Budget 2014 – Intervention de Bénédicte Heindrichs, cheffe de groupe

Contexte

Il y a 6 mois, nous votions majorité contre opposition le budget 2013.  Il avait été convenu qu’en octobre, des réceptions des informations relatives au montant dû dans le cadre de l’ONSSAPL, le conseil communal ajusterait le budget.  Las, cela ne s’est pas passé ainsi.  Et l’échevin des finances présente, aujourd’hui, un budget initial 2014 tronqué puisque basé sur l’initial 2013.  On devra ainsi attendre juin 2014 pour avoir une photographie complète de la situation budgétaire.  En d’autres mots, c’est un peu comme si dans le rôle de l’agence de voyage, la majorité essayait de nous faire choisir sur catalogue une chambre d’hôtel d’un hôtel en chantier dont les photos sont prises au téléobjectif…

 

1. Un budget 2014 construit sur du sable

L’échevin des finances nous explique qu’il va falloir 2 exercices pour prendre des mesures supplémentaires et rétablir l’équilibre.  Or, rappelez-vous, si, en 2013, on avait fait les 17 millions d’efforts nécessaires, on aurait cassé, selon les termes de l’échevin, la machine.  Et il nous dit en 2014 : on va encore prendre 2 ans pour lisser l’effort ….

Cela n’est pas rassurant:

  • Si on se trouve dans la situation d’un budget pluriannuel, quelles sont les balises ?  Comment va-t-on réaliser les économies ?  Qui va morfler ?
  • Si le collège compte puiser dans l’emprunt des 450 millions pour payer ce qu’il doit à l’ONSSAPL, il faut qu’il ait l’accord du Gouvernement pour procéder de la sorte.  Or, il ne l’a pas.  A ce jour, il ne peut pas affirmer qu’il va pouvoir le faire.  Donc sachant que la tutelle a 30 jours pour se prononcer sur le budget, on nous vend du vent…
  • L’échevin des finances reporte l’effort, il ne sait pas (ou plutôt feint de ne pas savoir) encore comment il va réduire la voilure.  Il est, par ailleurs,  incapable d’expliquer comment on va rembourser des moyens financiers qu’on va dépenser plus vite que prévu et pour un autre objet.

 

2. L’évolution des masses budgétaires

En 2013, nous avons fait la démonstration que le budget prenait l’eau sur les grandes postes budgétaires : pensions, énergie,  gestion des bâtiments et que, sans changement de paradigme, de manière de gérer la ville, il coulerait.  En 2014, on constate qu’

  • On passe de prévisions budgétaire divisée par 3 en recettes et par 4 en dépenses : cela n’est pas crédible
  • On est à l’équilibre à l’ordinaire et en boni à l’extraordinaire alors qu’on a besoin de 20 millions  à l’ordinaire.  On ne peut que conclure que le collège va utiliser l’extra pour financer l’ordinaire. En d’autres termes, qu’on va utiliser la carte visa pour faire des courses alimentaires au supermarché…

 

 2.1 L’ordinaire

Comment croire que le bien être des liégeois est préservé:

  •  Quand de la technique de la râpe à fromage en 2013, on passe en 2014 à « on ne paie que ce que ce que l’on doit » : l’énergie, les salaires.  et qu’on reporte sans certitude le reste chez les autres : plan de cohésion, CPAS ,..
  • Quand on croit que en réduisant des subventions visibles telles que celles du Standard, on a pris une grande décision de gestion alors que les couts de téléphonie mobile explosent  d’année en année ?
  • Quand on croit qu’on fait de la bonne gestion en vendant 3 immeubles pour 2,5 millions à l’extra alors que les coûts de location des immeubles pour loger les agents aux Guillemins explosent et s’élèvent en 2014 à 1,5 millions ?

 

2.2 L ‘extraordinaire

A l’extraordinaire, ce n’est pas la fête :

  • On liste les projets reportés ou abandonnés,
  • Les projets tels que la piscine Jonfosse ou l’école des jeunes du RFCL, c’est du recyclé de moyens régionaux obtenus initialement pour d’autres projets,
  •  La palme, c’est pour l’enseignement : l’investissement extraordinaire de 2014 : c’est l’extension de Rescolie : 400 000 euros.  Utile sans doute mais à l’échelle des besoins, c’est bien maigre.  Et par tête d’élève, c’est risible.

Malgré les dénégations du collège, les menaces sur notre capacité d’action en tant qu’autorité publique, sont très claires.  3 exemples :

  • Pour une ville comme Liège qui abrite les populations les plus fragiles, cela veut dire que nous ne pourrons probablement pas jouer notre rôle de rempart contre l’exclusion et la pauvreté au plus fort de la crise.  Claude Emonts, le président de CPAS  est sans appel à cet égard et Guy Krettels  en fera la démonstration demain.
  • Liège doit réorganiser la mobilité de la ville dans les 4 prochaines années.  Rien dans le budget 2014 n’est investi pour réussir cet enjeu.  Pourtant la réorganisation des trajets des tec, les travaux du tram et le réaménagement des espaces publics doivent être mis en chantier
  • En termes de redéploiement, à part le subventionnement de liege au Cube et notre contribution à la conférence des bourgmestres, il n’y a pas de lame de fonds permettant de jauger de la capacité de la ville à se projeter dans la transition économique.

En conclusion, le budget qui est une déclaration d’intention politique du collège sur son action est bien maigre et mal fagotée.  Cela fait un an que l’échevin tourne autour du pot.  L’exercice est difficile, convenons-en. Mais plus on retarde la mise en place d’un plan opérationnel visant à faire coller les marges budgétaires à une ambition politique forte, tournée vers la transition de la ville, plus elle sera difficile à mettre en place et couteuse.

 

 

 

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