Budget 2018 : un budget de fin de règne

Alors que le Collège liégeois se targue d’un budget à l’équilibre, Ecolo dénonce un budget de fin de règne : dette colossale et improductive, caisses vidées, manque de réponses ambitieuses aux enjeux liégeois tels que la mobilité et la précarité. Cet équilibre n’en est pas un, et les Liégeois doivent le savoir ! Il démontre une gestion budgétaire risquée, un manque d’anticipation dans le chef du Collège et quelques cadeaux pré-électoraux qui ne masquent pas l’état des finances.

Une gestion risquée

La symbolique est forte : le message de la Ville est « nous avons gardé le bateau à flot », « notre budget est à l’équilibre ». L’équilibre n’est ni une vertu, ni un message politique, c’est un obligation légale. Par ailleurs, c’est un équilibre précaire atteint par des moyens compensatoires non reproductibles dans le temps (endettement, ponction des réserves, prestations non durables).

Le budget 2018 « paie » les erreurs du passé et un manque d’anticipation face à des difficultés connues :

- Prélèvements pour apurer l’exercice 2017 (27,7M + 1,8M)
- Cotisations de pensions : toujours pas d’autres réponses que l’endettement, qui gonfle vertigineusement. Là où on puisait 13 M sur fonds propres en 2012, c’est 28 M emprunté pour payer les pensions en 2018

Le fonds F.O.U.R.M.I., qui avait vocation à servir de bas de laine face à l’inflation, est dilapidé. Chaque année, le Collège prévoit une somme initiale de prélèvement, qui se révèle beaucoup plus élevée dans les faits. Ce fonds existera-t-il toujours bel et bien fin 2018 ?

A ce déséquilibre, le Collège répond par de fausses bonnes solutions :

- L’endettement

La Ville emprunte à nouveau (36M), plus qu’en 2017 (+2M) et, en grande partie pour des dépenses improductives : rembourser les pensions n’est pas un investissement. Le remboursement de la dette grève le budget. L’échevin Firket le reconnaît lui-même :
il l’a qualifiée de “charge insupportable dans des délais rapprochés”. Le constat est implacable : on reporte les charges sur les générations (pas si) futures. Après Firket, les mouches ? La dernière fois qu’on a géré Liège de la sorte, elle a mis 25 ans à s’en
remettre.

- Taxes : les curseurs sont au maximum

Le Collège se félicite de ne pas augmenter les taxes. À assiette inchangée, les recettes plafonneront lors de la prochaine législature, puisque tout ce qui pouvait être augmenté l’a été entre 2012 et 2018. La sensation est assez nette : le Collège actuel se dépêche de
manger le pain blanc, tant qu’il y en a.

- La Dotation DeCaux est dégressive

Le Collège nous dit : “la majoration des recettes de prestation de 1,9 M EUR s’explique par le nouveau marché de concession en mobilier urbain qui fut attribué en 2017.”
Ce contrat est mal foutu : Decaux paie beaucoup actuellement mais ce n’est que temporaire : 5 millions/an les 5 premières années ; 3 millions les 5 années suivantes ; 2 millions, les 5 dernières années. Lors des années difficiles, ce financement n’existera plus tandis que la pub, dont les impacts sur l’environnement et la santé ne sont plus à démontrer, sera toujours aussi présente.

- La vente du parc immobilier

Le Collège a l’habitude du cash en one-shot en vendant son parc immobilier. A nouveau, ce n’est pas une solution long-terme. Par ailleurs, depuis de nombreuses années, Ecolo réclame un inventaire de ces biens et de connaître les critères qui guident les décisions
de vente du Collège.

Un budget électoraliste

Comme le montrent des études de science politique, la courbe des dépenses suit la courbe des échéances électorales. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : nous saluons quelques nouveautés 2018. La valorisation de l’alimentation locale, la retransmission du conseil communal sur le web ou encore une politique de la nuit sont des idées que nous avions proposées en 2017. Nous sommes ravis pour les Liégeois et les Liégeoises de les retrouver au budget 2018. Par ailleurs, deux très beaux projets vélo sont proposés : Noël avant l’heure pour les cyclistes ! Mais ça ne masque pas 5 ans d’immobilisme et 67% de promesses d’aménagement non-tenues en politique cyclable entre 2012 et maintenant. Enfin, ce budget est comparable à celui de 2012 : augmentation subite des budgets de voiries sans savoir si le service Travaux sera renforcé pour la cause ; la piscine Jonfosse, inscrite pour la 12 ème fois au budget, devrait enfin sortir de terre.

Pour le futur : Liège innovante, résiliente et inclusive dans sa gestion!

Cette situation n’est pas une fatalité ! Une gestion durable de la Ville est possible. Si Liège porte des coûts qui concernent d’autres communes et si la supracommunalité faire partie de la réponse budgétaire, Ecolo voit comme instrument crucial du budget un Plan
carbone. Destiné à réduire nos gaz à effet de serre, il permet notamment, par une rénovation du bâti communal, de diminuer  drastiquement les factures énergétiques de la Ville à l’heure où les prix de l’énergie flambent. Orienter nos investissements vers le
durable, c’est bon pour le portefeuille de la Ville, pour la qualité de vie des Liégeois et pour les enjeux climatiques !

En conclusion, le budget de la Ville clôt la législature à son image “au petit bonheur, la chance” ! Face à une majorité à bout de souffle, une révolution politique, digne du XXIe siècle, est urgente pour faire réellement de Liège le nouveau mantra de Willy Demeyer
“une ville innovante, résiliente et inclusive”.

Caroline Saal, pour le groupe Ecolo

 

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