Étude d’incidence pour un méga parking à la Citadelle : mobilisons-nous contre les fausses solutions !

Guy

Nouveau rebondissement pour le quartier Sainte-Walburge et sa citadelle imprenable ! L’hôpital, après avoir rêvé d’une bretelle d’autoroute à travers les Coteaux, revient à la charge avec un projet de parking de 3 étages d’une capacité 1100 emplacements.

Jeudi dernier, la « réunion préalable à l’étude d’incidence » (sorte de séance d’information à destination des citoyens) était organisée par l’hôpital afin de présenter ce nouveau projet. Une étape obligatoire dans le processus d’obtention du permis.

Voici les points que le groupe Ecolo a retirés de cette soirée :

-       Tout d’abord, plusieurs éléments essentiels sont absents du diagnostic qui nous a été présenté, ce qui le rend peu légitime:

  • Le taux de saturation des parkings payants actuels.
  • La répartition par mode de transport des travailleurs et patients qui fréquentent la Citadelle (quel pourcentage s’y rend en voiture, transport en commun, vélo, pied, co-voiturage ?)
  • L’impact que le parking P+R en cours de construction au niveau de la sortie Vottem aura sur la mobilité dans le quartier (ce projet avait pourtant été présenté comme un moyen desservir le CHR…)
  • Le taux de remplissage des navettes qui relient le parking du Kinépolis à l’hôpital.
  • Le projet de téléphérique pour lequel le gouvernement Wallon a pourtant acté la réalisation d’une étude de faisabilité.

-       Ensuite, sur la méthode, nous avons le sentiment que les choses ont été pensées à l’envers. Petite métaphore : si vous voulez faire des économies d’énergies dans votre logement, n’importe quel expert vous dira faut commencer par isoler votre toit et remplacer vos châssis avant d’investir dans des panneaux photovoltaïques. Ici c’est pourtant l’inverse qui est en train de se passer : aucune mesure n’a été mise en place préalablement pour tenter de résoudre les problèmes de mobilité.

Nous pensons notamment à la création d’une cellule d’accompagnement des patients et du personnel dans leurs choix de mobilité, à la création de cheminements piétons et cyclistes sécurisés et accessibles à tous ou encore à la mise en place d’un plan tarifaire pour le quartier (horodateurs + cartes riverains).

Il y a à peine quelques jours, lors d’une présentation de l’actualisation du plan Communal de Mobilité, un expert avait pourtant expliqué à l’ensemble des élus qu’aujourd’hui, on ne préconise plus la création d’infrastructures lourdes mais qu’on s’oriente davantage vers la création de services pour impulser des changements de comportements, moins impactants pour l’environnement et les riverains, plus rapides à mettre en place et surtout moins onéreux. A croire que chez certains, c’est entré par une oreille et sorti par l’autre…

-       Nous soulevons également l’absence de congruence avec l’objectif exprimé de « faire du CHR un hôpital intégré dans la Ville et ouvert sur le quartier Saint-Walburge ». La création de ce parking aura pour conséquence d’amener encore plus de voitures à traverser le quartier, déjà totalement saturé. Cette décision est d’autant plus incompréhensible qu’il est établi dans le diagnostic que 50% des travailleurs vivent dans un périmètre de 10km et que la zone d’influence la plus forte au niveau des patients est située sur Ans, Herstal, Liège et Seraing. La logique voudrait que l’on renforce l’accessibilité de l’hôpital depuis ces quartiers via une meilleure offre de transport en commun. Un plus grand parking n’a jamais résorbé un embouteillage…

-       A ce stade du dossier, l’architecture et les caractéristiques du parking ne sont pas encore définies. Elles dépendront de l’acteur privé qui sera sélectionné dans le cadre du partenariat public-privé. Néanmoins, attendu que cet acteur va œuvrer dans le but de la maximisation de ses profits, il est peu probable que le parking soit enterré vu les coûts très élevés que cela représente en comparaison avec un parking en surface sur plusieurs étages. Une fois construit, c’est à ce même acteur privé qu’il reviendra de gérer le parking et de fixer les tarifs qui devront lui permettre de rentrer dans ses frais. Qu’est ce qui garantit que les usagers choisiront de payer plutôt que de se garer un peu plus loin gratuitement dans le quartier comme c’est le cas actuellement ?

-       Pour faire passer la pilule, les représentants de l’hôpital nous ont présenté les aménagements des abords du parking qu’ils projettent de réaliser : cheminement cyclo-piéton, réaménagement d’espaces verts à l’arrière de la Citadelle, plaine de jeux,… Seul hic : ces projets ne sont pas concernés par la demande de permis, leur concrétisation dépendra uniquement du bon vouloir de l’hôpital.

-       Enfin, le timing choisi n’est pas propice à encourager la participation : la réunion était organisée au moment où avait lieu la remise des prix des écoles primaires de la Ville, et le même soir que la présentation du projet Bavière.

La tenue de la réunion donne le coup d’envoi de l’étude d’incidence durant laquelle les citoyens ont 15 jours pour envoyer leurs remarques à la ville. Le délai proposé tombe donc dans la première quinzaine de juillet…

Pour conclure, voici les arguments que nous comptons faire valoir auprès de la Ville :

-       le nombre de 1100 places nécessaires ne repose pas sur une étude fiable et augmentera encore l’afflux de véhicules dans le quartier ;

-       Un dialogue devrait être initié entre différents acteurs (la Ville, le TEC, le GRACQ, le comité de quartier) et l’hôpital pour envisager des mesures de mobilité alternatives à ce projet pharaonique et déconnecté des enjeux réels ;

-       le parking, s’il devait tout de même voir le jour, doit absolument être enterré pour des questions paysagères, d’accessibilité des modes doux (en surface, il obligerait les visiteurs à faire un grand détour pour le contourner) et de sentiment de sécurité (les cheminements piétons qui longeraient ce parking seraient peu conviviaux et dotés de plusieurs angles morts ce qui incitera encore moins à s’y rendre à pied) ;

-       dans les aménagements des abords, les cheminements cyclistes et piétons doivent être séparés.

Que vous soyez à la mer ou à la montagne, envoyez votre carte postale à :

Département de l’Urbanisme,
à l’attention de M. Renaud Kinet-Poleur
La Batte 10, 4eme étage
4000 Liège

(en mentionnant les nom et adresse de la personne et les références du dossier à savoir dossier n° 4622 – Construction de parkings sur le site du CHR de la Citadelle)

OU

par mail via enquete.urbanisme@liege.be.

Pour le 14 juillet inclus.

Découvrez la présentation du projet en cliquant >>> ICI.

Sarah Schlitz

Conseillère communale

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