociaux, police et justice soulève à mes yeux des questions essentielles et graves de secret professionnel ! (rappelons que la notion de secret professionnel partagé n’a pas de valeur juridique.)

Le manque flagrant de contrôle démocratique sur tous ces processus en cours n’est guère pour nous rassurer

 

Nous voterons évidemment contre ce budget qui n’est absolument pas à la hauteur des souffrances des Liégeois, qui soulève de graves questions concernant l’avenir de la politique sociale à Liège, et interpelle quant aux méthodes d’aborder le travail social.

 

Guy Krettels, Conseiller Communal

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