Création et diffusion culturelles: le chaînon manquant

 Quatre constats pour commencer :

 

  1. Nous avons assisté au cours de ces dernières années à la mise à neuf de plusieurs lieux culturels, donnant à la plupart de nos grandes institutions culturelles des infrastructures dignes de leur réputation (Théâtre de Liège, Opéra, Manège et prochainement, salle du Mnéma…). Ces réalisations sont à mettre au crédit du Collège, de même qu’une meilleure prise en considération de toute l’importance de la place de la culture dans l’identité et l’attractivité (y compris touristique et économique) de notre Ville.
  2. De nombreux artistes Liégeois ne trouvent pas à employer leur talent, leur créativité dans leur Ville, alors que chaque année nos 3 écoles artistiques supérieures diplôment de nombreux jeunes créateurs. Ainsi pour l’année 2012-2013, le Conservatoire a diplômé 18 comédiens et 90 musiciens, l’Académie des Beaux Arts 89 plasticiens, ainsi que 208 diplômés à Saint Luc. Tous ces artistes (405 au total) doivent trouver à créer et rapidement à diffuser leur travail, puisque seule cette phase de leur travail est payante. Liège dispose là d’un important réservoir de créativité laissé à l’abandon, d’un potentiel d’attractivité inutilisé.
  3. Parmi les lieux culturels actuellement existants on trouve : a) les grandes institutions culturelles qui ne peuvent (ou ne veulent peut-être pas suffisamment) employer tous ces jeunes créateurs ; b) les petits lieux alternatifs incapables -faute de place- de financer de la diffusion de projets de type professionnel ; et c) des lieux plus (trop) grands, mais tels le Manège trop peu disponibles, ou le Country Hall, le Forum trop chers…
  4. Il manque donc un lieu de création et de diffusion pluridisciplinaire, en centre ville, pouvant accueillir quelques centaines de personnes, disposant d’espace de répétition et d’ Horeca, et autogéré sans but commercial (Coopérative) avec comme objectif de créer la rencontre, la création décloisonnée, la diffusion financièrement soutenable d’événements culturels innovants et ambitieux permettant l’émergence sur le devant de la scène de ces nombreux talents gardés sous le boisseau.

 

La fermeture du Fiacre, mais également l’occupation du Théâtre de la Place ont clairement mis en évidence l’absence d’un tel lieu. En revanche, la naissance -avec le soutien de l’Echevinat- du Comptoir des Ressources Créatives, mais également des projets tels celui de la Chaufferie (incubateur d’entreprises artistiques) prouvent que les compétences et bonnes volontés pour aller de l’avant ne manquent pas dans le milieu artistique liégeois.

 

Reste à tendre la main à ces interlocuteurs, d’aider à la recherche du lieux adéquat et d’offrir l’indispensable coup de pouce au démarrage.

 

Monsieur l’Echevin : ne pensez-vous pas qu’une telle opération s’avérerait win-win, permettant aux jeunes créateurs liégeois de trouver à exercer leurs talents, ajoutant un attrait culturel supplémentaire à nos visiteurs, offrant aux Liégeois un lieu culturel alternatif et innovant, et irriguant par sa fonction de création fondamentale (comme on parle de recherche fondamentale) nos grandes institutions culturelles ? Avez-vous un projet tel celui-là dans vos cartons, et si oui quels sont les initiatives et contacts déjà en cours en vue de sa réalisation.

 Guy Krettels, conseiller communal

Texte disponible en PDF.

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