Intervention concernant le budget de la Police

Nous tenons tout d’abord à saluer la présence d’une note de synthèse qui accompagne le budget de la police et qui permet d’avoir en quelques pages un aperçu des données essentielles reprises dans le budget.

Il serait vraiment intéressant que la Ville s’inspire de cet exemple, offrant ainsi à tous les conseillers de disposer ainsi d’un outil permettant de visionner et comprendre dans un temps raisonnable les contraintes qui s’imposent et les options qui ont été prises.

Au nom du groupe Ecolo je souhaite émettre 4 réflexions concernant ce budget :

  1. A l’heure ou le gouvernement MR-NVA étudie une proposition de loi qui vise à privatiser une série de tâches actuellement confiées à la police, nous tenons à marquer notre opposition ferme à cette dérive dangereuse. D’autre part, nous relevons le fait que dans le budget ordinaire seuls 0,68 % des recettes proviennent du paiement de prestations. Nous souhaitons que soit creusée une piste, d’ailleurs soulevée par le Bourgmestre lui-même récemment en Commission. Cette piste consiste à augmenter les « recettes de prestation » liées aux très nombreuses heures de travail prestées par nos policiers à l’occasion du maintien de l’ordre ou de la sécurité sur la voie publique lors de certaines manifestations festives, culturelles ou sportives à caractère commercial. Les prestations nécessaires de policiers ne pourraient-elles pas, selon des critères et dans des normes et tarifs bien réfléchis et définis, faire l’objet d’une facturation ? Service public ne rime pas toujours avec gratuité. Il ne peut être question de « marchandisation du service public comme l’a dit Mr le Bourgmestre en Commission, mais plutôt de réduction voir de suppression d’un subside indirect qui, dans le cas de certains promoteurs commerciaux, ne se justifie pas nécessairement. La police facture déjà actuellement certains services (sécurisation de transport de fonds..) comme la Loi l’y autorise. Nous proposons que dans sa fonction de Député Mr le Bourgmestre vérifie la possibilité d’étendre légalement cette possibilité de recettes supplémentaires et légitimes pour la police.
  2. De la part d’une police bien équipée – et c’est bien nécessaire comme les récents incidents au Standard l’ont encore démontré – , la population attend des résultats. Ceux-ci ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais la police ne peut être tenue comme responsable d’une série de mesures (ou absence de mesures) politiques. Le deal, racolage sur la voie publique, vol…résultent aussi d’une insuffisance de politiques de prévention, d’appauvrissement de larges pans de notre population, de réglementations qui poussent les gens dans la clandestinité. La violence institutionnelle insupportable de notre société actuelle engendre maladies, colère, et parfois délinquance. La multiplication et le coût exponentiel de caméras (le coût d’une caméra égale un mi-temps de policier !) ne remplacera jamais le travail de police de proximité ou de travailleurs sociaux de terrain. (Même s’il faut sans doute quelques caméras pour la gestion de la mobilité, comme par exemple à certains carrefours stratégiques). Nous demandons un moratoire sur cet investissement débridé et du courage politique pour combattre de manière renforcée la paupérisation et de faire des avancées rapides face aux problèmes de la toxicomanie, de la prostitution et de la grande précarité. Ce déséquilibre (caméras / politiques sociales et préventives) que nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer lors de précédents Conseils suffit à lui seul à justifier notre vote négatif concernant le budget qui nous est soumis.
  3. Nous demandons une attention et sévérité accrue de la Police à l’égard de certaines incivilités qui empoisonnent la vie quotidienne des Liégeois et mettent en danger leur sécurité. Je pense en particulier aux stationnements sur les trottoirs, dépassement de vitesse,…
  4. Enfin je conclurai en attirant l’attention sur la construction du nouveau commissariat de Police à Ste Marguerite et les éventuels dégâts collatéraux : les habitants du quartier sont notamment très sensibles au maintien de la plaine de jeux inaugurée il y a quelques mois seulement et ce après des années de demande suivies de négociations et multiples reports. N’oublions pas non plus les besoins prochains de locaux supplémentaires des crèches et école adjacente. Cette construction du commissariat doit dès lors s’accompagner d’une vision d’ensemble bien réfléchie de cette partie du quartier.

 

Guy Krettels, Conseiller Communal

 

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