Budget Police : 3 pistes de réflexions pour une police efficace, là où on a vraiment besoin d’elle

Le maintien durable en alerte Ocam 3 a engendré une très importante surcharge de travail pour notre police. Plus de 6 % des effectifs (1060 ETP) sont quotidiennement « consommés » par ce travail. Le nombre d’heures supplémentaires accumulées est tel que les policiers non seulement sont au bord de l’épuisement mais, de manière compréhensible, n’en veulent tout simplement plus.

Comment faire en 2017 pour éviter le burn out de nos policiers, mais aussi pour faciliter le retour au travail de celles et ceux qui en sont victimes ?

Afin de ne pas pérenniser cette situation intenable à moyen terme, plusieurs pistes sont envisagées ou envisageables : ainsi la nouvelle convention entre les Communes associées au PAB (Peloton Anti-Banditisme) prévoit une contribution des autres Communes par mise à disposition de policiers plutôt que par un remboursement financier. Quand cette Convention entrera-t-elle en vigueur et aurons-nous l’occasion de prendre davantage connaissance de ses modalités concrètes ?  

On peut également s’interroger concernant le nombre impressionnant d’heures nécessaires à l’encadrement de certains événements : Plus de 300 policiers pour assurer l’ordre lors de la venue de l’Ajax d’Amsterdam !! Le coût de l’ensemble des prestations de la police au Standard dépasse largement le million d’euros ! Le Standard n’est pas que le club d’une Commune, d’une Ville : nous pensons qu’il est temps de faire appel ici aussi à la solidarité supra-communale voir à une forme de contribution financière du club!!

 

Des réponses sociales, plutôt que ‘policières’, aux nuisances liées à des problèmes sociaux

Les statistiques de la police nous apprennent que depuis 5 ans  les interventions de la police ont augmenté de 72% par rapport à la mendicité, et de 42 % par rapport à la toxicomanie.  Pareil en ce qui concerne  l’augmentation importante des vols « alimentaires »  à l’étalage ou dans les voitures.

Tous ces chiffres témoignent d’une détresse sociale croissante qui se concentre dans ses formes les plus extrêmes et les plus visibles dans les grandes villes. Cette réalité  appelle elle aussi  à une contribution accrue des autres Communes à l’indispensable renforcement des outils de lutte contre cette pauvreté croissante.

Nous sommes convaincus que ces situations (toxicomanie, mendicité, prostitution de rue,…) appellent des réponses sociales plutôt que policières. Ainsi plaidons-nous pour un débat concernant la révision de notre règlement communal en matière de mendicité, l’actuel règlement n’étant pas applicable ! 

D’autres initiatives que nous défendons depuis pas mal de temps sont désormais enfin en discussion : la création d’un CASS (Centre d’Accueil socio-sanitaire offrant accueil, soins et accompagnement social aux SDF), mais aussi d’une  salle de consommation pour les personnes toxicomanes, ou encore la mise en place d’une « Zone de tolérance » pour la prostitution de rue.  Ces nouveaux outils pourront doter les travailleurs sociaux des lieux nécessaires à leur action, et décharger par la même occasion la police d’une partie de peur travail.

 

Faire enfin de la sécurité routière une vraie priorité

La sécurité routière apparaît comme la priorité zonale numéro 1. Il en va de même du côté de l’opinion publique liégeoise.

Or les statistiques nous montrent que le nombre de blessés de la route a augmenté de 7,2 % cette année (en particulier du côté des piétons et des cyclistes)! En même temps ces statistiques indiquent une diminution de 41% de PV radar…difficile à comprendre !

Comment dès lors combattre efficacement les excès de vitesse ? Un seul exemple : j’ai l’occasion d’observer quotidiennement des voitures qui descendent à une allure folle la rue Ste Marguerite, pourtant fréquentée par de très nombreux enfants et jeunes vu les nombreuses écoles du quartier. Une campagne exemplaire et intensive -d’abord préventive ensuite répressive- dans cette rue ne serait-elle pas de nature à calmer quelque peu ces excès.

Concernant la sécurité des cyclistes, pointons le cas de la rue de la Régence dans laquelle la voie « réservée » aux cyclistes est systématiquement occupée par de nombreux véhicules, contraignant ainsi les nombreux cyclistes à des dépassements dangereux

 

Eviter l’escalade des dépenses en caméras et en armement

En ce qui concerne les caméras, le budget ordinaire augmente de 67.000 euros (soit de 25 %!), et celui de l’extraordinaire de 242700 euros pour l’achat de 8 nouvelles caméra et 3  caméras mobiles !

 Nous avons là une nouvelle confirmation du développement exponentiel de ces dépenses que nous considérons depuis quelques années comme excessives. Nous croyons davantage dans la présence sur le terrain d’une police de proximité que dans la multiplication de caméras.

En ce qui concerne l’armement des policiers, nous adhérons évidemment à l’idée que nos policiers doivent être bien protégés, mais nous nous interrogeons si l’escalade de la violence ne risque pas à la longue d’être alimentée par une approche excessivement basée sur le seul usage de la force. Y a-t-il des formations à des techniques et attitudes de défense non-violentes à l’attention de nos policiers ??

Quant à l’armement et plus largement l’équipement des policiers nous demandons un moratoire, le temps de faire un inventaire général des besoins  (l’équipement de base de tous les policiers est-il réalisé?), le temps aussi de réexaminer certains marchés (augmentation de 150 % des cartouches!), et d’éviter les logiques de dépenses exponentielles (exemple : 5 nouveaux véhicules plus grands pour permettre l’accès de policiers équipés de nouvelles tenues de combat plus encombrantes 

La dotation fédérale sera finalement augmentée de 2 %, alors que le budget qui nous est soumis n’en prévoyait que 0,99 %. Le CMB se retrouvera dès lors avec une recette supplémentaire de 500.000 euros ! Bonne nouvelle !

Pourquoi ne pas poursuivre, grâce à cette manne à venir, la collaboration avec l’ULG dont la recherche désormais terminée sur l’accueil dans nos commissariats semble avoir débouché sur quelques mesures concrètes et positives. Ne serait-il pas intéressant de commander une autre étude, par exemple, au sujet de l’offre et des besoins en formation continuée, ainsi que de supervisions individuelles ou collectives de notre police. Nous pensons également à une recherche approfondie pour objectiver les attentes des Liégeois par rapport à leur police de proximité ??

 

En résumé : nous voulons une police bien protégée et bien formée. Une police qui ne s’épuise pas dans des prestations qui pourraient être assurées autrement par d’autres acteurs professionnels. Une police, enfin, dont le travail réponde au mieux aux attentes de nos concitoyens !

 

Guy Krettels, conseiller communal

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