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24déc

Budget mobilité : nécessité d’une vision plutôt que des projets « one shot »

Cette année, c’est noël en avance pour les cyclistes à Liège. L’échevin de la mobilité et du budget a déposé sous le sapin 3 projets exemplaires en matière de mobilité cyclable : la création de 2 véritables corridors vélos : l’un entre le pont Kennedy et la place du XX aout (200.000€) l’autre, en rive droite, entre Grivegnée et Jupille (180.000€). Un troisième projet, fruit d’un subside Wallon cette fois, verra également le jour et permettra de relier la nouvelle passerelle Vivegnis à la gare d’Herstal (200.000€). Un budget total de 580.000€.

Une vraiment bonne nouvelle pour tous les liégeois, car, comme on le dit depuis longtemps, ce qui bénéficie au vélo bénéficie à toutes et tous : diminution de la congestion automobile, qualité de l’air, nuisance sonore, qualité de vie, …

Nous nous réjouissons donc de cet engouement du collège pour le vélo, poussé dans le dos par les citoyens qui ont soutenu massivement les propositions en faveur de la mobilité douce sur la plateforme réinventons liège. Ceci dit, nous déplorons que ce revirement arrive seulement maintenant, à un an des élections. Qu’est-ce qu’on aurait pu réaliser si ça avait été à effort constant depuis le début de la législature, d’autant plus que nous étions soutenu par le programme Wallonie Cyclable, grâce auquel nous avons perçu 800.000€ pendant 5 ans pour développer la pratique du vélo à Liège. Si la Ville avait pris cet engagement au sérieux, on serait en train d’inaugurer notre 25ème corridor vélo. Au lieu de ça, la majorité y est allée à reculons. Bilan : 67% des aménagements promis n’ont pas été réalisés.

En se penchant dans le détail du budget, on constate que les autres postes vélos diminue. On avait déjà prévenu l’an passé : avec la fin de Wacy, en 2018, la période des vaches maigres pour le vélo démarrera…

En effet, les budgets destinés aux actions de sensibilisation, communication ou de mise à disposition de vélos (location des Vélocités, programme pour les brevets cyclistes à l’école, projet « à vélo mesdames », …) diminue de près d’1/3 (2018 : 116.014 €) tandis que les recettes espérées des locations de vélos doublent (45.000€ au lieu de 23.000€ au compte 2016) ce qui est vraiment très optimiste (et pas très crédible) !

Nous regrettons que la ville n’ait pas anticipé la fin de ce subside afin de pérenniser ces services dans le temps.

Si les sommes allouées aux infrastructures cyclables sont louables, ne nous y trompons pas, la Ville n’a pas renoncé à donner la priorité à la voiture :

- Rappelons l’investissement dans le concept shop & drive pour un montant de 145.000€ qui sera inauguré en 2018 et qui nous coutera 19.000 € d’entretien par an, soit le budget « parking vélo » de réinventons liège pour toute l’année 2018 !

- Un autre investissement : l’affichage dynamique des parkings. L’une des contreparties du contrat avec JC Decaux qui ne figure donc pas dans le budget mais qui représente bien un coût caché pour les liégeois (montant estimé : 160.000 euros + les frais d’entretien).

- Autre dépense non budgétée : la gratuité du parking pendant les fêtes ! Un non-sens total, à l’heure où l’on a crucialement besoin d’organiser la rotation sur les places de parking et de limiter l’entrée des voitures dans le centre…

Ghandi disait « Change en toi ce que tu veux changer autour de toi ». Je me suis donc penchée sur les dépenses liées au parc automobile de la ville. Là non plus, pas de changement de paradigme en vue : 190.000€ (+1000€ par rapport à 2017) pour la location de voitures en leasing (et on ne parle pas de véhicules utilitaires), 52.400€ (+1000€ par rapport à 2017) pour la location d’emplacements de parkings, 835.000€ (+35.000€ par rapport à 2017) de frais de carburant (sachant que les échevins et directeurs généraux disposent d’une voiture de fonction et d’une carte essence).

Total de ces quelques articles : 1,4 millions d’euros. Et c’est sans compter le premier seau de bitume pour rénover les voiries (qui en ont bien besoin, là n’est pas mon propos).

Avec ce budget mobilité, en essayant de faire plaisir à tout le monde le collège finit par ne faire plaisir à personne, car en mobilité, on ne peut pas faire plus de tout ! Il faut une vision et poser des actes courageux.

Alors, la volonté était pourtant déjà là en 2012. Le collège écrivait dans le projet de ville « chaque année, de plus en plus de voitures entrent quotidiennement à Liège (240.000 selon les dernières estimations). Preuve de vitalité́, cet accroissement du nombre de véhicules ne peut se poursuivre indéfiniment. Une ville trop embouteillée, c’est une ville qui voit la qualité́ de vie de ses habitants diminuer et qui perd son attractivité » et d’inscrire dans les 12 projets d’hercule la création de parkings P+R et de deux parkings en centre-ville.

Le groupe Ecolo avait réagi : « En application des bonnes vieilles recettes, la majorité n’avance que sur la création des parkings en centre-ville (Avroy et Cockerill) et va encore plus loin que le projet de Ville puisqu’un 3ème se dessine place de l’Yser. Ces parkings ne font que renforcer les embouteillages et la pollution de la Ville, que la majorité dénonce par ailleurs dans son projet de Ville. On est en plein délire !!! ».

5 ans plus tard, force est de constater que nous avions raison : il n’y a que le parking de délestage de Vottem qui pointe le bout de son nez (et n’aura que peu d’impact pour la vallée). Par contre, deux nouveaux parkings en centre-ville, place de l’Yser, et rue Hors-Château, vont être inaugurés prochainement tandis que le collège nous rappelait encore ce lundi que les parkings Avroy et Cockerill faisaient toujours partie de ses priorités.

Pour conclure, nous constatons que le collège est coincé entre le vieux monde et le nouveau monde. Par exemple, un travail remarquable est réalisé dans le cadre de l’actualisation du plan communal de mobilité – qui prône des principes de mobilité durable, d’intermodalité et de partage équitable de l’espace public – mais nous regrettons que lorsqu’il s’agît d’appliquer les principes sur le terrain, ça se complique : le collège en revient au vieux réflexe du tout à la voiture…. Les Liégeois, eux, sont prêts à basculer du bon côté de la force, il ne leur manque plus que des élus prêts à se mouiller !

20déc

Taxes liégeoises : la persistance dans l’erreur

Monsieur l’échevin Firket,

S’agissant des Taxes, je relisais la semaine dernière mon intervention 2016 portant sur le budget 2017. Je ne suis absolument pas ravi de constater qu’outre quelques chiffres, je ne vois rien à y retrancher. La persistance dans l’erreur et les expédients confine aux beaux arts, avec la constance digne d’un jardinier amateur retraité. Planche à billets rime donc plus que jamais avec rendements en berne.

La pression fiscale diminue mais à quel prix, celui de l’étranglement de contributeurs matraqués et pour certains exsangues. A défaut d’en pleurer, je doit donc prendre le parti d’en rire… Je vous félicite donc pour la baisse drastique du rendement de la taxe toute boite. La sur interprétation de la législation en vigueur se fait au détriment des commerçants, et tant pis si la jurisprudence est défavorable et le risque juridique colossal. De plus de 3ME à moins de 2ME aujourd’hui, après un pic à plus de 5ME à mi-législature, vous serez bien en peine de nous expliquer comment tout ceci fut bien géré les 5 dernières années. Les boîtes aux lettres des habitants se vident et c’est tant mieux; le porte monnaie de la ville se vide d’autant et c’est tant pis. Mes avertissements via interpellation n’auront servi à rien, il faudra attendre la prochaine législature pour changer tout ça et nous nous y attelerons, n’en doutez pas.

Autre parfait contre exemple de bonne gestion: la taxe urbaine non ménage, qui suite à la condamnation cinglante de la Ville, en instance et confirmé en appel, devait être revue, comme promis à Mme Nikolic et à moi-même in illo tempore. La notion recalée étant toujours présente dans les règlements actuels, et les mêmes causes entrainant les mêmes conséquences, je ne doute pas que malgré vous, après vous, nous soyons condamnés encore et encore. En termes de message politique, les indépendants, artisans et entreprises concernés apprécieront…

Je vous épargne la tarte à la crème qu’est la taxe sur les pylônes, au rendement nul depuis le début de législature et inscrit chaque année au budget. C’en devient burlesque, il y a du Broadway là dedans, mais pas tellement de talent… Dernier cas, pour le fin bec, j’adore terminer par le dessert: la taxe sur les immeubles inoccupés. Quel rollercoaster, on se croirait à Plopsa-Coo! Entre les variations d’assiette, d’enrôlement, de rendement, de priorité… aujourd’hui personne ne sait ce que ça rapporte, ce que ça rapportera et comment ça fait changer – ou pas – les propriétaires sinon négligents au moins indélicats.

J’apprenais aujourd’hui qu’à Grenoble le maire écologiste Eric Piolle conventionne les bâtiments vides pour pouvoir y loger dans un provisoire à tout le moins salubre les SDFs et Migrants en souffrance dans sa ville. La comparaison provoque stupeur et tremblements…

Quentin Le Bussy

19déc

Budget 2018 : un budget de fin de règne

Alors que le Collège liégeois se targue d’un budget à l’équilibre, Ecolo dénonce un budget de fin de règne : dette colossale et improductive, caisses vidées, manque de réponses ambitieuses aux enjeux liégeois tels que la mobilité et la précarité. Cet équilibre n’en est pas un, et les Liégeois doivent le savoir ! Il démontre une gestion budgétaire risquée, un manque d’anticipation dans le chef du Collège et quelques cadeaux pré-électoraux qui ne masquent pas l’état des finances.

Une gestion risquée

La symbolique est forte : le message de la Ville est « nous avons gardé le bateau à flot », « notre budget est à l’équilibre ». L’équilibre n’est ni une vertu, ni un message politique, c’est un obligation légale. Par ailleurs, c’est un équilibre précaire atteint par des moyens compensatoires non reproductibles dans le temps (endettement, ponction des réserves, prestations non durables).

Le budget 2018 « paie » les erreurs du passé et un manque d’anticipation face à des difficultés connues :

- Prélèvements pour apurer l’exercice 2017 (27,7M + 1,8M)
- Cotisations de pensions : toujours pas d’autres réponses que l’endettement, qui gonfle vertigineusement. Là où on puisait 13 M sur fonds propres en 2012, c’est 28 M emprunté pour payer les pensions en 2018

Le fonds F.O.U.R.M.I., qui avait vocation à servir de bas de laine face à l’inflation, est dilapidé. Chaque année, le Collège prévoit une somme initiale de prélèvement, qui se révèle beaucoup plus élevée dans les faits. Ce fonds existera-t-il toujours bel et bien fin 2018 ?

A ce déséquilibre, le Collège répond par de fausses bonnes solutions :

- L’endettement

La Ville emprunte à nouveau (36M), plus qu’en 2017 (+2M) et, en grande partie pour des dépenses improductives : rembourser les pensions n’est pas un investissement. Le remboursement de la dette grève le budget. L’échevin Firket le reconnaît lui-même :
il l’a qualifiée de “charge insupportable dans des délais rapprochés”. Le constat est implacable : on reporte les charges sur les générations (pas si) futures. Après Firket, les mouches ? La dernière fois qu’on a géré Liège de la sorte, elle a mis 25 ans à s’en
remettre.

- Taxes : les curseurs sont au maximum

Le Collège se félicite de ne pas augmenter les taxes. À assiette inchangée, les recettes plafonneront lors de la prochaine législature, puisque tout ce qui pouvait être augmenté l’a été entre 2012 et 2018. La sensation est assez nette : le Collège actuel se dépêche de
manger le pain blanc, tant qu’il y en a.

- La Dotation DeCaux est dégressive

Le Collège nous dit : “la majoration des recettes de prestation de 1,9 M EUR s’explique par le nouveau marché de concession en mobilier urbain qui fut attribué en 2017.”
Ce contrat est mal foutu : Decaux paie beaucoup actuellement mais ce n’est que temporaire : 5 millions/an les 5 premières années ; 3 millions les 5 années suivantes ; 2 millions, les 5 dernières années. Lors des années difficiles, ce financement n’existera plus tandis que la pub, dont les impacts sur l’environnement et la santé ne sont plus à démontrer, sera toujours aussi présente.

- La vente du parc immobilier

Le Collège a l’habitude du cash en one-shot en vendant son parc immobilier. A nouveau, ce n’est pas une solution long-terme. Par ailleurs, depuis de nombreuses années, Ecolo réclame un inventaire de ces biens et de connaître les critères qui guident les décisions
de vente du Collège.

Un budget électoraliste

Comme le montrent des études de science politique, la courbe des dépenses suit la courbe des échéances électorales. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : nous saluons quelques nouveautés 2018. La valorisation de l’alimentation locale, la retransmission du conseil communal sur le web ou encore une politique de la nuit sont des idées que nous avions proposées en 2017. Nous sommes ravis pour les Liégeois et les Liégeoises de les retrouver au budget 2018. Par ailleurs, deux très beaux projets vélo sont proposés : Noël avant l’heure pour les cyclistes ! Mais ça ne masque pas 5 ans d’immobilisme et 67% de promesses d’aménagement non-tenues en politique cyclable entre 2012 et maintenant. Enfin, ce budget est comparable à celui de 2012 : augmentation subite des budgets de voiries sans savoir si le service Travaux sera renforcé pour la cause ; la piscine Jonfosse, inscrite pour la 12 ème fois au budget, devrait enfin sortir de terre.

Pour le futur : Liège innovante, résiliente et inclusive dans sa gestion!

Cette situation n’est pas une fatalité ! Une gestion durable de la Ville est possible. Si Liège porte des coûts qui concernent d’autres communes et si la supracommunalité faire partie de la réponse budgétaire, Ecolo voit comme instrument crucial du budget un Plan
carbone. Destiné à réduire nos gaz à effet de serre, il permet notamment, par une rénovation du bâti communal, de diminuer  drastiquement les factures énergétiques de la Ville à l’heure où les prix de l’énergie flambent. Orienter nos investissements vers le
durable, c’est bon pour le portefeuille de la Ville, pour la qualité de vie des Liégeois et pour les enjeux climatiques !

En conclusion, le budget de la Ville clôt la législature à son image “au petit bonheur, la chance” ! Face à une majorité à bout de souffle, une révolution politique, digne du XXIe siècle, est urgente pour faire réellement de Liège le nouveau mantra de Willy Demeyer
“une ville innovante, résiliente et inclusive”.

Caroline Saal, pour le groupe Ecolo

 

19déc

Budget Police 2018

Pour une police bien équipée, bien formée, et disponible pour répondre aux attentes prioritaires des Liégeois

 

Nous sommes conscients de la difficulté du travail de la police dans le contexte tendu que nous connaissons tous.

Leur métier est source de plus en plus de stress, lié à la menace terroriste, à un climat d’agressivité et de violence ambiant, et à des conditions de travail épuisantes :voir les effectifs (106 personnes-policiers et Calog- en dessous des normes(!), et partant le nombre d’heures supplémentaires (pour 1,5 millions) et heures de WE (pour 4,7 millions)

 

Dans ce contexte difficile notre préoccupation est double : soutenir les policiers dans leur travail et leur permettre de pouvoir se focaliser dans les meilleures conditions possibles sur leurs missions essentielles, et, par la même occasion répondre au mieux aux attentes de la population.

Nous souhaitons dès lors mettre l’accent dans cette intervention sur 6 points précis :

 

Une formation à la hauteur des nouveaux défis:

L’horrible meurtre de la jeune Louise révèle l’exigence d’un accueil, d’une écoute et d’un protocole de suivi parfaitement clair de la part de tous nos policiers. Toute femme victime de harcèlement ou de violence sexuelle doit être certaine que son récit et sa plainte est parfaitement entendue et sera suivie de la manière la plus rigoureuse. 65OOO euros sont prévus dans le budget pour la formation. Est-ce suffisant pour tenir compte de la nécessité d’avoir des formations pour tous, adaptées à ces défis nouveaux ?

 

Un cadre de travail sécurisant:

Les syndicats de police ont rappelé encore récemment leur inquiétude par rapport à l’incertitude juridique concernant l’usage des tasers dans le cadre du projet pilote auquel Liège participe. J’avais soulevé ce problème lors du débat concernant l’achat des tasers, mais il a été écarté par un revers de la main. Nos policiers concernés (PAB) sont-ils au moins bien au courant de ce flou juridique auquel ils sont exposés en cas d’accident grave?

 

Une approche humaine, bien sûr ! Du « travail social », non !

Lors du débat concernant le règlement mendicité vous avez, Mr le Bourgmestre, affirmé que contrairement à ce que nous prétendons, ce règlement était applicable et appliqué. Si tel est le cas, un travail considérable des policiers de quartier doit inévitablement être consacré à interpeller cinq jours sur six les mendiants, les informer, conduire au CPAS, et finalement conduire les conduire, à répétition à l’Hôtel de Police. Y compris les plus discrets, corrects, respectueux des passants. Les policiers de quartier, en sous effectifs, n’ont-ils pas plus important à faire que ça ?

 

Je sais que vous allez me répéter que les policiers font par la même occasion du travail social. Sur ce point là je suis en total désaccord avec vous : le travail social est un métier du relationnel, de l’empathie, de connaissances du réseau social, de la législation sociale, du CPAS, des SAJ/SPJ, de l’accompagnement et du suivi social. C’est un métier qui, même avec les meilleures intentions du monde, ne s’improvise pas ! Les éducateurs de rue et les AS sont qualifiés pour cela.

 

Une limitation raisonnable du coût du maintien de l’ordre lors de certains événements :

J’aime le sport, y compris le football, mais plus d’un million d’euros par an pour assurer l’ordre rien que pour un seul club, ce n’est plus admissible à nos yeux. Nous observons que ces dépenses dépassent les subsides annuels cumulés accordés aux Foyers culturels, infrastructures sportives et Centres de Jeunes !!

Une entreprise qui jongle avec les millions pour acheter et satisfaire les demandes de ses joueurs doit contribuer à garantir la sécurité de son public. Surtout qu’en même temps, en matière de sport pour tous, on impose une réduction du nombre de joggings pour économiser quelques heures de travail d’un nombre généralement de policiers ? Pourquoi dès lors ne pas limiter également à des proportions raisonnables le dispositif de maintien de l’ordre assuré par notre police. Au club d’assurer des mesures complémentaires !

Par ailleurs, le Standard, comme d’autres grands opérateurs d’événements qui se déroulent à Liège, ne touche pas qu’un public de Liégeois (loin de là) : Comme dans d’autres domaines, la question de la centralité de notre Ville et de la nécessaire solidarité supracommunale

 

Un moratoire sur l’achat de nouvelles caméras: nous observons l’augmentation quasi exponentielle tant du coût de l’entretien (+ 110000) que de l’extraordinaire (265000)

Nous ne sommes pas par dogme anti-caméras : dans certains lieux propices à des rassemblements violents, ou à certains carrefours, leur présence peut probablement s’avérer utile. Concernant les rassemblements de masse événementiels et à risque, des caméras mobiles utilisables là où il le faut, quand il le faut, serainet sans doute plus adaptées ?

Il nous parait nécessaire de faire un bilan précis de leur impact, du « rendement » de leur multiplication. Un bilan précis et objectivé du « retour sur investissement« nous paraît nécessaire. Ainsi, par exemple, en cas de camouflage des acteurs de méfaits les caméras sont de peu d’utilité !

En attendant les résultats d’une telle objectivation de leur impact, nous sommes persuadés que les caméras ne remplaceront jamais la présence physique, rassurante et dissuasive, de la police de proximité dans les quartiers.

Nous réitérons dès lors notre demande de moratoire sur l’achat de nouvelles caméras, et d’investir l’argent ainsi économisé dans des emplois assurant plus de présence sur le terrain

 

Dernier point : La sécurité routière

Elle revient régulièrement comme priorité zonale, ce qui répond d’ailleurs au principal sentiment d’insécurité de la population.

Permettez nous d’insister une fois encore sur la sécurité des pratiquants de la mobilité douce, piétons et cyclistes, particulièrement exposés aux dangers de la route, n’en déplaise à nos collègues du MR!

Nous reviendrons prochainement avec Sarah Schlitz sur quelques mesures concrètes qui concernent des points noirs et des aménagements parfois simples et peu coûteux (trottoirs, passages piétons,..) qui pourraient rendre Liège plus sécure pour les piétons En ce qui concerne l’action de la police, il nous semble qu’il faudrait vraiment renforcer la lutte contre certains comportements définitivement inadmissibles: les vitesses scandaleusement excessives dans des rues fort fréquentées, les stationnements sur les trottoirs et sur les pistes cyclables, ou le non respect du piéton sur les passages piétons!

 

Tout en exprimant notre soutien à notre police dans son rôle démocratique de rassurer et protéger les citoyens, j’annonce notre abstention face à ce budget qui a manqué de mettre certains accents qui nous paraissent essentiels et que je viens d’évoquer

 

 

Guy Krettels pour le groupe Ecolo

19déc

CPAS – Le travailleur et le bénéficiaire au centre

L’année passée, j’évoquais le « syndrome du Titanic ». Le CPAS est à Liège un gros paquebot, une institution importante qui aide au quotidien plus d’une dizaine de milliers de Liégeois et de Liégeoises. Les travailleurs remettent du charbon, mais ne peuvent empêcher les obstacles du monde extérieur (pauvreté croissante, chômage structurel, problèmes de santé, augmentation du coût de l’énergie). Le constat ne sera pas meilleur aujourd’hui, et le budget du CPAS et la note de politique générale sont insuffisants pour faire face aux enjeux actuels.

Je commence cette intervention choquée : vous nous tapez sur les doigts parce que nous soutenons les constats envoyés par des usagers du CPAS. C’est notre liberté politique totale de signer. En outre, je suis proprement scandalisée par votre sous-entendu : « des conseillers auraient signé alors qu’ils ne posent pas une question sur ces sujets ».

Les Conseillers à l’Action Sociale ECOLO ont réclamé à plusieurs reprises des discussions autour de problématiques comme l’absentéisme, le statut étudiant et surtout le suivi du parcours étudiant. Ils l’ont obtenu après des mois : grâce à eux, l’absentéisme est mis à l’ordre du jour du conseil d’octobre 2017, le statut étudiant à celui de novembre. A ces deux thématiques, seront « consacrées » 30 minutes avant conseil.C’est par ailleurs un de nos conseillers à l’action sociale qui préside la Commission Locale de l’Energie, y consacre chaque lundi pendant la période hivernale. Vous savez le travail des élus ECOLO constructif et propositionnel, et je ne peux pas tolérer un tel manqué de respect pour leur travail.

Venons-en au budget 2018 du CPAS et à la note de politique générale.

 

Une demande de RIS qui croît

 

Actuellement, plus de 11 000 RIS (pour 133 millions d’euros) sont octroyés au CPAS de Liège. Durant cette législature, c’est 2000 personnes en plus qui reçoivent le RIS (et on pourrait comptabiliser ceux qui en ont fait la demande sans l’obtenir). C’est + 23 % en 7 ans 2010-2017.

Le nombre de personnes sans domicile fixe bénéficiant d’un RIS « de rue » a plus que doublé en 7 ans : il est passé de 147 en juillet 2010 à 325 en juillet 2017. 754 personnes ont fréquenté les abris de nuit en 2016.

Un phénomène attire également notre attention : la multiplication des tentes, plus ou moins cachées. Quand je rentre chez moi, j’en croise près du palais provincial, dans les boisements entre Naimette la rue de Hesbaye…

Mr Firket nous redira demain qu’il n’y a pas un appauvrissement de la population. Vos chiffres prouvent au contraire qu’ils y a des disparités qui se creusent au sein de la population.

 

Cette augmentation s’en ressent sur les finances du CPAS. La charge pour le CPAS a augmenté fortement entre 2015 et 2016. L’augmentation de la dotation communale de 1,25% fait pâle figure à côté de ces chiffres. Le MR vient de s’autocongratuler concernant les augmentations des RIS : outre la toute petite marge d’augmentation (+ 15 euros pour les cohabitants, + 50 euros pour les chefs de ménages), ils restent largement en dessous du seuil de pauvreté.

Problèmes énergétiques

 

On remarque encore que les nouvelles pauvretés, révélées par l’augmentation du nombre de demande d’aides énergétiques, n’obtient qu’une réponse très partielle.

Elles touchent des personnes avec des revenus moyens, des petites pensions, qui parfois ne connaissent pas les compléments énergie ou pension, voire n’osent pas les demander.

 

Les demande initiales d’aides pour le paiement de factures énergétiques augmentent (demande du gestionnaire de réseau). Cependant, un problème est à souligner : quand les personnes concernées doivent rencontrer les AS, ils envoient le formulaire écrit mais il arrive fréquemment une absence aux rencontres préparatoires et à la commission locale de l’énergie. Cela vaudrait la peine d’être analysé : quelles sont les raisons ? Le CPAS peut-il y remédier ?

 

Bien souvent, les personnes confrontées à la précarité énergétique pourraient être soulagées par un travail de relogement, pour diminuer leurs dépenses énergétiques, leurs loyers ou pour changer de lodgement quand il est insalubre. Ce travail préventif n’est pas encore possible à cause de la surcharge des travailleurs sociaux. Le travailleur ne dispose pas du temps pour accompagner dans la durée le montage d’un dossier logement qui permettrait de proposer avec l’intéressé la solution perenne. 

Les familles sont ainsi obligées de survivre, faute de moyens pour constituer une nouvelle caution locative pour un logement mieux adapté à sa composition ou à sa consommation énergétique.

L’amplification du travail de la cellule  » éco-logement » devrait se traduire rapidement en plus de moyens et de forces de travail pour répondre aux défis du relogement des nombreux demandeurs.

Comme vous l’a dit André Verjans lors du Conseil de l’Action sociale consacré à la note de politique générale, le mal-logement est le résultat d’une dualité trop évidente dans notre centre-ville et dont les victimes sont aussi les familles monoparentales déjà malmenées. Nous n’en voyons qu’une petite partie car de nombreux ainés cachent aussi cette réalité dans le froid de greniers mal adaptés.

 

Augmentation du personnel

Le CPAS annonce 25 travailleurs APE  (16 AS et 9 éducateurs spécialisés). Ces engagements ne vont pas baisser la pression des travailleurs, au contraire de ce que vous mentionnez dans votre document : ils sont liés à de nouvelles politiques sociales qui demandent un travail supplémentaire. Ca n’augmente pas la qualité, même si ça réduit la surcharge : les délais sont trop longs actuellement, le nombre de dossiers est conséquent par travailleur. On a besoin de plus de 25 travailleurs pour améliorer les conditions de travail.

Le fédéral dit, par ces emplois, ne pas nous laisser seuls face à cette nouvelle mesure mais elle est grandement insuffisante.

Mais ce dont manque le CPAS c’est d’agents pour faire un travail social de base. Et le travail social de base, Madame Mohammed, les travailleurs sociaux savent ce dont il s’agit. L’insertion sociale, ils connaissent aussi. Ca n’est pas apparu l’année passée avec le PIIS. Quand ils vous parlent de contrainte administrative, il faut les écouter.

90 dossiers en moyenne par travailleur : les conditions de travail sont insuffisantes alors que les contextes évoluent et que les métiers changent. La surcharge empêche la prévention et la transversalité, au détriment des usagers. Elle pousse les travailleurs dans leurs retranchements. La majorité répond à nos Conseillers de l’Action Sociale lorsqu’ils demandent des infos sur l’épuisement des travailleurs, que « c’est la même chose ailleurs ». Voilà une réponse faible…

Comment aider les travailleurs, eux aussi, à travailler dans cette aide contrainte (aide et contrôle) perpétuelle qui pourrait en embrouiller plus d’un… En les libérant d’un contrôle en tâche prioritaire, on pourrait peut-être imaginer une autre disponibilité pour un accompagnement social plus global.

Les pratiques sociales, dans ce contexte d’aide contrainte, mériteraient une réflexion guidée par un soutien théorique, l’invention de pratiques sociales nouvelles, testées dans d’autres lieux et font leurs preuves.

Il faudra le courage du changement pour aller vers du travail en réseau et la création de nouveaux métiers comme celle de médiateurs de réseaux. En effet, nous avons la chance d’avoir des compétences de travailleurs de multiples associations et institutions qui entourent le travail social. Il suffirait de créer un amplificateur de ces compétences en mettant le lien et la personne concernée au centre du jeu et viser la globalité.

La Ville dit aider en « prêtant » du personnel. Au moment de la cellule Tempor, on a promis 22 agents. Il n’y en a jamais eu 22. Hormis la première année, les charges patronales sont à charge du CPAS ; c’est en réalité un transfert qui soulage la ville. Les transferts ville-CPAS : quelle vue claire avons-nous ? On nous dit que ces agents suppléentaires seront maintenus calculés « au cas par cas ». Voilà qui est flou ! Nous avons besoin d’un inventaire complet.

 

Des aides à améliorer

 

Le logement de transit est saturé. Nous avons besoin de logement d’urgence, notamment en bas seuil. Le CPAS a besoin de renforcer la dynamique logement en forces de travail et en budget. Une nouvelle précarité doit se traduire dans de nouvelles mesures.

Aides logement : le CPAS de Liège a choisi d’aider à la constitution de la garantie locative équivalent au premier mois de logement choix du CPAS de Liège. Mais c’est inefficace, puisque deux mois de caution sont demandés par les propriétaires. Les personnes qui veulent changer et n’ont pas les moyens se trouvent coincés dans des logements chers ou insalubres – situation abracabrantesque. Par ailleurs, les deux mois de caution peuvent aussi aider certaines personnes qui tombent à la rue.

 

Les Délais d’attente. Voilà des questions urgentes à régler pour le guide pratique de l’usager du CPAS : Quel temps d’attente avant d’avoir un rendez-vous quand on est dans l’urgence sociale ? Quel délai pour avoir une réponse ? Le CPAS dans est dans l’illégalité par des durées entre la demande et la concrétisation de l’aide qui peuvet grimper jusqu’à 2 mois.

 

 

Venons-en au projet de Guichet unique. L’accueil, c’est le premier visage d’une institution sociale. Des questions restent en suspens :

- quelle place pour le travail social dans ce guichet unique ? L’accueil est un moment crucial en travail social : le lien se crée, écoute de la demande, la réception du témoignage de personnes précarisées, potentiellement en détresse. L’accueil est déjà un lieu où on fait du care, du prendre soin

- Quel impact de la centralisation au détriment de la proximité ? Pensons aux personnes précarisées qui doivent se déplacer jusqu’au centre ville ; familles monoparentales qui doivent se déplacer avec les enfants, les poussettes.

 

Du travail social et du travail administratif ne s’échangent pas, ne s’intervertissent pas sans conséquences.

Une journée d’études qui rassemblaient la fédé des maisons médicales, des Fédérations des maisons d’accueil, des Fedito, Fédération des services sociaux le 6 octobre 2017 a abordé l’importance de la qualité de l’accueil en social santé. Voilà le genre d’endroits où le CPAS pourrait aller chercher des bonnes pratiques.

 

Individualisation des droits sociaux

Extrait de la note de politique générale : “On comprendra aussi que, au vu de la différence entre les taux alloués, l’assistant social en charge du dossier mettra toute sa déontologie professionnelle dans la détermination du juste taux dans chaque situation individuelle.” Entendez par là qu’il ne faudrait pas donner un taux isolé à un cohabitant. Du temps consacré au contrôle or, selon l’étude commanditée par Maggie de Block sous la précédente legislature, parmi l’ensemble des allocataires sociaux belges, 4% seulement fraudent. 4% de fraudeurs et 96% des allocataires contrôlés comme s’ils étaient potentiellement coupables. Beaucoup de temps de travail consacré à chasser les 4%.

Vous n’avez pas les pouvoirs politiques sur le changement de lois fédérales, mais, vous qui êtes pour l’individualisation des droits sociaux, vous pouvez déjà agir : en cas de cohabitation avec un enfant ou un parent, la prise en compte des revenus de celui-ci est facultative si le CPAS motive sa decision. À quand la mise en oeuvre ?

Une analyse courte

Autre extrait de la note politique générale : “On pourrait (…) dégager certains paramètres tels que le nombre d’enfants concernés dans les ménages, le nombre de femmes chefs de ménage, …

Cela n’aurait sans doute pas un impact direct sur notre travail social mais apporterait un éclairage sur la sociologie des personnes aidées.”

Qui sont les personnes aidées ? Un monitoring en sexe, en âge, en type de cellule familiale pourrait aider à connaître des besoins et établir des priorités, à renforcer des équipes en fonction des problématiques qu’elles mettent en lumière.

En conclusion

Le CPAS apparaît essouflé face à une précarité grandissante et en évolution. Les profils des usagers sont très variés : ménage qui a du mal à joindre les deux bouts malgré leurs salaires, une perte d’emploi, famille monoparentale, jeunes lirés à eux-mêmes, personnes avec des états de santé psychique et physique

Les défis sont nombreux, les réponses à y apporter ne sont pas simples.

Le carcan budgétaire plombe vraisemblablement le CPAS. Nous pensons qu’un regard ouvert sur l’extérieur, sur les pratiques innovantes appliquées ailleurs est nécessaire. hors piste politique et d’aller chercher de l’aide du côté des penseurs, des sociologues, des philosophes. Toutes les solutions ne coûtent pas forcément un bras, mais demandent de l’ambition et de l’innovation.

Et enfin : Liège sera-t-elle toujours bien zone « hors service communautaire » en 2018 ?!
Caroline Saal

07déc

Liège, objectif Zéro sans-abris

Préambule

Les passages critiques et propositionnels de ce qui suit sont adressés pour l’essentiel aux décideurs publics liégeois : Ville de Liège, CPAS et Relais social.

Ils ne sont en rien dirigés contre les travailleurs sociaux, professionnels ou bénévoles, du public ou de l’associatif privé. Nous connaissons leur engagement dévoué dans ce travail difficile, et leur exprimons notre admiration, reconnaissance et soutien !

  1. Introduction

La réalité vécue par les nombreuses personnes Sans-Abris à Liège est alarmante. Nous ne voulons pas nous y habituer, ni nous y résigner. Le « respect de la dignité humaine » (mission légale du CPAS) nous oblige à garantir à chacun le retour à un revenu (minimum le RIS), à un médecin traitant et à un toit. Or nous observons tous le développement d’une souffrance humaine, inadmissible dans nos rues et indigne d’un pays aussi riche que la Belgique.

Cette réalité est l’expression de failles graves dans notre sécurité sociale (qu’on dit une des meilleures du monde) et dans son filet de secours qu’est le CPAS. La Ville met déjà en place différentes politiques sociales et soutient par ailleurs les associations présentes sur son territoire. Cependant, comme le constatent les travailleurs de terrain, comme nous le constatons également, la réalité de la rue change : elle s’amplifie et se complexifie. Si les pouvoirs communaux ne pourront pas relever seuls les défis de la pauvreté, ils sont en première ligne pour en prendre acte et pour s’adapter à ces changements.

  1. Un état des lieux très interpellant

Tant les chiffres dont on peut disposer, que la réalité qu’on peut observer tous les jours à Liège donnent une idée effrayante de la réalité quotidienne de quelques centaines de nos concitoyens. Au Conseil communal comme au CPAS, nous intervenons régulièrement sur ce sujet : tantôt pour faire via des interpellations des propositions très concrètes qui puissent permettre dans l’immédiat de parer au pire, tantôt dans certains cadres qui s’y prêtent (Plan communal de lutte contre la pauvreté, débats budgétaires, Conseil de Police…) des propositions plus structurelles et à moyen terme qui visent en définitive l’objectif Zéro SDF à Liège. (Lire la suite…)

21nov

Ecolo Liège, une équipe renouvelée, prête pour les défis à venir !

Lors du prochain conseil communal le 27 novembre, l’équipe des conseillers Ecolo sera renouvelée. En effet, Olivier Bierin prêtera serment comme conseiller communal. Par ailleurs, c’est Caroline Saal qui a été désignée par le groupe en tant que cheffe de groupe pour le reste de la législature.

En lien avec les citoyennes et citoyens liégeois(e)s, Ecolo Liege est donc prêt à continuer son travail constructif et propositionnel. Les défis qui s’annoncent dans les prochaines semaines sont nombreux : budget 2018, mise en place des projets « Réinventons Liège », grande précarité, arrivée du tram et mobilité, enjeux urbanistiques,… Liège doit se montrer à la hauteur des enjeux qui l’attendent. Nous veillerons particulièrement à défendre les dimensions sociales, environnementales et démocratiques.

Par ailleurs, en vue des élections communales de 2018, Ecolo est à l’initiative du mouvement éco-citoyen. Celui-ci se met progressivement en place et a pour objectif d’impliquer davantage le citoyen, autour d’un projet écologiste pour Liège, au-delà du cadre traditionnel des partis politiques. Lors des prochains mois, ce mouvement établira ensemble son programme et les candidats qui le représenteront en octobre 2018.

09nov

Construction d’un nouveau mur anti-SDF ?

La semaine dernière, quelle ne fut pas la surprise de nombreux liégeois de découvrir que le passage sous la gare des bus d’Hocheporte a été condamné par la construction d’un mur de parpaings.

Lors du conseil communal du 30 octobre, alertée par plusieurs riverains, la conseillère Ecolo Sarah Schlitz interpellait sur la décision de condamner ce passage : « l’autoroute urbaine qui relie Burenville à la place Saint-Lambert est fortement hostile aux modes doux et crée une véritable rupture entre les quartiers qui la jouxtent. Ce passage constituait l’une des seules traversées sécurisantes et était utilisé par de nombreux cyclistes et piétons. » La conseillère interrogea l’échevin de la Mobilité sur le sujet, lui demandant qui a pris cette décision, pour quelles raisons et quelles alternatives allaient être mises en place.

L’échevin Firket a déclaré ne pas être au courant que des travaux avaient été réalisés.

Une citoyenne a eu plus de chance en interpelant la Ville sur sa page « contact ». Voici la réponse qui lui a été faite :

« Madame,

Vos doléances ont été répercutées à la SRWT, gestionnaire des infrastructures du TEC.

La décision a été prise conjointement avec la Police pour des raisons de sécurité-salubrité et les aménagements piétonniers ont été améliorés en surface pour les riverains et les usagers des bus. »

Une visite sur les lieux ne laisse pourtant apparaître aucune amélioration pour les piétons et les cyclistes. Le groupe Ecolo s’interroge donc sur les motivations réelles de l’emmurement du passage souterrain.

Le malaise dont semblent faire preuve les autorités et les termes employés font tristement écho à l’affaire du « mur anti-SDF » que la Ville de Liège avait tenté de construire sous la passerelle de la place des Carmes pour finalement se rétracter suite à l’indignation citoyenne.

Ce nouveau mur aurait-il été construit afin d’empêcher les personnes sans-abris qui y trouvaient refuge d’y accéder ?

Après avoir refusé la modification du règlement mendicité proposé par Ecolo, le Bourgmestre assume-t-il que sa politique de gestion du sans-abrisme implique d’ériger des murs de parpaings ?

31oct

Règlement mendicité : le bourgmestre et sa majorité fuient leurs responsabilités de socialistes et d’humanistes

Guy

Ainsi donc, au bout de multiples manoeuvres dilatoires suivant la motion déposée par Guy Krettels au nom du groupe Ecolo en mai 2017, le bourgmestre, suivi en cela par les conseillers PS, CDH  et MR (à l’exception de Mmes De Keyzer, Omari et Clotuche, qui se sont abstenues) a décidé de rejeter toute modification de ce règlement inapplicable et donc hypocrite, inefficace et liberticide. (voir l’intervention de G K au CC de ce 30.10  avec des exemples précis) Et ce en se basant sur le seul avis de la Police.

Si nous reconnaissons évidemment l’importance d’entendre la position de la police qui est en charge de l’ordre public, nous estimons que ce n’est pas ce seul avis (d’ailleurs contestable à nos yeux) qui peut dicter une politique par rapport à une réalité sociale et humaine terriblement dérangeante, difficile et douloureuse.

La gestion de la mendicité, pointe visible d’un appauvrissement croissant d’une partie importante de nos concitoyens (20 % des Liégeois vivent sous le seuil de pauvreté),  exige outre l’avis de la police d’autres expertises comme celle  des travailleurs sociaux de rue, des associations et services publics qui luttent contre la pauvreté. Elle doit aussi s’appuyer sur des données objectivées, chiffrées et étayées juridiquement et sociologiquement. Toutes choses qui n’ont pas été faites, sinon par le groupe Ecolo depuis le dépôt de notre motion,

En maintenant ce règlement inapplicable, la porte reste ouverte au pire : Si un-e futur bourgmestre exigeait l’application à la lettre de ce règlement, la chasse absurde et inhumaine aux mendiants serait systématique,  quotidienne et ce dans tous les quartiers de Liège.

Malgré le vote décevant de ce soir, Ecolo n’abandonnera pas la lutte en faveur de la révision profonde de ce règlement inique.

30oct

Démission de Bénédicte Heindrichs

Bénédicte Heindrichs a présenté ce lundi sa démission en tant que conseillère communale de la Ville de Liège. Cette démission est le prolongement de sa démission au sein du comité de gestion et du CA de la  CILE.

Bien que les lacunes dans l’exercice de son mandat à la CILE ne concernent qu’une seule année sur 5 et ne reflètent par ailleurs qu’une facette du travail au sein du Comité de Gestion, nous considérons qu’un mandat de cette importance dans un comité de gestion nécessite une présence active maximale. Cela n’a pas été le cas, et c’est donc incompatible avec les exigences que nous avons par rapport aux mandataires politiques. Bénédicte en a tiré les conséquences et s’est immédiatement engagée à rembourser les sommes indûment perçues.

Par ailleurs, il n’était plus possible pour Bénédicte d’exercer son mandat au sein du conseil communal de Liège. Elle a donc préféré démissionner pour permettre au groupe local de poursuivre son travail au service de Liège et de l’écologie dans les meilleures conditions possibles. Nous saluons  cette attitude responsable et la remercions en outre pour son travail et sa connaissance des dossiers en tant que conseillère communale. Nous remercions également Bénédicte pour l’attention constante qu’elle a mis dans l’accompagnement des nouveaux conseillers et conseillères.

Plus largement, cette situation nous incite à plaider une fois encore pour que les mandataires ne soient rémunérés qu’en fonction de leur travail et présence réels.

La co-présidence locale

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