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Actualités

23juin

En s’acharnant sur CHB, le MR torpille la Ville de Liège

Le Conseil communal de Liège débattra ce lundi d’un projet de résolution déposé par le groupe MR en faveur de la construction de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (CHB), à l’Est de Liège.

Aux yeux d’ECOLO et de VEGA, cet acharnement est nuisible à la Ville de Liège, à de nombreux égards.

Le MR développe une approche monomaniaque de la mobilité. À lire la prose du MR, on en viendrait presque à croire que CHB est la solution miracle susceptible de résoudre l’ensemble des problèmes de mobilité que connaît l’agglomération de Liège. Rien n’est plus faux. Comme le montre l’étude d’incidences sur l’environnement, CHB s’apparente au contraire à une dépense inutile, qui va globalement accroître la pression automobile sur la ville, sans apporter d’amélioration notable à la fluidité du trafic urbain.

Le MR cherche à manipuler les riverains de la Dérivation. Le message est matraqué depuis des années : «CHB va soulager les riverains de la Dérivation». Ce message n’en est pas moins faux ; factuellement faux, selon toutes les études disponibles. L’axe de la Dérivation — de même d’ailleurs que le tunnel de Cointe — sont en effet des infrastructures qui servent principalement à la pénétration urbaine (les comptages récemment réalisés dans le cadre du nouveau Plan communal de mobilité l’ont une nouvelle fois démontré). Par conséquent, la seule manière de réduire la pression automobile — effectivement insupportable — que l’on observe sur cet axe se trouve dans le développement du transport public : tram, REL, bus structurant,…

Le MR risque de rendre impossible le financement des alternatives en matière de mobilité. L’agglomération liégeoise a d’ores et déjà pris un retard important, à l’échelle européenne, dans le développement de son réseau de transport public. Choisir d’investir un demi-milliard d’argent public (et plus) dans un nouveau tronçon autoroutier, dans un contexte tendu au plan des finances publiques, ne peut que limiter et différer l’investissement, pourtant indispensable, dans les alternatives et notamment dans le développement du tram, dans la création d’un réseau de bus structurant, dans la mise en place d’itinéraires vélos de qualité, etc. C’est un tournant historique que Liège manquerait en posant un choix aussi passéiste.

Le MR fragilise le pouvoir fiscal de la Ville de Liège. Bien plus qu’un projet de mobilité, CHB est un projet territorial, qui faciliterait l’urbanisation du grand Est de l’agglomération. On voit d’ailleurs de nombreux projets de lotissements, de centres commerciaux (Soumagne, nouveau casino de Chaudfontaine,…), voire de zonings d’activité (Trooz) qui sont ouvertement liés à la réalisation de CHB. Construire CHB, c’est mécaniquement relancer la péri-urbanisation et donc appauvrir la ville de Liège, fragiliser ses services publics. Le MR ne peut pas l’ignorer. Devons-nous donc conclure que le groupe MR au Conseil communal de Liège cherche délibérément à appauvrir sa ville ?

Le MR utilise des sources dépassées. Les documents qu’utilise le MR à l’appui de son propos sont obsolètes. Le « chaînon manquant » réclamé par l’Europe, entre les autoroutes E40 et R25, en particulier, est en service depuis le début du siècle, avec le tunnel de Cointe. À l’inverse, le MR semble ignorer les études réalisées à propos du projet de liaison, qui contredisent de manière assez systématique son propos.

Les groupes ECOLO et VEGA ne peuvent accepter de voir l’avenir de la région liégeoise hypothéqué par tant d’aveuglement. Les faits s’accumulent pour le démontrer : CHB est un projet qui nuirait à la Ville de Liège et à ses habitants, s’il devait être réalisé. Au contraire, avec le budget envisagé pour ce projet, il est possible de mettre en place des solutions alternatives durables et créatrices d’emplois.

C’est la raison pour laquelle nos groupes défendront, en commun, une contre-motion lors du Conseil communal de ce lundi, sous la forme d’un amendement intégral à la motion du MR.

Pour les groupes ECOLO et VEGA,

Bénédicte Heindrichs et François Schreuer
Chefs de groupes

26avr

Contrat pub renouvelé : Une occasion manquée de libérer l’espace public

Nous délibérons ce soir sur une convention portant sur la mise à disposition par une société privée d’abris de bus et d’un système de jalonnement des parkings.

Cette convention est le renouvellement d’un contrat largement décrié à l’époque, passé il y a 15 ans avec la société Decaux.

Reconnaissons avant tout que le Cahier des Charges de la Convention telle qu’aujourd’hui rédigé a largement gagné en qualité sur le plan des droits et devoirs de chacune des parties. Ainsi, la ville se concentre sur le seul mobilier urbain capable de fournir un espace de publicité, à savoir les abris bus. Au moins, les choses sont claires.

Mais pour les écologistes ce nouveau Cahier des Charges reste très problématique, et cela d’abord dans ses principes fondamentaux. Ce texte cache en effet deux options que nous jugeons inacceptables : à savoir le financement privé de la ville d’une part, d’une part et le financement public d’un service privé, d’autre part.

  1. Il met en place en effet de manière insidieuse un système de financement du budget de la ville par la publicité. En effet, le collège attend du prestataire qu’il place et entretienne des abris bus mais en plus, par une compensation financière annuelle, qu’il remplisse les caisses de la ville au travers de l’affichage publicitaire. De ce fait et le fait est grave – on admet que le budget de la ville dépende de la publicité !

  2. Il établit aussi une route des parkings qui serait payée par les revenus de la publicité sur le domaine public. C’est choquant. Pourquoi serait-ce le domaine public qui devrait payer pour un service dont les premiers bénéficiaires, les opérateurs de parking privés, n’allongent pas un euro ?

  3. Le cahier des charges vise plus la manière dont les abris bus rapportent de l’argent que sur leur usage : protéger les citoyens des intempéries qui attendent le transport en commun. Ainsi, pas un mot sur la volonté d’étendre le nombre d’abris de bus. Au contraire, on réduit leur nombre au profit de panneaux publicitaires électroniques.

Ecolo refuse ces principes qui sont cachés dans la rédaction du Cahier des Charges : l’opération doit viser à offrir un meilleur service public demain qu’hier, il doit être neutre pour les finances communales et en aucun cas ne faire dépendre le public du privé ou l’inverse. Le pragmatisme ne doit pas empêcher d’être vigilant sur ces principes fondamentaux qu’Ecolo rappelle avec force.

Mais il n’y a pas que cette question des principes inavoués de ce texte. Le Cahier des charges manque aussi de principes éthiques.

Nous pensons chez Ecolo que la publicité dans l’espace public est devenue bien trop envahissante et véhicule des messages qui vont à l’encontre des valeurs que portent le service public et la collectivité. En particulier, pour les plus jeunes. Il va de la mission de service public communal de préserver ces publics. Ecolo demande qu’une réflexion soit menée sur des zones, par exemple à proximité immédiate des écoles, qui devraient être indemnes de publicité sur ces mobiliers urbains. Ce qui a été imposé avec succès à des chaines de télévision qui ne peuvent diffuser de publicité devant des programmes à destination des enfants, ne serait pas inconvenant ni idéaliste dans un contexte urbain.

Faute dans les principes qui la guident, oubli des principes éthiques – ce Cahier des Charges doit être revu autour de deux idées : la première est que la ville n’a ni à investir pour les opérateurs privés, ni à dépendre du revenu que ceux-ci tirent de la publicité ; la seconde est d’établir des zones sans publicité.

On arguera du fait que la publicité sur les abris bus rapporte beaucoup. Effectivement, si on est d’accord sur les principes qui doivent guider l’action publique, à savoir le retrait progressif de la publicité, Ecolo a déjà proposé que de manière transitoire, au lieu d’une compensation domaniale pour usage exclusif, la taxe sur les panneaux publicitaires soit augmentée. En passant de 72 euros à 144 euros par m2 par an : on couvrira sans problème le montant de la compensation envisagée. Ainsi, les choses seront plus claires et les opérateurs paieront pour ce qu’ils veulent : l’usage d’un espace publicitaire sur la voie publique. Ecolo propose donc très concrètement que le conseil élabore un plan de sortie de dépendance à la publicité via la concession domaniale, et taxe d’avantage la publicité.

Ecolo demande également que le texte soit amendé en imposant des zones sans publicité autour des écoles dans un rayon de 100 mètres ainsi que devant d’autres endroits à déterminer où la population la plus fragile serait trop exposée au matraquage publicitaire. Nous déposons à ce sujet 5 amendements précis.

En conclusion, il est temps que la ville redevienne maître de ses outils de financement et qu’elle garantisse un espace public délesté d’espaces publicitaires qui ne servent ni le paysage, ni les gens. En 15 ans, on peut facilement entrer dans cette nouvelle ère du no pub. Pour autant que l’on s’en donne les moyens politiques. C’est pourquoi nous ne voterons pas en faveur de ce cahier des charges.

Bénédicte Heindrichs

 

 

Amendements que nous avons malgré tout proposés et qui ont été malheureusement rejetés par la majorité :

  • L’extension de zones sans publicité autour des écoles et des hôpitaux dans un rayon de 100 mètres à convertir en nombre d’abris bus,

  • Le calcul fin du nombre de lieux d’affichages qui peuvent être éliminés du seul fait du progrès technologique : aujourd’hui, on peut mettre 3 panneaux de pub déroulant là où avant on devait envoyer une camionnette changer l’affiche toutes les semaines. Cela vaut à notre sens plus que les 10% de réduction de lieux annoncés,

  • Le retrait du cahier des charges des 20 panneaux électroniques qui font défiler des publicités avec le son en prime. C’est une hérésie tant du point de vue financier défendu par la ville puisque là ce ne sont pas 3 mais 10 ou 15 publicités qui pourront défiler sur le même panneau, que du point de vue du développement durable et de la santé des gens. En effet, ces panneaux ont une dépense énergétique importante. Comment justifier ce surplus, qui ne fait pas partie de besoins prioritaires en énergie, pour la Ville alors que, lors de la COP21, Liège s’est engagée à réduire son empreinte écologique ? Par ailleurs, les politiques de santé insistent pour limiter l’exposition aux écrans, en particulier des enfants et des adolescents. Quelle logique y a-t-il à en ajouter dans l’espace public ?

  • Le retrait de l’engagement de la Ville de prendre en charge, en tout ou en partie, la réparation des bris de vitre sur les panneaux publicitaires (art. 2.4.4).

  • Le CSC prévoit l’interdiction de la publicité à caractère raciste ou xhénophobe (art. 2.3.1). Nous insistons sur l’importance de faire respecter cette disposition, et proposons de l’étendre aux discours et images à caractère sexiste, régulièrement présents dans le monde publicitaire.

 

06avr

En quoi le gouvernement wallon se trompe sur le tram :

Par Daniel Wathelet

 

Tram de Liège remisé : Coup d’arrêt à la mobilité durable des liégeois et du redéploiement de l’agglomération liégeoise

Le Gouvernement wallon (le ministre compétent, le cdH Di Antonio, mais également le Ministre Marcourt, le socialiste liégeois du gouvernement) relance un DBFM. Les écologistes se demandent quelle stratégie cache cet écran de fumée, puisque, comme nous allons le voir les chances d’aboutir sont quasi nulles. Ce qui a été modifié suite aux différents avis négatifs était acquis. Relancer la procédure va nous amener dans la même impasse, c’est quasi 3 années de plus, avec des règles qui n’auront pas changé et des finances qui ne seront pas plus florissantes.

La lecture d’Eurostat ne changera pas1

Une note de clarification d’Eurostat sur le traitement des PPP datée du 4/3/16 confirme qu’il n’acceptera pas de nouvelle déconsolidation et qu’en fait le DBFMO (concession) est la seule voie acceptable. Les dispositions actuelles poussent donc vers une privatisation de la ligne de tram. On peut se poser la question de l’intention du gouvernement à ce sujet.

En clair la donne en termes d’imputation budgétaire ne sera pas modifiée.

Sauf que -précision importante qui semble ignorée du GW- l’imputation budgétaire commence dès l’entame (significative) des travaux de construction pour la durée de ceux-ci.

Soit dans le cas qui nous occupe une charge de 380 millions réparties sur 3 ans et ce à partir du printemps 2019 si on reprend la procédure avec nouvel avis de marché.

Il faudrait donc imputer (pas dépenser) dans la dette wallonne environ 130 millions par an durant la mise en œuvre du chantier.

C’est donc bien une question de choix politique. Le Gouvernement wallon pourrait pendant 3 ans « diluer » certaines autres investissements (routiers par exemple) pour faire place, dans la charge de la dette régionale, aux trois échéances « tram », puis reprendre la trajectoire budgétaire initiale. Ecolo rappelle que le produit de la redevance kilométrique « poids lourds » rouvre le jeu à cet égard pour compléter le financement.

Le gouvernement parle de déconsolidation possible de ce projet, alors que tout ce qui pouvait être fait l’a été et que tenter de le faire plus avant c’est la garantie de pas être accepté en tant que PPP.

Et enfin Eurostat ne donnera jamais d’avis avant la signature du contrat final. Le risque devient maximal d’avoir une nouvelle issue négative.

Les conséquences de ce nouveau report

La non-décision du ministre Di Antonio aura des effets en cascade :

  • La réorganisation du réseau TEC autour de la ligne de Tram est reportée sine die, le réseau sur son axe le plus fréquenté va continuer à se congestionner pendant de nombreuses années, les P+R attendus seront reportés, la ville de Liège va continuer à s’embouteiller
  • Mobiliège avait annoncé que l’essentiel des entreprises et travailleurs seraient recrutés dans la région, des centaines d’emplois et d’activités qui ne verront pas le jour à court terme
  • Un signal désastreux, par l’incertitude créée, pour les investisseurs et de grands projets publics fortement liés au tram dont faut-il le rappeler est un levier fort de rénovation urbaine. Qu’adviendra-t-il du Val Benoît, de l’écoquartier de Coronmeuse, de la revitalisation de Droixhe pour ne citer qu’eux ?
  • Une perte sèche de quelques 40 millions d’€ si le projet n’aboutit pas en l’état et des indemnités qui risquent d’augmenter.

C’est un projet vital pour Liège et la décision appartient au politique

Le dossier finalisé par le Ministre Henry lors de la précédente législature était prêt. En janvier 2015 le premier avis négatif d’Eurostat arrive et un an est pris pour prendre la décision de recommencer en s’inscrivant dans une logique d’échec. Le CDH agit avec légèreté dans ce dossier pour lequel il dispose de relais à tous les échelons.

Ecolo doit bien constater que Liège fait figure de parent pauvre de la Wallonie, la majorité à la Ville ne trouvant pas de relais ni à la région, ni auprès des instances européennes (rappelons que la Commissaire CD&V fait partie du même groupe politique européen que le CDH).

La modification des règles d’Eurostat demande une action politique forte et concertée des Etas européens pour soutenir les projets d’infrastructures durables.

Il en va aussi de la crédibilité du « Plan Juncker » de relance par les investissements !

Ecolo Liège constate par ailleurs que le GW ne met pas la priorité aux transports en commun et à une mobilité durable, mais au contraire multiplie les investissements en infrastructures routières. C’est le retour aux seventies à contre-courant de toutes les dynamiques de développement durable urbain digne de ce nom.

 

21mar

Motion nucléaire de la majorité liégeoise PS-cdH : Un soutien à la politique risquée du gouvernement MR-NVA

La majorité liégeoise a déposé un texte de motion relatif à l’énergie nucléaire. Le groupe Ecolo s’étonne de son contenu, qui, lorsqu’on lit entre les lignes, constitue un soutien explicite de la politique du gouvernement fédéral.

 

Le texte s’oppose à toute nouvelle prolongation de centrales. Cela veut donc dire qu’il valide implicitement les prolongations actuelles ! La prolongation de Tihange 1 jusqu’en 2025 décidée par le gouvernement Di Rupo (la centrale aura 50 ans!), et la prolongation de Doel 1 et 2 par le gouvernement Michel.

 

De plus, il propose de vérifier la sûreté de Doel 3 et Tihange 2, dont les cuves sont pleines de microfissures, et en cas d’examens négatifs par des experts internationaux, de les fermer. Mais ces examens ont eu lieu, sous l’égide de l’Agence Fédérale, dont la neutralité n’est pas assurée. Un expert consulté par l’Agence a d’ailleurs émis des réserves, qu’elle n’a pas souhaité prendre en compte. Et Ilse Tweer, une experte internationale consultée par les Verts européens, a déclaré qu’il était dangereux de poursuivre l’exploitation de ces centrales. C’est pourquoi les écologistes belges estiment leur fermeture indispensable, et inacceptable que les autorités jouent avec la sécurité de tout le pays ! Nous proposons également aux citoyens qui le souhaitent de changer de fournisseur pour se tourner vers un fournisseur 100 % vert.

 

Enfin, si le nucléaire représente en théorie 55% de la production électrique du pays, force est de constater que cette énergie est devenue encore bien plus intermittente que l’éolien ou le photovoltaïque, vu les nombreux arrêts inopinés dus à la vétusté des réacteurs belges. Nous appelons la Ville à mettre en place concrètement, à son niveau, des mesures plus ambitieuses de réduction de la consommation, et de soutien au renouvelable, lors de rénovation de bâtiments publics par exemple, ou en désinvestissant les énergies fossiles pour ses placements financiers.

 

22fév

Nucléaire: se résigner ou oser l’alternative

Mesdames, Messieurs,
A la lecture des différents textes soumis à l’approbation du conseil, je suis soulagée pour les concitoyens que les mises en garde formulées en juin par Ecolo soient enfin entendues. Mais l’heure n’est pas à chanter sur l’air de «on vous l’avait bien dit ».

Que l’on soit pro- ou anti-nucléaire, il y a ici une menace forte, évidente, une manque de principe de précaution intolérable de la part du Gouvernement fédéral qui impose l’Union sacrée de ceux qui sont en première ligne en cas de catastrophe , nous liégeois et nos voisins de l’Euregio.

Nous jouons cependant avec le feu. En effet, nous avons de la chance : à 3Miles Island, à Tchernobyl, à Fukushima, personne n’a rien vu venir. Nous, nous sommes avertis.

Mais le  silence incompréhensible des politiques belges qui entoure l’état de notre parc nucléaire  ne fera pas taire les cris d’alarme qui nous viennent de partout. Il est temps de sonner l’alarme, et de réveiller les citoyens qui semblent anesthésiés par la seringue hypodermique  du discours rassurant des  politiques belges – tous trempés dans l’irresponsabilité de ces prolongations de centrales. L’Alarme  citoyenne est là. Nous devons l’entendre !

En un mot comme en cent, notre position est « STOP AUX CENTRALES ».  C’est pourquoi nous appelons  à ne pas prendre acte de votre proposition de refuser de  nouvelles prolongations de centrales, comme formulé dans votre point 1,  mais à s’y opposer et à demander TOUT DE SUITE leur arrêt pour cause de menace majeure sur Liège. En effet, en l’état, votre texte entérine le fait que Tihange fonctionnera jusque 2025 malgré les fissures et que Doel en a repris pour 1O ans.  Ecolo ne peut accepter une motion du Conseil qui ne fait que s’interroger sur  comment on va faire en cas d’accident et à qui distribuer des capsules d’iodes prioritairement.

Le message du Conseil doit être clair : Liege veut l’arrêt de Tihange  et demande celui de Doel, comme toutes les villes set régions qui l’entourent. La dépendance énergétique est un débat qui se pose à un niveau infiniment plus bas en termes de risques  que celui de la sécurité nucléaire.  Par ailleurs, on ne peut rester indifférent au coût de la prolongation de ces vieilles casseroles qui nous retarde – une fois encore- dans la transition énergétique dans laquelle nos voisins de l’euregio  se sont résolument lancés.

Il faut prendre nos responsabilités : que peut faire le Conseil ?  La motion de la majorité  demande au Gouvernement fédéral des mesures qui pour, beaucoup d’entre elles, concernent le Conseil lui-même et la Province. A nous par conséquent de répondre à plusieurs des questions que pose la motion proposée :

- Par exemple sur le plan d’urgence  réclamé au fédéral par le texte : la ville de Huy a adopté son plan d’urgence. Ne devrions-nous pas nous, ville de Liege, nous atteler à établir un plan d’urgence puisque nous sommes de fait tenus de nous rendre vers les centres de comptage et de décontamination situés à 35 km de Tihange.

- En matière de choix énergétique, nous pouvons sans difficulté soutenir le développement du renouvelable, limiter la consommation énergétique au travers du projet de ville, désinvestir les produits financiers qui soutiennent les modes de production dangereux et polluants. Nous disposons des outils qui nous permettent de prendre des mesures adéquates.  On peut prendre notre destin en main.

C’est cela est de notre responsabilité, et cela n’a rien à voir avec un  message à adresser  au Gouvernement fédéral.

Ainsi, on ne peut déposer une motion qui fait semblant de s’inquiéter du problème et en même temps qui semble d’ores et déjà se résigner à l’idée qu’un accident est inévitable.

Nous avons mieux à faire, ensemble : il  nous faut une union sacrée des premiers concernés et  non des pseudo-protestations qui ne seront pas  entendues.  Il nous faut  une demande ferme d’arrêt de ces centrales !

Et cette exigence, j’insiste,  transcende le clivage entre pro et an-nucléaires !  Même en étant pour l’énergie nucléaire, personne  ne peut admettre la mise en danger d’un pays entier par des centrales hors d’âge. NON  par conséquent à un compromis entre indépendance énergétique et sécurité publique ! On ne négocie pas la sécurité de toute une Région.

Pour terminer, ce sont nos Anciens qui doivent nous inspirer. Tite live disait «  il faut oser ou se résigner à tout ».   Il faut oser une motion forte qui crée une fois pour toute l’alternative au nucléaire ou se résigner à tout c’est-à-dire  distributeur de pilules d’iode.

 

Bénédicte Heindrichs

18fév

Taxe urbaine non ménage : la claque après l’avertissement

L’Arrêt de la Cour d’Appel est limpide : le règlement taxe « urbaine non-ménages » de la Ville de Liège est illégal car discriminatoire et ceci « entraîne par ailleurs l’annulation des enrôlements litigieux qui se fondent sur celui-ci », pour citer cet Arrêt en toutes lettres.
Les règlements ultérieurs (revus en 2013 et 2014), s’ils ne sont pas directement frappés de cette nullité, contiennent les mêmes dispositions ici condamnées et les actions judiciaires déjà entamées à leur encontre ne manqueront pas de suivre la jurisprudence établie, en les annulant également.

Il s’agit donc d’un problème juridique, réglementaire et financier majeur pour la Ville de Liège. Une interpellation sur l’attitude future de la Ville (quant aux réclamants et au règlement même) et le volet pécuniaire du préjudice a été déposée pour le conseil communal de ce lundi 22 février par Quentin Le Bussy.

Nous avons interpellé le mois passé l’Echevin Firket pour le mettre en garde contre ce danger. Dans des dossiers connexes mais tous liés à la problématique de la fiscalité communale liégeoise, nous l’avions déjà interpellé par le passé sur les taxes sur les terrasses (2013), sur les mesures transactionelles utilisées pour régler les contentieux (2013 également) et sur les imprimés toutes boites (2014), car les dispositifs proposés semblaient mal conçus. Nous avons systématiquement reçu le même genre de réponse évasives, pour utiliser un euphémisme.

En un mot : cet amateurisme doit cesser. Nous demandons au Collège d’accepter cet Arrêt, qui confirme le jugement d’instance, et d’en assumer les conséquences.

Nous demandons instamment au Collège Communal :
- que les alternatives pour faire contribuer justement les non-résidents soient évaluées pour la confection d’un nouveau règlement-taxe : conteneurs à puce (ils permettent de payer en fonction de ce qu’on a réellement produit comme déchets), taxation en fonction de la taille de l’entreprise, du lieu et du type d’activité.
- que les réclamations adressées au Collège soient traitées et validées sur base de cet Arrêt, pour éviter de nouvelles coûteuses actions en Justice.

25jan

« Le tram, urgent et nécessaire ». Conseil communal du 25 janvier 2016.

Intervention de Bénédicte Heindrichs :

1) La nécessité du tram.

 

Le tram à Liège est urgent et nécessaire. Cela fait des années qu’Ecolo le réclame, il a fallu une majorité Olivier afin de le mettre en place concrètement, et tout délai accentue les impacts négatifs sur la qualité de vie des Liégeois, écrasés dans des bus bondés. Les lignes 1 et 4 sont saturées, et il faut que cette première ligne de tram soit mise en place, afin de soulager cet axe, mais aussi de permettre un redéploiement du réseau qui desserve mieux la rive droite, qui facilite l’accès au Sart Tilman pour les étudiants, et qui de façon générale améliore la mobilité dans tout l’arrondissement.

 

Il me semble intéressant de revenir également sur certaines critiques, provenant de divers bords politiques, qui se sont focalisées sur le montage financier du tram, le PPP. Pour nous, le PPP est un moyen comme un autre de mettre en place un projet public, il a des avantages et des inconvénients. Il coûte plus cher au départ, mais offre des garanties en termes de prix final, et de délai de chantier. Un marché public classique coûte moins cher au départ, mais parfois les coûts explosent en cours de route, et les délais également. On l’a vu avec le métro de Charleroi, ou les gares Calatrava de Liège et Mons.

 

 

2) L’Europe.

 

En l’occurrence, que s’est-il passé avec le PPP du tram ? Eurostat a changé de jurisprudence et semble interpréter de façon beaucoup trop stricte et austéritaire ses propres règles. Nous sommes passés en 2014 des règles dites « SEC 95 » aux règles « SEC 2010 », mais l’Institut des Comptes Nationaux a bien confirmé que le montage PPP prévu pour le tram respectait le guide « SEC » publié par Eurostat lui même, ce n’est donc pas le montage de départ du PPP en soi qui pose problème.

 

Désormais, l’important est que nous devons trouver une solution rapide pour le tram, les députés européens issus de Belgique francophone devront lobbyer auprès de la Commissaire compétente, Marianne Thyssen, afin qu’elle clarifie l’interprétation des règles SEC relatives aux PPP, mais également l’effet rétroactif de ces règles. En effet, est-il normal que des règles entrées en vigueur en 2014 s’appliquent à un projet monté en 2013 ? Par ailleurs, si il s’avère que les nouvelles règles SEC 2010 entrées en vigueur en 2014 sont en réalité correctement utilisées par Eurostat, nous devrons aussi utiliser nos relais au niveau européen à moyen terme afin de régler ce problème plus général, car cela risque à l’avenir d’empêcher d’autres investissements importants pour les citoyens. Sans parler d’une remise en question globale de l’austérité imposée par l’UE, via le pacte de stabilité et le Six Pack, et qui empêche de redéployer l’économie européenne.

 

3) La région.

 

Cela étant, en attendant des clarifications au niveau européen, le permis expire bientôt, et la région doit prendre ses responsabilités. Elle peut soit outrepasser l’avis d’Eurostat et plaider sa cause par la suite au niveau européen. La Flandre l’a fait pour le tunnel du ring d’Anvers. (C’est dommage dans ce cas précis, on est dans le « tout à la route » une fois de plus, mais cela prouve que c’est possible.) Au pire, la conséquence serait d’augmenter la dette de la région sur papier, mais a priori le déficit structurel s’équilibrerait à terme, les annuités étant déjà comptabilisées.

 

Soit elle peut financer le tram autrement. En utilisant une partie des recettes de la taxe kilométrique pour les poids lourds, entrée en vigueur en 2016 et qui devrait dès 2017 rapporter plus de 200 millions par an à la région, il est tout à fait possible de financer le tram. De façon générale, cette redevance devrait financer des investissements en mobilité durable, partout en Wallonie, et ne pas être affectée uniquement à la route, comme semble le prévoir le Ministre Prévôt. Après tout, ce sont notamment des investissements publics importants affectés exclusivement aux routes durant des dizaines d’années qui permettent aujourd’hui ces recettes, il serait donc légitime qu’une partie de ces recettes finance des alternatives à la route.

 

4) La Ville.

 

Enfin, la Ville doit cesser de se poser en victime et agir. Nous comprenons tout à fait les citoyens qui ont envie de marquer leur soutien au tram et qui signent la pétition qui a été mise en place, mais dans le chef de la Ville, cette action est faible voire ridicule. Un consensus général existe sur la nécessité d’un tram à Liège, aujourd’hui les décideurs doivent prendre leurs responsabilités et agir, faire en sorte qu’il se réalise. La majorité à la Ville est la même que celle de la région, il est temps que socialistes et humanistes se mobilisent réellement pour le bien être des Liégeois !

20jan

Mobilité à Liège : ceci n’est pas un énième communiqué sur le tram !

On le sait tous maintenant : le projet du tram est à nouveau à l’arrêt.

Les réactions se multiplient en tout sens et nous ne doutons pas que le Conseil communal de lundi sera l’occasion de mettre l’avenir du tram au cœur des débats.

Mais la mobilité à Liège ne se résume pas au tram

Le tram impliquait, de toute façon, une refonte du réseau de bus et des solutions alternatives pour la circulation automobile. Quelle que soit la façon de financer le tram, les questions de mobilité liées aux parkings relais (P+R) et à d’autres grands projets urbains demeurent.

Ecolo et MR proposent la création d’une Commission relative à la réflexion sur la mobilité à l’horizon 2018.

Au moment où le Collège appelle à la mobilisation des forces vives pour soutenir le tram, MR et ECOLO initient un mouvement qui se veut complémentaire, en faveur de la mobilité à Liège. Le Conseil communal dispose de la compétence et de la légitimité démocratique pour se saisir de ces questions et évaluer les options pour faire aboutir le tram d’une façon ou d’une autre et plus largement mettre en place une mobilité durable à Liège.

Bénédicte Heindrichs et Diana Nikolic invitent les autres partis de l’opposition et de la majorité à s’y rallier.

11déc

Budget 2016: la trahison des images !

La majorité se félicite, comme chaque année, d’avoir « élaboré un budget à l’équilibre » (dixit l’Echevin des Finances), qui « ne serait pas, selon Mr. le Bourgmestre, un budget de crise ». Pour nous, c’est tout le contraire : c’est la crise et on n’a jamais été aussi loin de l’équilibre. Et ce sont les Liégeois qui vont payer la note ? Reprenons…

 

« Le Budget est à l’équilibre »

C’est une vue de l’esprit : la situation est plus que bancale. Si les dépenses ordinaires sont effectivement égales aux recettes, c’est uniquement grâce à un transfert (3.3M €) du budget extraordinaire (les investissements) à l’ordinaire. Quid quand ces transferts se tariront ?

De plus, au niveau des rentrées, la majorité tire sur trois grosses ficelles :

  1. Elle base ses prévisions sur des mesures prises en 2015 (les nouvelles taxes décidées l’année passée notamment) sans savoir   – ou sans donner aux conseillers ? – les recettes réelles de ces mesures. On prévoit donc sur des prévisions.
  2. De plus, elle surévalue sciemment certaines rentrées (musées, piscines,…) alors qu’elle ne met rien en œuvre pour promouvoir ces outils.
  3. Elle augmente significativement les taxes qui pèse sur les liégeois, ménages comme entreprises : 147,8 M€ en 2013 ; 153,2 M€ en 2014 (pour 158,8M€ budgétés, soit plus de 5M€ de recettes surévaluées !), et un budget « Fiscalité » 2016 qui se monte à… 170,7 M€. On parle d’un envol de la fiscalité de 15,5% en 3 ans, avec une inflation quasi nulle !

 

Au niveau des dépenses, l’équilibre est bancal également. En effet, comme cela devient une habitude, on reporte sur les années futures le poids des charges actuelles en rééchelonnant les emprunts. Les liégeois devront payer plus d’ici 2020, mais l’Echevin des Finances, lui, ne sera plus là. De plus, cette dette combinée à des ponctions sans cesse renouvelée dans les réserves nous fait craindre le pire pour la capacité d’endettement et d’investissement futur de la Ville.

 

« Les grandes enveloppes budgétaires sont maîtrisées »

On reconnaîtra ici l’honnêteté du Collège : il officialise l’utilisation de la râpe à fromage avec une réduction de 5% à tous les étages, noir sur blanc dans le plan de gestion. Râpe à fromage déjà en activité les années précédentes, comme Ecolo l’avait dénoncé à l’époque. On pointera notamment les dotations aux centres de jeunesse, qui n’évoluent pas depuis des années alors que les coûts de fonctionnement, eux, augmentent. Cette décision du Collège risque d’imposer à certains centres de licencier du personnel !

Mais là où c’est plus gênant, c’est que cet équilibre est obtenu en reportant la charge sur les autres. En effet, le CPAS coûte trop cher ? On transfère l’ensemble du service de maintien à domicile vers ISOSL. La qualité du service s’en ressentira-t-elle ? Peu importe, la logique est uniquement financière, le service à la population n’étant pas la préoccupation première.

La dotation du CPAS n’augmente pas, alors que le besoin de renforcement est criant. La majorité rétorque que celui-ci est renforcé des transferts de personnel : l’expérience a démontré que ce n’était pas efficace, et qu’elle ne tenait pas ses engagements en la matière !

 

« Une ambition intacte de développer de nouveaux projets »

Là, on touche le fond. En termes de nouveaux projets, c’est le désert. L’augmentation du budget extraordinaire relève de deux phénomènes: un report de projets des années antérieurs, et non concrétisés (plus de 50% du budget !) et la charge des pensions du passé, pour laquelle il faut emprunter. Le reste sont des projets bien ordinaires, même si utiles et nécessaires. En termes de projet métropolitain, seule la nouvelle Tour Administrative mérite ce qualificatif.

En conclusion, on vit avec ce budget le leurre des images : on ne réalise pas un investissement productif, mais on paie le prix du passé (pensions,…). Le Collège ne fait preuve d’aucune imagination et réutilise les mêmes recettes : diminution du coût des assurances, des frais divers, réduction de la dotation au CPAS et externalisation des services, utilisation de la râpe à fromage,…

Parler de vision d’avenir est donc assez sidérant, c’est davantage une vision d’avanies. Que la Ville rencontre des difficultés budgétaires, Ecolo peut l’entendre. Mais plutôt que ce budget cache-misère, il est temps de parler sans tabou des difficultés qui nous attendent. Rendez‑vous la semaine prochaine !

 

Bénédicte Heindrichs 0477/73.66.07 Daniel Wathelet 0495/77.33.28 Quentin le Bussy 0486/35.21.29

 

 

Guy Krettels 0494/68.22.70 Sarah Schlitz 0472/42.87.83 Caroline Saal 0486/95.51.03
02déc

Ecolo se réjouit de l’abandon du projet de liaison routière Vottem-Citadelle !

Interrogé par Philippe Henry au Parlement wallon ce mardi 1er décembre, le Ministre Prévot a annoncé que le projet de bretelle était enterré.

Cette victoire de la mobilisation citoyenne est réjouissante ! Ecolo salue l’abandon de ce projet du siècle passé, contre lequel nous nous sommes battus aux côtés des riverains, mobilisés en très grand nombre et qui avaient rassemblé des citoyens liégeois au-delà de leur quartier. Il aurait en effet inutilement mis en péril la qualité de vie de milliers de Liégeois et abîmé notre Ville, comme nous l’avions également démontré lors d’une conférence de presse fin août.

Le Ministre a comparé les coûts des différentes solutions de mobilité, et aménager les voiries existantes représente un coût de 4 millions, tandis qu’une bretelle s’élèverait à minimum 20 millions, celle-ci est donc abandonnée.

Mais le combat n’est pas fini. Les solutions devront faire la part belle à la mobilité douce et aux transports en commun. Au-delà, les riverains doivent être associés aux discussions sur l’aménagement du quartier, l’amélioration de la mobilité et l’accès au CHR de la Citadelle, comme le Bourgmestre l’a proposé lors du dernier conseil communal, mais le processus doit leur permettre de peser réellement sur les débats, et leur donner des moyens, y compris financiers le cas échéant, pour pouvoir aborder un dossier technique et complexe.

Par ailleurs, il est également nécessaire de modifier le plan de secteur afin d’en effacer définitivement le tracé de la route en question.

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